Semaine du  12 mars  2001...

                                               par Aaron de Najran


Bonnes nouvelles. Le comité prose repart après une brève hibernation
jurassique, suite à un rhume floride.
Le comité a sélectionné cinq textes parmi treize proposés.

D’abord ”E-conte”, un conte de noël de Guillemette de Grissac. Eh oui, Noël avec trois bottées de retard. Noël avec ses messes basses, ses pains de
gingembre et ses étoiles roussies. Dans un récit à croquer comme un petit
jésus de frangipane…

Bonjour la liberté”, de Gerard Levoyer a fait l’unanimité du comité. Une
porte s’ouvre. Sous la liberté. La vie à fleur de terre, dans l’odeur du
pavé, la vie toujours derrière la porte, la porte toujours fermée… Un récit
simple, modeste, une écriture juste. Avec un goût de prâline à la fin. Eh
oui…

Le soulèvement”, de Antoine X. Ici, changement de ton. Tout explose.
L’écriture se sent trop petite dans un blazer prêt-à-porter. Elle soulève le
fantastique, le choatique. Elle réveille les dieux et les prophètes endormis
dans leurs argiles gothiques, Platoon, Lénine, Klu, Christ, Jane Mansfield…
De la poésie en bottes de fer.

A Morphée”, de Jean Barbé. Délicieux dédale onirique, où le rêve n’arrête
pas de trébucher à ses propres rêves. Avec une ”écriture quasi clinique” (A.
Beldiman-Moore), Barbé découpe les rêves de la réalité avec la précision
d’un chirurgien universitaire dissèquant les nerfs d’un morceau de viande
vivante. C’est à dire sans savoir lequel est lequel.

Enfin, ”Les mots”, de Guillemette de Grissac. Un des thèmes favoris de
notre amie Guillemette, la difficulté de communiquer. Replacée dans le
tout-les-jours, le petit train de vie tout gris, tout fade, l’humain mâle
vêtu de poils d’ours… Tout cela astucieusement et élégamment tramé autour
d’une grille de mots croisés. Une histoire à la Perec (M. Seassau-Disdero).

Voilà, je n’ai plus d’encre pour vous lire ces nouvelles. Alors lisez-les
vous-même. Et bonne lecture.

Aaron

Une photographie de Jim Hayes.