La dernière demeure de F. Pouillon

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Actuellement se tient au Pavillon de l'Arsenal à Paris IVe l'exposition "Fernand Pouillon, architecte".

L'exposition se tiendra jusqu'au 30 septembre 2003. Je ferai un compte-rendu de l'expo parisienne prochainement, mais aujourd'hui, je voudrais évoquer, en complément à cette exposition, un  village aveyronnais classé parmi les plus beaux villages de France. Je voudrais aujourd'hui vous parler du coup de coeur de F. Pouillon pour le château de Belcastel, en Aveyron au point de vouloir le restaurer et l'habiter. Situé au bord de la rivière Aveyron, c'est un village de 90 habitants à 25 km de Rodez, chef-lieu du département. Ses maisons s'étagent au pied d'un château fort du XIIe siècle des plus imposants. Ce dernier était complètement en ruine quand l'architecte Fernand Pouillon le découvrit en 1975 et en tomba "amoureux". Il entreprit sa restauration et mena à bien cette énorme tache de 1975 à 1982. Grâce à ce travail, le village retrouva une seconde jeunesse pour devenir un point important du tourisme en Aveyron. L'architecte en fit sa dernière demeure, il y mourut en juillet 1986. (il était né en 1912). Il est enterré dans le petit cimetière au pied du château. Sa tombe, sur le côté est complètement anonyme, une sorte de tumulus de terre tourné vers le château, sans aucune inscription.

 

Son oeuvre d'architecte est particulièrement considérable. Dès les années d'après-guerre, il fut au centre de la logique de la construction de masse imposée par les Autorités : de grands ensembles de logements sociaux avec la contrainte du meilleur rapport qualité/prix. Il travailla essentiellement à la construction d'habitations collectives en France, comme à Pantin, Meudon-la-Forêt, Boulogne-Billancourt, Montrouge et en Algérie pour la réalisation de grands ensembles à Alger durant les années 1957-1960, comme le village touristique de Zéralda, de Tipasa.

Il mourut alors qu'il travaillait à l'achèvement de la ville de Créteil.

Son oeuvre architecturale est considérable :

Il construisit l'équivalent d'une ville de 80 000 habitants. Il revendiqua comme maître Auguste Perret et Eugène Beaudoin. Son idéal a été de développer son travail dans un rapport fécond entre tradition et modernité en s'efforçant d'améliorer les modes de construction et d'en inventer de plus performants et de plus économiques tout en souhaitant que son travail s'inscrive dans la durée.

Auteur de deux ouvrages qui font autorité ; Les pierres sauvages, 1964 et Mémoires d'un architecte, 1968. Malgré sa célébrité, (ou à cause d'elle !) il construisit assez peu de bâtiments publics. Exception faite du petit conservatoire de musique à quelques mètres de la Rotonde de la Villette à Paris, mais qui n'est pas considéré par les spécialistes comme une vraie réussite.

Ayant le goût de la formule, il prit le chiffre de 200 comme chiffre fétiche et il construisit à Aix-en-Provence 200 logements à 200 m de la ville, construits en 200 jours pour 200 millions !…

 

La visite du site a lieu tous les jours sans exception du 1er avril au 31 décembre, de 11h à 18h30. Fermeture annuelle du 1er janvier au 31 mars. Visites guidées d'une durée d'une heure. Prix 5 euros.

Un musée de la photographie ainsi qu'une collection de céramiques agrémentent la visite.

 

Site à fréquenter : Beaucoup de sites sont consacrés à ce village et à Fernand Pouillon, je vous recommande : www.château-belcastel.com

Michel Ostertag
juin 2003