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Lettre
ouverte à la jeunesse de mon pays
Le
27 janvier 2005
La
discrimination légale, la Nuit de Cristal, les massacres, la
solution finale, le génocide des Juifs, les camps de concentration
et d’extermination, la jeunesse hitlérienne, les nazis. Tout ça
ne vous rappelle rien ?
Pour
nous, pour vous, la jeunesse de notre pays, il nous faut savoir que
juste un homme, seulement un homme a su bouleverser les idées, les
hommes, une politique, un pays, une nation. Les idées de cet homme
ont suffi à détruire des vies. Le nombre de Juifs morts dans les
camps de concentration — par esclavage, sous-nutrition et mauvais
traitements — et dans ceux de destruction massive est estimé à
six millions dont plus d’un million à Auschwitz-Birkenau.
Le sort des « inaptes au travail » — enfants,
vieillards, malades, infirmes — n’est pas évoqué mais que ce
soit par mort immédiate ou par mort différée, tous les Juifs
devaient disparaître comme les malades mentaux dont la mise à mort
avait commencé dès 1939. C’est, pour les familles des victimes,
des morts atroces, alors qu’ils n’avaient rien fait sinon
d’être eux-mêmes.
Ce
crime ne doit pas se reproduire. C’est donc à vous, à nous de
faire en sorte que la Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme ne reste pas et ne soit pas qu’un simple texte. Tous ces
massacres liés au racisme, au mépris des hommes pourtant formés
exactement de la même manière, comme vous, comme nous, ne
devraient en aucun cas se reproduire. L’antisémitisme. Un mot
bien lointain mais qui, certes, est toujours actuel et proche de
vous, de nous, dans notre société.
C’est
à vous, à nous de faire bouger les choses, à vous, à nous d’éviter
la domination raciste, d’éviter les massacres qui n’apportent
aucune solution aux problèmes d’une société. Le devoir de mémoire
à l’occasion du soixantième anniversaire de la libération du
camp d’extermination d’Auschwitz qui se tient aujourd’hui est
nécessaire. L’organisation du crime, les méthodes employées, le
nombre approximatif des victimes nous sont connus. Nous savons ce
qui est arrivé mais nous continuons à ne pas comprendre comment
cela a pu arriver. Du fait de sa complexité et de sa monstruosité,
la Shoah demeure un défi à la conscience morale de l’humanité.
Selon
Hitler et les dirigeants nazis, la race juive était une menace pour
la pureté du sang allemand et donc pour la préservation de la race
aryenne. Si cette prétendue menace a permis de tuer six millions de
Juifs innocents, c’est à vous, c’est à nous d’empêcher d’éventuelles
menaces comme celles des anti-juifs. Aimeriez-vous être contrôlé
par la Gestapo ? Aimeriez-vous que l’on confisque vos biens
et qu’on vous laisse dans la misère et la famine ? Des
millions de Juifs sont morts de faim et de froid. En Pologne, des
camions à gaz ont été mis en place pour la mise à mort des
Juifs. Est-ce normal ?
Votre
éducation, notre éducation à l’école nous enseigne
l’histoire et les droits de l’homme. Le racisme engendre
facilement la crainte, le rejet, le mépris et la haine. C’est
pourquoi cette journée de commémoration n’a pas seulement pour
but de rappeler la barbarie du milieu du siècle dernier mais de prévenir
d’autres catastrophes.
Pour
nous, pour vous, pour les nations, pour le monde, une vie meilleure,
pour tout le monde.
Mélina
M., 15 ans.
Lettre
ouverte à la jeunesse de la nation française
Le
27 janvier 2005
Je
m’adresse à toi, jeunesse française !
La
plupart des adolescents d’aujourd’hui ne connaît rien sur la
Shoah, le génocide allemand sur les Juifs. C’est pour cela que
cette lettre est dédiée au soixantième anniversaire de la libération
du camp d’Auschwitz.
Pendant
la Seconde Guerre mondiale (1939 – 1945), des millions de
personnes juives de toutes origines ont été déportées par les
nazis.
Pourquoi ?
Parce que les nazis considéraient les Juifs comme une sous-race.
Toi,
jeunesse, je te conseille vivement de lire Si c’est un homme,
de Primo Lévi. Ce livre illustre, commente et témoigne très bien
des horreurs et des abominations qui se sont produites dans des
camps d’extermination tels que Auschwitz-Birkenau et bien
d’autres.
Toi !
Jeunesse, ignorante et innocente !
Toi !
Jeunesse, intolérante et insouciante !
