Micropolis

Ou la Cité des insectes

 

Sommaire de la boîte à images

Vous avez aimé Microcosmos, vous adorerez Micropolis !

 

Vous connaissez peu Jean-Henri Fabre, vous le découvrirez et l'aimerez en allant à sa rencontre à Micropolis !

Micropolis se situe en Aveyron, près de Millau, installé sur les lieux même où est né le plus célèbre entomologiste de l'histoire : Jean-Henri Fabre. Ce site, il l'avait appelé de ses vœux, il le voyait comme "une plongée dans l'herbe", vers une découverte du monde des insectes.

C'est à la suite du film de Jacques Perrin, Microcosmos, dont le tournage eut lieu dans l'Aveyron que les esprits ont été marqués au point de donner l'élan indispensable à la réalisation de cet édifice. On dit que sans ce film la Cité des Insectes n'aurait pas vu le jour. Hommage lui est rendu ici.

Sur le plan architectural, les concepteurs B. Decaris et D. Cléris ont fortement pensé cette réalisation particulière. En effet, par exemple, le visiteur, pour qu'il ait sa perception modifiée, une fois introduit dans la Cité, ne voit pas le paysage extérieur. De même, pour la lumière extérieure : celle-ci ne vient pas détruire l'effet "sous-bois" qui enveloppe l'intérieur.

La scénographie répond à un double souci : d'abord au souci de la forme, de l'architecture  et aussi – et surtout – au souci de pédagogie.

Le parcours se déroule sur 14 salles où sont traités autant de thèmes déroulés par un fil  conducteur logique. De petites vitrines comme autant d'écrins où les insectes sont visibles, alternent avec des sortes de périscopes où l'insecte est montré  avec un grossissement  qui permet d'observer des détails jamais vus auparavant.                                                 

De même, des tuyaux plastics serpentent  sur l'arête d'une balustrade. À l'intérieur de ceux-ci des milliers de fourmis travaillent au vu de tous, vont et viennent, transportent des brindilles prélevées dans un grand récipient disposé en contrebas. Toute cette vie est à notre hauteur, ce qui est impressionnant à observer.

Tout au long de ces 14 salles, nous passons en revue les différentes manières d'appréhender la connaissance des insectes. Quelques exemples de thèmes traités dans chacune de ces salles :

*Plongée dans l'herbe : En immersion totale dans une forêt d'herbes hautes de 6 mètres.

*Être insecte : Si l'on dotait les hommes des mêmes caractéristiques que les insectes ?

*Déjeuner sur l'herbe : Une plante carnivore à taille humaine où nous sommes invités à entrer à l'intérieur jusqu'au moment d'émotion où les deux parties latérales se referment sur vous !

*Menus d'insectes : Comment une nuée d'insectes peut-elle ravager un chêne d'une hauteur de 2 mètres ?

Également à voir une serre à papillons tropicaux (salle n°13) et une salle des vivariums (salle n°12), où une quarantaine d'insectes sont exposés dans leur milieu naturel.

 

Tout au long de la visite, un audiophone personnel nous guide par la voix de Jean-Henri Fabre et son jeune fils Paul et nous explique les secrets de cette "plongée dans l'herbe".

Une salle de cinéma avec un programme de films et des ateliers pour enfants sont proposés. De même une boutique et un bar-restaurant.

 Une belle réussite tant scientifique que pédagogique.

Micropolis, la cité des insectes

12 780 Saint-Léons

Tél : 05 65 58 50 50

 

 

 

 

Site internet : www.micropolis-cite-des-insectes.tm.fr

 

 Une visite à la maison natale de Jean-Henri Fabre complète la journée. Celle-ci se situe à quelques centaines de mètres de Micropolis.

 

 

 

Quelques mots sur la vie de Jean-Henri Fabre

 

Il est né le 23 décembre 1823 à Saint-Léons, en Aveyron, dans une famille fort modeste d'origine rurale. Ses grands-parents, sa mère étaient illettrés; son père savait à peine lire et écrire. Livré à lui-même, l'enfant est émerveillé par le monde vivant, la chasse aux grillons, aux criquets et c'est le curé du village qui lui apprend que chaque espèce a son propre nom. Jusqu'à l'âge de sept ans, il est confié à sa grand-mère. Il est repris par ses parents en 1830. Il fréquente alors l'école de son parrain et en 1834, ses parents s'installent à Rodez où le père doit tenir un café. Il restera quatre ans au Collège royal de la ville. Ces années-là seront décisives pour sa formation. Il y apprend le latin, la poésie. Puis, à quatorze ans, ses parents déménagent pour aller se fixer à Toulouse. Il entre au petit séminaire en classe de cinquième. Mais ses parents ont des difficultés à le nourrir et la venue d'un deuxième enfant précipite Jean-Henri dans l'obligation de trouver un travail : il devient saisonnier dans le Languedoc et la Provence. Il cueille des fruits, fait les vendanges. Mais ce n'est pas suffisant, il s'engage comme manœuvre pour la construction de la voie de chemin de fer Beaucaire-Alès.

