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Coup de projecteur sur...

 

Céline Varenne

 

par Anne Morane



Céline VARENNE est perpétuellement sur les barricades son amour de la justice la pousse vers les êtres malheureux, dépossédés d'eux-même. Elle-même, intensément habitée par cet amour, par cette révolte, se jette dans les mots qui, d'un premier jet poussent des cris, parlent des étranglements de la parole avec fureur, avec une joie malheureuse si elle n'est pas partagée.
Ce premier jet chez Céline VARENNE est intensément naturel, intensément pris dans le réseau d'une tourmente incessante, celle du corps et celle de l'âme, tourmente qui d'heure en heure la heurte contre un soi qui se veut raisonnable, qui se veut soignant, ressucitant ses malades, puisqu'elle est médecin de profession, mais qui ne peut soulager sa propre douleur intensément prise dans le malheur d'autrui que par son art d'écrire inimitable, plein de bégaiements d'enfant et d'exigences d'adulte. On ne rencontre pas Céline VARENNE comme çà : cette rencontre nécessite des travaux d'approche comme pour un fauve innocent qui se cache, qui a ses feintes, et son amour propre. Céline retient sa colère mais non sa révolte, son amour de la justice : dans la vie extrêmement mouvementée qu'est la sienne, elle tâche de maîtriser le mouvement même de cette vie qui lui échapperait s'il n'y avait le poème, la poésie, l'art d'écrire, les mots-poèmes.

Pour un lecteur non averti, la poésie de Céline paraîtra simple et claire comme une eau de source. Il y a beaucoup de mystère dans cette transmutation en mots d'une vie dramatique. L'effort, le travail, sur le poème n'apparaît pas : Céline VARENNE un poète, complètement original dans sa parole poétique qu'il faut lire avec beaucoup de précaution et beaucoup de confiance car l'auteur nous guérit des mille maux de l'existence avec une allégresse tout à fait fraternelle.
                                                                                                                        Anne MORANE

Céline Varenne


l'itinéraire du poète

Parisienne, je suis née à Paris de parents et d'aïeuls parisiens. Pourtant, la branche maternelle fit alliance avec les Bretons.

A la fin de l'adolescence, vient l'heure du choix.
Les études de médecine à la Faculté de Paris, les Concours des Hôpitaux ; dix-huit ans consacrés, à l'hôpital Beaujon., aux techniques de pointe des maladies du sang : greffes de moëlle; transplantations d'organes.
Nommée, sur concours, chef de service de Biologie au C.H.U. de Saint-Paul à la Réunion, j'assumai pendant sept ans le contrôle des maladies du sang, sur la côte ouest de l'île.

C'est un accident de santé, dû au climat tropical, qui devait entraîner mon retour en métropole.


Et l'écriture ?


J'écris depuis que je suis en âge d'écrire. Pendant mon internat en médecine je rencontrai le poète Jean-Pierre Rosnay, fondateur du Club des Poètes à Paris.

Dès lors l'écriture devint l'exigence de l'esprit et du coeur.
En 1975, un concours de poésie devait permettre l'édition de mon premier recueil de poèmes "TIC TAC TOC" ou le temps d'un ricochet, chez Grassin. Le choix du nom de VARENNE vient de ma famille maternelle, originaire de la région de Morlaix.

Mes activités médicales à la Réunion on motivé la création de nouveaux recueils. Il fallait bien que j'en parle, des maladies du sang, de ces enfants, de ces jeunes hommes, mortellement frappés: "LA SANDALE BROYÉE'', 1990.

Il fallait bien que j'éprouve les malheurs de la Roumanie, terre natale de mon époux, en exil politique à Paris: "LIBERTE/LIBERTATE", 1991.

Il fallait aussi que je décrive la beauté de lde, la violence des océans, et de l'Indien à l'Atlantique: "LES TAMBOURS DU SEL". 1993.

Il fallait enfin que j'évoque les mystères du corps humain, le chant de l'âme, la voix des orgues:"LE COFFRE SANS SERRURE", 1994.

"Vivre en poésie", suivre le chemin de l'écriture étaient devenus pour moi raison de vivre.
J'eus la joie de recevoir quelques coupes et médailles et, en 1994, le prix de poésie du Président de la République pour l'ensemble de on oeuvre.
D'autres recueils ont été publiés depuis dont "Tireur de langue" en édition franco-roumaine à Bucarest, 1995.
Avec un zeste d'humour, J'ai tenté de dire les contradictions de l'homme et la vision manichéenne du monde.
C'est dans ce recueil que j'ai choisi de vous présenter quelques poèmes. J'y joins une analyse sympathique de missives (Merci à l'auteur de la critique).
Les derniers ouvrages : "La couleur confisqué" et d'ivoire et de Craie" sont très récentes. Monique Labidoure nous confie dans "L'Anatomie d'une oeuvre" : "Pour arriver aux espaces blancs de la Couleur Confisquée il a sans doute fallu à Céline Varenne plus qu'un dit de révolte immédiate.
Je joins à mon exposé sur le sacré un extrait de "L'intervalle du Visage" en mémoire d'un jeune philosophe dont la vie s'est arrêtée pour une peccadille ...... Comme un envol de plumes qui dépassait la terre, Cyriaque a implosé avec sa musique.
On n'est pas aguerri quand on a 19 ans.

Céline Varenne