
Jadis, la flamme de tes yeux passionnés
Suffisait à allumer mon désir
Mais la nuit sombre, amère,
A tué les papillons.
Autrefois troubadours,
Mes larmes avaient goût de vanille
Aujourd'hui, elles ne sont plus
Qu'ombres et pénombre.
Et je meurs avec l'automne
Et ses noirs matins
La surprise de chaque éveil
N'est plus... La joie a disparu.
Toutes les portes sont fermées,
Les fenêtres hors de ma portée,
Que faire sinon attendre le jour clair
Pour mieux revivre le temps passé?

Je sens lentement en moi
S'ouvrir un immense gouffre
Je palpe son odeur de mépris,
La noirceur des temps à venir.
Pourquoi la vie est-elle avare?
Elle dérobe les moments heureux
Pour ne laisser que de la poussière,
Une puanteur infecte, le ciel orageux.
La lune et les étoiles
N'ont plus la même couleur.
Les doux pétales des fleurs
Sont fanés, infestés de bestioles.
La caresse de l'espoir
N'a plus aucun effet.
Aussi puissantes que furent les images,
Je n'ai plus le désir de vivre.
