Une photographie de Stéphane Popu

 
Lettres ouvertes à la jeunesse

 de notre pays 

(60ième  anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz)

par :

   Mélina M. ( 15 ans )

   Noémie B. ( 15 ans )

   Cécile B. ( 17 ans )

  

 

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Lettre ouverte à la jeunesse de mon pays

 Le 27 janvier 2005

  

La discrimination légale, la Nuit de Cristal, les massacres, la solution finale, le génocide des Juifs, les camps de concentration et d’extermination, la jeunesse hitlérienne, les nazis. Tout ça ne vous rappelle rien ?

 Pour nous, pour vous, la jeunesse de notre pays, il nous faut savoir que juste un homme, seulement un homme a su bouleverser les idées, les hommes, une politique, un pays, une nation. Les idées de cet homme ont suffi à détruire des vies. Le nombre de Juifs morts dans les camps de concentration — par esclavage, sous-nutrition et mauvais traitements — et dans ceux de destruction massive est estimé à six millions dont plus d’un million à Auschwitz-Birkenau.  Le sort des « inaptes au travail » — enfants, vieillards, malades, infirmes — n’est pas évoqué mais que ce soit par mort immédiate ou par mort différée, tous les Juifs devaient disparaître comme les malades mentaux dont la mise à mort avait commencé dès 1939. C’est, pour les familles des victimes, des morts atroces, alors qu’ils n’avaient rien fait sinon  d’être eux-mêmes.

Ce crime ne doit pas se reproduire. C’est donc à vous, à nous de faire en sorte que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne reste pas et ne soit pas qu’un simple texte. Tous ces massacres liés au racisme, au mépris des hommes pourtant formés exactement de la même manière, comme vous, comme nous, ne devraient en aucun cas se reproduire. L’antisémitisme. Un mot bien lointain mais qui, certes, est toujours actuel et proche de vous, de nous, dans notre société.

C’est à vous, à nous de faire bouger les choses, à vous, à nous d’éviter la domination raciste, d’éviter les massacres qui n’apportent aucune solution aux problèmes d’une société. Le devoir de mémoire à l’occasion du soixantième anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz qui se tient aujourd’hui est nécessaire. L’organisation du crime, les méthodes employées, le nombre approximatif des victimes nous sont connus. Nous savons ce qui est arrivé mais nous continuons à ne pas comprendre comment cela a pu arriver. Du fait de sa complexité et de sa monstruosité, la Shoah demeure un défi à la conscience morale de l’humanité.

Selon Hitler et les dirigeants nazis, la race juive était une menace pour la pureté du sang allemand et donc pour la préservation de la race aryenne. Si cette prétendue menace a permis de tuer six millions de Juifs innocents, c’est à vous, c’est à nous d’empêcher d’éventuelles menaces comme celles des anti-juifs. Aimeriez-vous être contrôlé par la Gestapo ? Aimeriez-vous que l’on confisque vos biens et qu’on vous laisse dans la misère et la famine ? Des millions de Juifs sont morts de faim et de froid. En Pologne, des camions à gaz ont été mis en place pour la mise à mort des Juifs.  Est-ce normal ?

Votre éducation, notre éducation à l’école nous enseigne l’histoire et les droits de l’homme. Le racisme engendre facilement la crainte, le rejet, le mépris et la haine. C’est pourquoi cette journée de commémoration n’a pas seulement pour but de rappeler la barbarie du milieu du siècle dernier mais de prévenir d’autres catastrophes.

Pour nous, pour vous, pour les nations, pour le monde, une vie meilleure, pour tout le monde.

 

Mélina M., 15 ans.

 


Lettre ouverte à la jeunesse de la nation française

  Le 27 janvier 2005

 Je m’adresse à toi, jeunesse française !

La plupart des adolescents d’aujourd’hui ne connaît rien sur la Shoah, le génocide allemand sur les Juifs. C’est pour cela que cette lettre est dédiée au soixantième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz. 

Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939 – 1945), des millions de personnes juives de toutes origines ont été déportées par les nazis.

Pourquoi ? Parce que les nazis considéraient les Juifs comme une sous-race.

 Toi, jeunesse, je te conseille vivement de lire Si c’est un homme, de Primo Lévi. Ce livre illustre, commente et témoigne très bien des horreurs et des abominations qui se sont produites dans des camps d’extermination tels que Auschwitz-Birkenau et bien d’autres.

 Toi ! Jeunesse, ignorante et innocente !

