Une odeur de chair grillée et de charbon rouge envahit la pièce - derrière elle marche le dur soleil de juillet et le vent âpre et sec - et elle excite ma folie d’illusions et de souvenirs :
La fillette aux cheveux tournesol se roule sur la colline, et la terre lui offre un manteau pâquerette. Elle fuit Atlantide et cours la Nature.
Aspara enchante son corps ; la fillette chantonne et cours la danse de l’archéoptéryx.
Elle court le bonheur et illumine mes idées morbides.
Cours fillette, cours
Fuis Atlantide
Et dissémines l’Amour
Afin que le Bonheur ne soit plus rigide.
Elle s’envole, tel un ange, pour écraser les religions et les guerres de son épée de Gaieté.
Elle court le Ciel et disparaît dans les nuages.
Arvedhy
Un monde oppressant fait de boue et de sang m'entoure de tous ses bruits nuisants ; avec cependant la douce mélodie furtive.
Seul le chant ailé me parvient ; et mes oreilles, toutes enchantées, ne peuvent s'en passer.
La Nature triomphe et la société se tait.
Plus aucunes nuisances ; dans ma bulle d'aisance le colibri me fredonne les verts feuillages, les torrents et les fleurs.
Aventurier de la savane citadine puisqu'absorbé tout entier par la paisible et vivifiante mélodie de ce bec, étranger à ce monde oppressé.
Arvedhy
Je vis avec le goût mielleux de la mort dans la bouche, alors que la vie n’est plus qu’une bouillie pré-mâchée par ma Faucheuse.
Je ne suis poins martyre marchant sur l’eau, et nullement non plus, africain aux pieds nus et à l’espoir perdu.
Ma folie plaide en ma faveur car mon tourment est don fils.
Plus de force en moi, juste quelques internes combats, juste une guerre de cent ans, juste pour le père une envie œdipienne.
Tout est noir ; je vois déjà mon vin coulant sur mes mains et mon couteau coupant mon pain pour l’offrir aux chiens.
Ô bâtards ! ô loups citadins ! redonnez-moi à la Nature. Mon cœur bat sans vie et sans volonté : l’énergie pure ne l’a jamais traversé.
Ainsi je serais le siroco parcourant le désert chaud pour atteindre sa mer.
Ainsi je serais le nénuphar paisible dormant le marais.
Ainsi je serais le chêne centenaire, aux bras immenses, embrassant de ses racines la terre.
Ainsi je serais la gazelle courant avec élégance les rizières d’Asie.
Je vis avec le goût mielleux de la mort dans la bouche, alors que la vie n’est plus qu’une bouillie pré-mâchée par ma Faucheuse.
Arvedhy