Serge Farnel

Rivages de l’existence

Aux éditions La lyre et la Licorne

 
par   Michel Ostertag

Les lecteurs du site connaissent bien Serge Farnel pour ses poèmes « Moi l’indien » et « Ténèbres » où l’auteur a su nous conquérir par sa maîtrise des images soutenue par une langue poétique originale et travaillée.

Aujourd’hui, l’auteur présente un recueil de poésies intitulé Rivages de l’existence d’une présentation classique aux caractères d’imprimerie d’une sobre élégance sur papier de qualité. Voici pour la forme. Pour le fond, l’auteur nous propose une mise en silence du monde ; la quatrième de couverture nous parle d’une « errance de l’aube, une ouverture de mouvement sans fin… Sous différents rivages, il est un homme et sa barque attachés à la marche du monde, une marche qui dit oui à l’existence. »

Les poèmes s’enchaînent en une longue suite de petits vers, de questionnement sur le monde et notre place à l’intérieur de ce monde. Le ton est souvent désabusé comme dans le poème: Vestiaires

On naît nu

On se pare au vestiaire des cultures

On se change aux vestiaire des cultes

Et on meurt arlequin.

Ou carrément tragique comme le poème Apocalypse où il est dit : Les précipices au bord des vies/L’apocalypse et puis l’oubli /Et ce silence qui n’attendait/Que cet instant pour imploser. Plus loin : La terre errante s’est vidée/De ses grandes et folles idées.

Dans le poème Epitaphe d’une grande beauté alliée à une sobriété redoutable : Ici repose

l’Homme/Abandonné des Dieux/ Voyageur qui passez/Détournez le regard. Il termine ce poème par : Ne dites rien aux hommes/Ils pensent qu’ils ont un jour/Commencé d’exister.

Le questionnement est aussi sur sa propre personne : Vous qui m’observez intensément/Qui ne détournez pas le regard/Oui vous qui semblez bien me connaître/Me reconnaissez-vous ?

Son inquiétude grandie dans La casse

Me voici projeté/Dans ce Monde inconnu/Une casse perdue/Aux épaves dormantes. Plus loin : Y avait-il des lois/Ou juste du probable/Ou rien que du chaos/Je ne sens pas de poids.

Serge Farnel achève son recueil par un long poème intitulé Le phare avec : Une ultime bouteille à la mer/S’est brisée en milliards d’éclats/Sur la lisière du Néant/L’Univers est à l’inventaire.

Le recueil bénéficie d’une unité de ton tout à fait remarquable qu’il faut souligner.

Ce recueil a reçu le prix Prométhée 2003 du Centre Européen pour la Promotion des Arts et des Lettres. Et nombre de ces poèmes ont été honorés par des prix de Poésie de villes de province.

Je recommande ce recueil à tous les amoureux de la poésie, à ceux pour lesquels poésie et interrogation sur la vie vont de pair. En exergue, ce court poème : Les poèmes/Ces traces de pas/Sur la route de Soi.

On peut acquérir de recueil sur commande chez son libraire ou par correspondance en cliquant sur le lien suivant :

http://www.galerieartistique.com/LL/rivages_existence.html

Au prix de :13,50 euros frais de poste inclus.

Bonne lecture de ce livre de poésie, de réflexion et d’enchantement.