Tu
suis parfois les idées des personnes qui ont participé à cet
effroyable génocide. Ne comprends-tu pas que tu suis « un
troupeau de brebis égarées » conduit par des chiens racistes
et antisémites ?
Toi !
Jeunesse, ne te sens-tu pas capable de penser par toi-même ?
Tout d’abord, tu devrais te cultiver un peu plus en t’intéressant
à des faits historiques.
Toi !
Jeunesse ignorante, lis ce qui suit et tu comprendras à quoi sert
le devoir de mémoire.
Le
devoir de commémoration est important par respect pour les familles
des victimes. Elles se rassemblent autour des tombes parfois vides
car les corps n’ont pas été retrouvés ou se rassemblent également
devant des plaques où sont inscrits les noms de leurs proches. Il
ne faut pas oublier les personnes qui sont mortes pour avoir été
elles-mêmes.
Il
est également important d’en parler pour éviter que ces
abominations ne recommencent, quelle qu’en soit la raison !
Pour
que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne reste pas
un simple texte, pour que le droit d’être soi-même soit affirmé !
Toi !
Jeunesse, tu sais combien de jeunes sont victimes de racisme dans
notre société. STOP aux profanations de tombes !
Toi !
Jeunesse, tu sais maintenant que les massacres ne résolvent aucun
problème.
Notre
société se dégrade à vue d’œil.
Toi !
Jeunesse, tu en es responsable !
Responsable
de la société dans laquelle tu vis !
Toi !
Jeunesse, ignorante mais pas forcément innocente !
Toi !
Jeunesse, intolérante et plus qu’insouciante !
Reprends-toi,
jeunesse, pour que plus jamais cela ne se reproduise. Les générations
à venir te font confiance !
Noëmie B., 15 ans
Lettre
à la jeunesse
Le
27 janvier 2005
En
ce jour de recueillement, pour le soixantième anniversaire de
la libération du camp d’extermination d’Auschwitz où des
millions de Juifs ont péri sous la torture ou dans des souffrances atroces, j’ai souhaité vous faire partager
leur histoire dans ces camps qui étaient des lieux morbides,
entourés de fils barbelés où le ciel était obscurci par la
fumée des chambres à gaz. Il y avait de la boue partout, on
entendait des cris, des hurlements.
La
milice française a livré des milliers de Juifs à ces
personnes sans cœur, sans pitié qu’étaient les nazis.
Toutes
ces malheureux quittaient leur pays, leurs maisons et, pour
certains, leur commerce, sans savoir ce qui les attendaient. Ils
étaient embarqués dans des wagons, tous entassés les uns sur
les autres. Ils ne savaient pas que ces voies de chemin de fer
les menaient directement à la mort.
Arrivés
au camp, les Juifs découvraient l’enfer de ces lieux où il y
avait des cadavres qui gisaient à terre.
A
leur descente du train, les nazis faisaient des sélections :
quelquefois, tout le convoi était directement dirigé vers les
fours crématoires. Des millions de personnes ont été anéanties
entre ces murs en brique.
Ceux
qui n’étaient pas directement dirigés vers les chambres à
gaz, on les dépouillait de tous leurs biens personnels, on leur
rasait la tête et on les tatouait d’un numéro. Ils dormaient
dans une « coyat » où ils étaient entassés
les uns sur les autres et on leur donnait très peu de
nourriture.
Je
me pose juste une question :
Comment,
au XXème siècle, Hitler et les nazis ont-ils pu
atteindre un tel degré d’horreur , la volonté
d’extermination d’une race ?
A
partir de 1942, Auschwitz devient le plus grand centre
d’extermination des Juifs d’Europe. La « solution
finale » envisagée par les nazis. Les Juifs aptes au
travail s’échineront jusqu’à l’épuisement fatal.
Printemps
1944, la « solution finale » est à son paroxysme.
En 54 jours, plus de 150 convois débarquent.
Puis,
le 27 janvier 1945, a lieu la libération du camp d’Auschwitz.
Tous les détenus n’y croyaient plus : ils avaient
tellement espéré ce moment-là !
Il
ne suffit pas de dire on pardonne et on créé l’Europe,
il ne faut pas qu’un tel massacre se reproduise dans les années
ou les siècles qui viennent.
Voilà
pourquoi, aujourd’hui, j’ai souhaité publier cet article,
pour que personne n’oublie ce qui s’est passé il y a
soixante ans. De tels massacres n’ont jamais apporté quelle
solution que ce soit aux problèmes d’une société.
Cécile
B., 17 ans.
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