| Mimi-le-gorille, Mimi le gorille ombrageux, Mimi le Gaijin,
Mimi le taxidermiste, docteur Bourrepif et j'en passe
tous les anciens reconnaissent
les bourrades et les sourires en coin de notre poète, Michel Bourhis.
Qui est Michel Bourhis ? Je voudrais d'abord parler de l'homme et de l'ami.
Un marlou mâtiné de sang breton et de sang corse. Diantre ! On comprend
qu'avec un gars pareil, faut pas s'attendre à ce qu'il ait sa langue dans la poche ! Et
pourtant, il fait partie de ces gars qu'un ami en détresse peut réveiller en plein
sommeil, lui qui ne dort guère, et sans se faire insulter. Il ne mâche pas ses mots, le
bougre au zonblou et aux santiags style mauvais garçon, mais il vous les sort avec une
voix capable d'apaiser d'un seul coup tous les cris, toutes les misères. Michel, c'est
une grande épaule amicale dont on rêve, parce qu'il y en a peu d'aussi larges
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Mimi le gorille |
Michel est aussi poète. Michel, c'est aussi celui qui rêve en "rouge et
noir", couleurs épiques, taillées dans de superbes alexandrins, à sa mesure.
Avez-vous lu ceci ?
Les forêts incendiées illuminent le monde
Et les cris inhumains mêlent au vent qui gronde
L'indicible terreur de la chair calcinée.
On trouve, dans la poésie de Michel, des accents hugoliens dont on ne se lasse pas. Mais
on trouve aussi, derrière les fureurs iconoclastes, un écho de sa voix grave et tendre :
La pâleur de ses flancs est comme une faiblesse
Qui s'offre à mon bonheur, m'attendrit et me blesse
J'invite tous ceux qui ne l'ont pas encore découvert, à lire - à relire pour les autres
- son poème superbe, Fossoyeur des abîmes, dont je ne livrerai, pour les appâter, que
la première strophe :
Fossoyeur sans repos des abîmes marins,
Tu rôdes silencieux au fond de nos pensées
Et ton il insensible au froid de nos chagrins
Dévore sans répit nos flots d'humanité.
La poésie de Michel est un florilège d'harmoniques plurielles - saviez-vous qu'il est,
en outre, musicien ? -, de coups de sang et de caresses, un foisonnement dense et riche.
Je ne voudrais pas le faire hurler, connaissant sa modestie et ses coups de gueule, mais
je compare volontiers sa poésie à la musique symphonique : on y entend les cuivres, les
cordes, tour à tour tendres ou endiablés, à son image.
La poésie de Michel, c'est cela : quelque chose de complexe et de beau, que je vous
laisse découvrir
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