En hiver, il continue à étudier en autodidacte avec toute l'énergie du désespoir. En juin 1840, il réussit à obtenir, suite à un concours, une bourse à l'École normale primaire d'Avignon. Il est reçu premier ! Il sera donc instituteur. En deux ans, au lieu de trois, il décroche le brevet supérieur (l'équivalent du baccalauréat d'aujourd'hui), tout en se livrant à sa passion, la poésie. Il est publié dans différentes revues. A la fin de ses études, il est nommé instituteur au collège de Carpentras (au traitement de 700 F par ans). A 21 ans, il se marie. Devant ces nouvelles obligations, il décide de "faire son trou" et pour cela, il lui faut acquérir des diplômes. Il se met donc au travail. Un an après, il obtient le baccalauréat ès lettres, l'année suivante le baccalauréat ès sciences mathématiques. Puis ce seront trois licences (mathématiques, physique et sciences naturelles) puis, plus tard, un doctorat de sciences naturelles en 1855, à 32 ans. Toujours en autodidacte ! Sa vie familiale est endeuillée : ses deux premiers enfants mourront en bas âge. En 1849, il est nommé professeur au lycée d'Ajaccio avec un traitement de 1800 F par an. C'est presque le triple de son traitement de Carpentras. Il est émerveillé par la nature de l'ile. Un troisième enfant naît en 1850, celui-ci atteindra l'âge adulte. Fabre continue à s'intéresser à la nature et aussi à la poésie jusqu'au jour où il héberge le grand naturaliste de l'époque Moquin-Tandon, de l'université de Toulouse. Une vive sympathie unit les deux hommes ; ils parcourent la campagne, observent les insectes, les plantes. Ce savant voit de suite en Fabre le grand naturaliste qu'il pourrait devenir. Il lui conseille d'abandonner la poésie et les mathématiques et de se consacrer uniquement à l'étude des insectes qui le passionnent tant. Et c'est grâce à son appui que Fabre est nommé professeur répétiteur de Physique au lycée d'Avignon en 1852. Il plonge à fond dans l'étude des sciences naturelles et en juillet 1854, il passe à Toulouse la licence  ès sciences naturelles. Devant l'étendue de ses connaissances, le jury lui fait un triomphe, on le reçoit avec les honneurs et on lui rembourse les frais d'examen !

Dès les vacances, il prépare deux thèses. L'année suivante, naîtra une fille, Claire et il recevra, à Paris, le titre de docteur ès sciences naturelles. Puis, pour ses travaux sur les guêpes, il recevra un prix décerné par l'Académie des Sciences.

Au début des années 1860, son souci est de changer de vie, d'être plus indépendant, de pouvoir se livrer totalement à sa passion des insectes. Un moment, il essaie de se lancer dans la fabrication de la garance et envisage une production d'extraction de la racine de la garance, l'alizarine, mais la réalisation est complexe et dépasse ses possibilités matérielles. Il abandonne. Une voie s'ouvre à lui, la rédaction d'ouvrages pédagogiques, de livres scolaires. Il commence par rédiger un petit livre intitulé Leçons élémentaires de chimie agricole, ouvrage qui sera publié par Hachette et qui obtiendra un certain succès. Suivront une longue liste d'ouvrages – une centaine. Entouré de sa femme et de ses cinq enfants, pendant quinze ans, il écrit pour eux et obtiendra l'aisance matérielle et la reconnaissance du monde scientifique qu'il souhaitait.

Il attirera l'attention du ministre Victor Duruy, puis de Pasteur qui viendra lui rendre visite, c'était en 1855, dans le cadre de ses recherches dans le Midi pour essayer de juguler l'épidémie qui touchait les vers à soie. En 1866, Charles Darwin, le qualifie d'"observateur inimitable" pour ses travaux sur les guêpes chasseresses.

