C'est
une collection d'ailleurs et mes affinités roumaines
m'ont poussée à choisir un recueil de Horia
Badescu, "Abattoirs du silence".
A
l'image de son titre, les textes de ce recueil sont hâchés,
allant à l'essentiel. Ils parlent d'exil. De cet exil
au delà de l'exil : l'exil de soi même.
"Des
instant, des heures,
des jours ...
toute une vie comptée
sans répit, sans relâche,
sans parvenir à savoir
qui t'habite,
où commence
le couchant de ton être."
Et
pour faire face à ce premier texte un dessin disséqué
à l'encre de Tudor Jebeleanu.
Et
jamais aucun écho pour répondre à la
question qui fouille les entrailles :
"Où
es-tu ?
Du vent dans les plaines
de la chair,
des pluies qui se meurent
dans leur sang.
Où
es-tu ?
Dans le sous-sol des os
le néant
poursuit les Mages.
Où
es-tu ?
L'étoile se tarit
aux cieux ;
un trou noir
va naître."
Ce
"tu", c'est l'auteur, c'est nous, c'est l'humanité
face à elle même dans un cri muet.
"Devant
le miroir
comme devant la mort :
au-delà
quelqu'un que tu ne reconnais
plus,
au-delà
le désert qui habite
son regard,
au-delà
les lambeaux de silence,
bandages sur l'orifice
de sa bouche."