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Arche de la parole

de Jean Joubert

Cherche-Midi éditeur

par Emmanuel Hiriart

SOMMAIRE

 

 

 


Avec ce nouveau recueil, Jean Joubert nous donne l’un des ouvrages importants parus cette année en poésie. Il s’agit d’un “poète ordinaire”, au sens que JP Thuillat (dans sa revue Friches) donne à l’expression, pas d’un savant fou enfermé dans son laboratoire désinfecté, ordinaire mais (donc?) ambitieux : comme le suggère leur titre, ces poèmes entendent, à travers la parole, renouveler l’alliance entre l’homme et l’invisible. Comme chez Roger Kowalski (dont, soit dit au passage, la réédition des oeuvres complètes chez le même éditeur est un autre des événements poétiques de l’année), l’écriture se tient à la lisière des songes et de l’éveil, dans une lucidité ouverte au mystère.
A la croisée des songes/se rencontrent/l’ogre éternel/ et l’immangeable enfant [...]Garde tes yeux ouverts/, enfant,/ pour éloigner la bête/ et nous guider vers l’eau”.
Le recueil est hanté par la figure d’une femme disparue, d’une féminité proche de la terre et de ses sources (il cousine par là avec un autre livre de Joubert paru cette année, Dans le jardin d’Eros, en collaboration avec le peintre Pierre Cayol chez AB éditions . Livre-objet à tirage limité, de grande qualité).
La proximité de la mort est sensible presque à chaque page, qui fragilise mais n’efface pas la merveille entr’aperçue, même si “nous n’aurons pas le dernier mot”.

Emmanuel Hiriart