En 1868, Duruy le convoque à Paris, le fait chevalier de la Légion d'Honneur et le présente à Napoléon III qui lui propose de devenir le précepteur de son fils, le Prince Impérial, mais Fabre n'est pas un homme de salon, il a peur d'étouffer sous les lambris dorés. Il refuse. Il préfère revenir à Avignon.

L'année 1870 sera une année difficile : une cabale se monte contre lui et son propriétaire lui donne congé. Il doit déménager. Il s'installe à Orange et il y restera jusqu'en 1879. Son rythme de travail est impressionnant : chaque jour il rédige l'équivalent de six pages imprimées qu'il envoie à son éditeur Delagrave. Toutefois, comme il avait, en 1870, abandonné l'enseignement, il bénéficiait de temps libre pour se consacrer à ses observations d'entomologistes.

 Au cours des années passées à Orange, Jean-Henri Fabre aura publié trente volumes qui lui procureront une petite fortune. Mais la mort de son fils Jules, à 15 ans, le laisse inconsolable. Il tombe malade à son tour et frôle la mort.

Déprimé, il décide de s'installer chez lui, dans une maison bien à lui. Un détail provoque en lui le déclic : sa propriétaire fait élaguer brutalement les magnifiques platanes qui lui donnaient l'ombre qu'il recherchait… Il ne se sent plus chez lui et il décide de partir. C'est à Sérignan-du-Comtat  qu'il trouvera la maison de ses rêves, l'Harmas. Là, il fait construire un mur de deux mètres de haut afin de protéger du mistral toute la végétation qu'il étudie. Dès son installation, il publie le premier tome des Souvenirs entomologistes (qui en comprendra 15).

Sa femme meurt en 1885, il a 62 ans. Son activité reprend. Il ne peut rester tout seul, il épouse sa jeune bonne qui a 40 ans de moins que lui, ce qui va provoquer un "charivari" dans tout le village au point qu'il envisage une nouvelle fois de partir. Le charivari était une coutume de l'époque qui avait lieu à chaque fois qu'un veuf épousait une jeune fille du village. Cela finira par se calmer et le couple aura trois enfants à qui Fabre fera l'école. Le savant connaîtra une nouvelle période de jeunesse intellectuelle.

A la fin de 1907, parait le dernier volume des Souvenirs entomologistes, son œuvre est terminée. Sa femme, bien que plus jeune que lui, meurt en 1912. Il n'a plus la force de préparer le volume d'extraits des Souvenirs. Sa gloire est désormais mondiale. On le propose pour un prix Noble, mais l'Académie suédoise le juge trop âgé et refuse. La France lui rend un hommage national le 14 octobre 1913. Le président de la République Raymond Poincaré se rend à Sérignan pour lui exprimer la reconnaissance de la nation. Les deux dernières années de sa vie, Fabre recevra une multitude d'honneurs, des statues de lui furent moulées, on frappa à son effigie des médailles en or, en argent, on fit des moules de ses mains…La mort le prendra le 11 octobre 1915 et l'annonce de sa disparition sera annoncée dans tous les journaux du monde.

Depuis sa disparition son prestige a subi quelques aléas. Dans les années vingt, une querelle vit le jour lancée par un professeur de faculté des sciences de Paris qui, dans un livre intitulé Fabre et la science, l'accusa d'avoir refusé le transformisme, d'avoir manqué d'originalité, et d'avoir eu une trop grande propension à généraliser. Il lui reprocha également des observations par trop approximatives. Mais ces accusations s'oublièrent avec le temps. Par contre, au Japon, les travaux de Fabre connaissent toujours un très vif intérêt et de nombreuses éditions y sont traduites.

Bien sûr, l'audience de Fabre  a aujourd'hui diminué – excepté au Japon – mais elle  se maintient dans un cercle d'admirateurs passionnés et érudits comme ont pu le montrer, en 2002, les manifestations que le Conseil Général de l'Aveyron organisa pour Micropolis.

Rappelons qu'il existe un film de Diamant-Berger tourné en 1951 intitulé Monsieur Fabre dans lequel Pierre Fresnay joue le rôle de l'entomologiste. La cassette est en vente à la librairie.

Je souhaite à tous une bonne visite et de bonnes vacances !

Michel Ostertag

Source : Jean-Henri Fabre d'Yves Cambefort Delagrave éditeur.

Site internet : www.musee-jeanhenrifabre.com