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(Introduction)

par Daniel DUBE

L’enveloppe sucrée, l’intérieur médicamenteux, une médecine administrée avec goût. Une mesure prescrite, selon une certaine dose, toujours la même, agissant de l’intérieur et opérant une transformation progressive. Lecteur attentif, faites le lien. L’alchimie du langage, l’interrelation de l’écriture et de la lecture pourrait être ici apparentée, sémiotiquement s’entend, au principe actif de la dragée. Pourquoi pas? Une pilule, lecteur?

Forme/fond, contenant/contenu, signifiant/signifié, toutes les purgations dialectico-littéraires, tous les lavements universitaires: overdose. La structure binaire de l’objet dragée, son clivage schématique ne sont pas réellement porteurs de sens. Le saisissement "scripturaire", la chimie de la parole, le transvasement de l’écrit au lu, de l’écriture à la ré-écriture mentale, si.

Chaque dragée, lecteur drogué, malade du lire est donc, dans notre esprit, un texte comprimé, un petit essai traitant de différents aspects de la littérature. L’enveloppe sucrée, léchée, belle façon de passer sa came, ses voyages dans les livres marquants, dans les phrases hallucinantes, non?

Au total, cela constituera une pharmacopée originale où l’on pourra trouver de tout: du sérieux broyé dans le mortier de l’humour; des tablettes de lectures personnelles; des sachets de réflexions et de questions; des mélanges d’auteurs revisités; des vases communicants; des fioles de formules imagées; des seringues remplies d’ironie euphorisante; des "pipettes" aux littérateurs. En un mot, des capsules de placébo dans le laboratoire de la langue.

Daniel DUBE