Coup de projecteur sur...
Marie BATAILLE |
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| On ne présente plus Marie Bataille aux
lecteurs assidus d " Ecrits
vains ? ". Responsable de
la rubrique " entretien avec un écrivain ", poète reconnue, publiée
dans plusieurs revues, auteur de nouvelles et de contes
il faudrait du temps pour
énumérer tous ses talents. Mais Internet nous amène chaque jour de nouveaux lecteurs,
et il est nécessaire pour ceux-là de leur raconter Marie Bataille. Ces quelques mots, où, dune façon assez exceptionnelle, elle accepte de parler delle même, permettent mieux que de longs discours de comprendre le sens de sa démarche et ce qui est au cur de sa conception de la vie. " Je voudrais que tout soit amour...seule chose qui compte à mes yeux, mais cela n'est pas. J'ai, auprès de moi, un époux, qui alimente nombre de rêves, à qui je dois tout ce que j'ai : une certaine sérénité, de l'espoir, encore un peu de jeunesse au coeur. Vieillir, n'est-ce pas perdre la faculté de rêver et d'espérer ? J'ai mes chats, aussi, dont aucun ne sait griffer : ils n'ont jamais connu que l'amour. J'ai autour de moi, la forêt et ses grands arbres, mes beaux ancêtres vénérés... Yggdrasil, lui-même, le frêne mythique, est là sous ma fenêtre. J'ai les mots, enfin, ces mots si cruels qui me font douter et pour lesquels je perds beaucoup de ma sérénité. Mais ils me hantent... j'ai du mal à leur échapper. Pourtant, c'est l'amour que je veux chanter. En rêve, cela paraît si facile ! C'est si dur, en réalité !! " Quajouter à cela ? Moi qui la connais depuis de longues et heureuses années et qui aie le privilège de partager sa vie, je peux parler de ses principales qualités humaines : la sincérité, la générosité, lamour. Ce sont ces qualités qui transparaissent dans chacun de ses poèmes, chacune de ses nouvelles. Il suffit de lire " la forêt fugitive ", un conte magnifique et émouvant sur les arbres quelle aime tant - les arbres et les humains bien sûr, car pour elle la nature est un tout - pour comprendre comment il est impossible de dissocier ce quelle est de ce quelle écrit. Lisez les premiers mots de ce conte poétique, La forêt fugitive, que nous publions à nouveau dans ces pages, et vous serez plongés dans son univers de mythes si anciens mais toujours si proches de nous, de songes davenir, de révolte sourde contre les crimes des hommes " Il y a bien longtemps, sur une planète " bleue comme une orange ", avait dit un poète parce que les poètes annoncent toujours les vérités bien avant que les sciences ne les vérifient , sur cette planète bleue comme une orange, verdissaient, soyeuses et nacrées, de vastes étendues déroulant leur dais sombre et protecteur, dense fourrure ondulant sous les vents : les forêts. A laube du monde, bien avant lapparition des hommes, elles offraient leurs frondaisons, leurs ramures, leurs arbres de haute futaie tandis que les clairières naissaient çà et là pour laisser au soleil un peu despace : les arbres, aussi, aiment la lumière. Cétait alors ce que les hommes, les premiers qui apparurent sur cette petite planète, nommèrent le Paradis Terrestre " Bien sûr, il est impossible de ne pas parler de son amour des mots, de son goût profond pour le langage, qui est le fondement même de son plaisir décrire. Professeur de Lettres dans un lycée, elle fait partager aux adolescents daujourdhui, jour après jour, avec un enthousiasme communicatif cet amour du langage et de la littérature, de la poésie, des auteurs classiques et contemporains. Combien dentre eux lui doivent la découverte, non seulement du plaisir de la littérature, mais pour certains le plaisir décrire, les joies de la création littéraire ? Ecoutez, lisez le chant de ses mots sur les mots dans ce poème, " les mots de chair ", et vous saurez ce que les mots, pour un poète, veulent dire Tout broyer, tout imaginer, laisser dériver les paroles Et jeter à la tête des pages des mots miroirs et mimétiques Crise de mots épileptiques cousus dans des linceuls Tisser enfin un monde neuf qui ouvrirait lil sur le vieux. Ce poème est bien, me semble-t-il, la meilleure conclusion que lon puisse apporter à cette présentation de Marie Bataille et de son uvre.
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Jacques Teissier |
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