Semaine du  20 décembre  2000...

                          "Nul besoin de dire un mot de plus"

                     par Mireille Disdero-Seassau

Cette semaine, le comité de lecture "pose" note un léger marasme. En effet, notre récolte s'avère assez maigre : trois textes seulement ont été retenus dans nos filets.

On peut donc s'interroger sur notre exigence en matière d'écriture et sur nos choix de publications. Il est possible d'en discuter longtemps. Mais je vous rassure, je ne le ferai pas cette fois, car je préfère vous présenter les trois écrits en question.

D'abord, nous sommes très heureux de retrouver Sylvain Leduc que nous connaissons bien sur Ecrits... Vains ? : il nous revient avec : "Histoire véridique d'Antonio Chunca."
Dans ce texte, le narrateur nous raconte une histoire à la fois tragique et grotesque : " Nelson n'a pas conscience que je suis incapable de l'aider. Je ne suis pas le type qu'il lui faut, n'importe qui s'en apercevrait vite, mais lui, comme il est étranger, il ne l'a pas encore saisi. Derrière la tasse, ses yeux me scrutent. "

Le second texte sélectionné, "La terre blanche" est de Jean-Pierre Mast que nous accueillons sur Ecrits... Vains.
Il s'agit de la première partie d'un récit, sous forme de monologue intérieur, où la nostalgie travaille l'écriture dans le sens de la beauté. Il se construit en lisière de l'expression poétique : " Il doit bien exister un chemin que je n'ai jamais pris, ni moi ni personne. Comment m'en approcher sans m'éloigner des hommes. Ce serait en hiver, tout un long hiver de neiges, d'une neige où les mots comme les pas s'effaceraient forcement, et que les nuits venues couvriraient de mille gels. "

Enfin, nous avons retenu "La jupe à cahier", de Iammaem, que nous accueillons. Aaron nous en dit : Le rêve et la réalité marchent côte à côte, à petits pas, appuyés l'un contre l'autre, comme deux petits vieux, et le temps passe, tout doucement, à travers l'éternité, rythmés par l'horaire du bus, petit métronome rassurant. L'écriture est simple, presque évidente et on s'y laisse porter :

" Maintenant, elle arrive en avance juste pour passer tranquillement deux minutes avec lui. Et pendant ces deux minutes où ils sont seuls, ils se regardent. Sans se dire une seule parole. La présence d'une autre personne rompt le charme et leurs regards se détachent l'un de l'autre."

Nous remercions les auteurs de nous avoir fait connaître leurs textes et je vous souhaite à tous une belle lecture. "Nul besoin de dire un mot de plus." J. Kerouac, Big Sur *

Mireille

* Pour Kerouac, je vous conseille sans hésitation l'article de Ludovic K. dans le dossier "Correspondance" d'Ecrits... Vains ? Merci à tous.


Une
photographie de Yann Beauson