Eve


Passe le temps qui n'est rien que poussière,
Un mouvement et tu n'es qu'éphémère
Un regard et tu conquis
Tous ceux qui pour toi ont gémi
Terre qui s'effrite entre mes doigts
Etre magnifique qui hurle son effroie
OU peut être le vide sous ta peau pâle,
Chaque nuit, un pleur et de tes crimes tu as mal
Ta vie pour une autre, mais peut être ta quête est elle vaine?
Sourdement j'entends ta haine,
Sur le feu brulant devant tes yeux plus noirs encore,
Sourd clapotement qui rend ta beauté plus belle de mort
Mais qui es tu créature plus lumineuse que lumière?
Nous te suivrons, charmeuse au tréfonds de l'enfer!

Forte lorsque tu les prends de tes bras de satin
Aspirant goulûment à vivre mais jamais n'apaisant ta faim
Tu le fais les yeux ouverts sur leur souffrance
Une larme les regarde s'éteindre après une dernière danse,
Un cri vers la lune qui brille dans tes cheuveux clairs
Elle qui te veille tu la regardes nue devant ces êtres qui te sont si chers
Puis t'en retournes seule et triste dans ton paradis fuyant dans leur dernier râle
Notre salut et ton enfer, cette étoile!
Oh! Tu te crois libre, petite fille du sang!
Mais tu n'es plus qu'une bête prisonnière dans ce corps d'enfant,
Tu fais de leur âme ta volonté
Et de leur vie ta volupté!
C'est à jamais que ces sombres entraves sont tes compagnes
Et ton lit ce sable noir de tes montagnes.

Pauvre enfant perdue! Il t'ont pris ta vie et ta lumière
et toi maudite! Dans ton aveuglement tu erres,
Enchaînée à la nuit, ivre d'inconscience et de mépris!
Pourquoi donc devrais tu souffrir tandis que d'autres fuient?
Ton tour est venu de quitter ce monde que tu croyais tien.
Lasse de ce temps qui jamais n'assouvit ta faim,
Dans un ultime sursaut, et le jour se lève,
Tu entames un dernier chant, ainsi prend fin ton rêve.
Sur le pavé rougi tu as brisé tes chaînes.

Et le soleil éclatant de crier au revoir petite Eve...

 

Marion Narran (15ans)




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