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Le site artistasalfaix.com présente d'autres catalogues d'oeuvres
plastiques de Valérie CONSTANTIN et de Patrick CINTAS. On y trouvera aussi une présentation
du travail littéraire et musical de Patrick CINTAS avec de nombreux
extraits à télécharger.
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NUDITÉ est une série de vingt tableaux peints au pastel sur papier
ingres 100x70cm. Le corps humain y est représenté à travers des
transparences abstraites. À mettre en miroir avec l'oeuvre aquarellée de
Valérie CONSTANTIN et ses recherches sur l'opacité des laques.
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Textes de Patrick CINTAS
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Les poètes sont d'étranges bavards
Des menteurs soucieux de bien dire.
Qu'on accorde mal le mot et la lyre
Le temps ne souffre aucun retard.
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Les poètes sont de vieux amoureux
Des coupeurs de fleurs qui soupirent;
Qu'on accorde mal le mot et la lyre
Le temps se plaît en homme heureux.
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Les poètes sont des pleureurs d'écrits
Le lit n'est pas fait pour leur plaire
Il plaît à la femme et au temps qui rit.
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Qu'on accorde mal le mot et la lyre.
Les poètes sont éphémères
L'amour est bavard et ne sait pas lire.
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Filez! qu'on ne vous revoit plus
que la barque vous emporte
au fil de sa mâture - filez
doux oiseaux de mer.
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J'ai tellement envie d'aimer
celle que j'aime
mais l'aimer comme on aime
quand on s'aime vraiment.
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Filez! et ne comprenez plus rien!
la mer ne vous comprend pas non plus
raturez les barques noires
qu'on découpe dans du papier journal.
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Filez! filez! beaux oiseaux, bonne augure!
que les ports vous rattrapent
que les veuves des marins vous habillent de vert!
le vert c'est la couleur du temps -
le temps ne se rattrape pas!
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L'INFINI est une série infinie composée au gré du temps sur un mur
servant de chevalet. Coulures, dessins, contrastes: une oeuvre à part
dans le travail plastique de Patrick CINTAS qui s'attache plutôt à
construire des solides, statues et mobilier. Peinture acrylique sur papier
Ingres 65x50cm.
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Demain.
Nous y sommes. Le soleil ne s'est pas encore levé. Toi non plus. Ton visage
est encore ouvert à la même page.
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Je
ne réveille pas la femme endormie de peur de voyager avec elle après
l'avoir attendue si longtemps. Mais elle ne se tait pas.
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Nous
déjeunions sous une véranda à l'abri du soleil, un peu loin des
insectes trompés par des pièges d'une espèce nouvelle. On ne pouvait
s'empêcher d'en parler. C'était plus fort que nous. Nous détestions
ensemble ces conversations à propos d'un mystère qui n'en était pas un.
Nous finîmes par aller voir les insectes. Elle les trouva quelconques. J'étais
de son avis.
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Vivre
ce que les autres ont déjà vécu, au moins une fois ce voyage inutile,
avec elle de préférence, pour éprouver sa patience. Le canot glissait
sans nous. Nous étions restés sur la berge.
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Où
sommes-nous? À la fenêtre. Chacun sa vitre.
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Nous
aurons une existence gâtée par l'idée du retour. L'enfant sera témoin.
Et je consacrerai beaucoup de temps à t'interdire l'aventure d'une autre
existence dont tu connais parfaitement les correspondances. D'où tiens-tu
cette connaissance? De qui? De quel être dont l'existence est un aller
simple?
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Je lui
confessai que je m'étais souvent trompé à propos des femmes que je prétendais
posséder pour mon usage de l'infini. Elle était déjà nue et un peu
dans l'attente d'une conclusion de la conversation qui nous avait rapprochés
au restaurant.
- L'infini? dit-elle. Vous en usez? Comme c'est étrange. Je le critique
plutôt, ajouta-t-elle finement.
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Après
l'étourdissement causé par un brusque changement de direction, il y eut
ce profond dégoût pour cette recherche qui nous apparaissait maintenant
inutile et difficilement justifiable. Il nous conseilla le sommeil, mais
nous ne le trouvâmes pas. Le désir se compliquait d'une attente.
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Les
insectes la terrorisaient s'ils n'étaient pas ailés. Ou bien elle leur
arrachait les ailes pour expliquer sa peur.
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Caresse
du temps. Étais-je de ceux qui continuent d'exister quand les autres ne
sont plus là pour en témoigner? Et par quels autres sont-ils remplacés?
Comment expliquer le temps si l'autre est toujours l'autre et moi plus
jamais moi?
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