Toi ! Jeunesse, intolérante et insouciante !

 Tu suis parfois les idées des personnes qui ont participé à cet effroyable génocide. Ne comprends-tu pas que tu suis « un troupeau de brebis égarées » conduit par des chiens racistes et antisémites ?

 Toi ! Jeunesse, ne te sens-tu pas capable de penser par toi-même ? Tout d’abord, tu devrais te cultiver un peu plus en t’intéressant à des faits historiques.

 Toi ! Jeunesse ignorante, lis ce qui suit et tu comprendras à quoi sert le devoir de mémoire.

 Le devoir de commémoration est important par respect pour les familles des victimes. Elles se rassemblent autour des tombes parfois vides car les corps n’ont pas été retrouvés ou se rassemblent également devant des plaques où sont inscrits les noms de leurs proches. Il ne faut pas oublier les personnes qui sont mortes pour avoir été elles-mêmes.

 Il est également important d’en parler pour éviter que ces abominations ne recommencent, quelle qu’en soit la raison !

Pour que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne reste pas un simple texte, pour que le droit d’être soi-même soit affirmé !

 Toi ! Jeunesse, tu sais combien de jeunes sont victimes de racisme dans notre société. STOP aux profanations de tombes !

 Toi ! Jeunesse, tu sais maintenant que les massacres ne résolvent aucun problème.

Notre société se dégrade à vue d’œil.

 Toi ! Jeunesse, tu en es responsable !

Responsable de la société dans laquelle tu vis !

Toi ! Jeunesse, ignorante mais pas forcément innocente !

Toi ! Jeunesse, intolérante et plus qu’insouciante !

 Reprends-toi, jeunesse, pour que plus jamais cela ne se reproduise. Les générations à venir te font confiance !

 Noëmie B., 15 ans


Lettre à la jeunesse

 Le 27 janvier 2005

  

En ce jour de recueillement, pour le soixantième anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz où des millions de Juifs ont péri sous la torture ou dans  des souffrances atroces, j’ai souhaité vous faire partager leur histoire dans ces camps qui étaient des lieux morbides, entourés de fils barbelés où le ciel était obscurci par la fumée des chambres à gaz. Il y avait de la boue partout, on entendait des cris, des hurlements.

La milice française a livré des milliers de Juifs à ces personnes sans cœur, sans pitié qu’étaient les nazis.

Toutes ces malheureux quittaient leur pays, leurs maisons et, pour certains, leur commerce, sans savoir ce qui les attendaient. Ils étaient embarqués dans des wagons, tous entassés les uns sur les autres. Ils ne savaient pas que ces voies de chemin de fer les menaient directement à la mort.

Arrivés au camp, les Juifs découvraient l’enfer de ces lieux où il y avait des cadavres qui gisaient à terre.

A leur descente du train, les nazis faisaient des sélections : quelquefois, tout le convoi était directement dirigé vers les fours crématoires. Des millions de personnes ont été anéanties entre ces murs en brique.

Ceux qui n’étaient pas directement dirigés vers les chambres à gaz, on les dépouillait de tous leurs biens personnels, on leur rasait la tête et on les tatouait d’un numéro. Ils dormaient dans une « coyat » où ils étaient entassés  les uns sur les autres et on leur donnait très peu de nourriture.

 Je me pose juste une question :

Comment, au XXème siècle, Hitler et les nazis ont-ils pu atteindre un tel degré d’horreur , la volonté d’extermination d’une race ?

 A partir de 1942, Auschwitz devient le plus grand centre d’extermination des Juifs d’Europe. La « solution finale » envisagée par les nazis. Les Juifs aptes au travail s’échineront jusqu’à l’épuisement fatal.

Printemps 1944, la « solution finale » est à son paroxysme. En 54 jours, plus de 150 convois débarquent.

Puis, le 27 janvier 1945, a lieu la libération du camp d’Auschwitz. Tous les détenus n’y croyaient plus : ils avaient tellement espéré ce moment-là !

 Il ne suffit pas de dire on pardonne et on créé l’Europe, il ne faut pas qu’un tel massacre se reproduise dans les années ou les siècles qui viennent.

Voilà pourquoi, aujourd’hui, j’ai souhaité publier cet article, pour que personne n’oublie ce qui s’est passé il y a soixante ans. De tels massacres n’ont jamais apporté quelle solution que ce soit aux problèmes d’une société.

  

Cécile B., 17 ans.