Edward Stachura (1937 - 1979)

par Mary TELUS

marytelus@yahoo.fr

Littérature étrangère

 

« seul celui pour qui la vie n’est pas très dure est en mesure de l’apprécier »

Lao Tseu  p. 18

 

 

 

 

 


SOMMAIRE

 

Ø      Poète "proscrit"

Ø      L'errance et l'œuvre

Ø      "Me résigner au monde"

Ø      Une légende

Ø      Choix de 12 traductions originales par Mary Telus

 

 

Poète "proscrit"

 

Tu empêches les gens de dormir,

Tu les réveilles à la vie.

 

Edward Stachura est né en France en 1937 dans une famille polonaise. Ses parents décident de revenir en Pologne en 1948 alors que le jeune Edward avait  déjà onze ans.

Cette France quittée malgré lui va le poursuivre toute sa vie.

Il étudie la philologie romane et son mémoire de fin d'études est consacré à Henri Michaux.

Il traduit : Henri Michaux, Gaston Miron, Jacques Brant et Michel Deguy ainsi que les inédits de Baudelaire, Lautrémont, Valéry et Rimbaud.

Il puise son inspiration poétique dans les poèmes de Rimbaud.

Il est chanteur et traducteur de chansons de Jacques Brel et de Georges Brassens.

Après sa première tentative de suicide Edward parle en français : "Doucement. Rien ne vaut la modération. Doucement."

Le 24 juillet 1979 il se pend dans son appartement à Varsovie.

 

Edward traduit également de l'espagnol. La Pologne peut le remercier pour les œuvres de : Ocatvio Paz, Ramon Lopez Velarda, Jorge Luis Borges, Julio Cortazar, Onetti Gabriel, Garcia Marquez.


L'errance et l'œuvre

 

J'ai tellement couru de par le monde(…) Peut-être parce que je suis un proscrit.

Ni Français, ni Polonais, ni Mexicain.

Je ne sentait pas la terre sous mes pieds, ma terre natale, comme on dit" p.41

 

-         1966- voyage en Yougoslavie

-         1969/70 - un séjour au Mexique

-          1971 -  un séjour au Moyen Orient

-         1972/73 - un séjour en Norvège

-         1973 - un voyage en Suisse puis en France

-         1974 - voyage aux Etats-Unis et au Canada

-         1978 - voyage à Paris

 

 

J'ai toujours écrit de tout mon cœur  p. 36

1957 - "Rêves retrouvés", les premiers poèmes

1962 - "Un seul jour", recueil de nouvelles

1963 -"Beaucoup de feu" - le premier recueil de poèmes

1966 - "Je m'approche de toi" - poèmes

1974 - "Soi" - poèmes

1969 - "Toute la clarté" - roman

1974 - "Tout est poésie"- essais

1979 - "Me résigner au monde" - journal rédigé de la main gauche

 

 

Je suis prêt à mendier un peu de paix. Qui pourrait m'offrir un peu de paix,

un peu de goût pour la vie ? " p. 29


 

 


"Me résigner au monde"

 

Stachura, Edward, Me résigner au monde, 1991

 

Le titre peut être traduit : "Me réconcilier avec le monde", une petite nuance de traduction qui montre que le poète et écrivain cherche malgré tout une voie de secours.

Pour apprécier ce journal il faut d’abord savoir dépasser son douloureux sujet. Comprendre que tout changement pour chaque individu pose un problème majeur. Accepter le fait que nous tous sommes en constante lutte intérieure : d’un côté entre le désir de la vie, de l’harmonie et de l’autre entre la pulsion de la mort, de la transgression et de la destruction.

Que la souffrance provoque un fort désir de fuite, ers la mort, si on ne peut pas faire autrement.

 

Le journal de Stachura contient seulement 84 pages. Il est très concentré et décrit la lutte contre sa maladie.

Edward Stachura a écrit son journal après sa première tentative de suicide : il s’est allongé sur les rails et en sorti mutilé. Il n'a pu  écrire son journal que de la main gauche.

 

C'est son  dernier essai pour :  "enfin trouver l’apaisement " p. 17

 

 

Une légende

 

 

J'ai retenu mes larmes.

Je ne suis ni vraiment vivant, ni vraiment mort. p.35

 

On ne peut pas dissocier l'œuvre de Stachura de sa vie. A quinze ans il rompt avec sa famille et décide "de devenir orphelin" en coupant tous liens avec celle-ci. Il se cherche, il observe la vie avec du recul.  Elle le suit, reflète ses pensées.

D'abord c'est une œuvre de jeunesse pleine d'enthousiasme et de confiance.

Edward fige les instants de la vie. Il  s'émerveille devant la nature et son harmonie.

"La nature respire la paix"

Puis, vient la période de réflexion mystique et religieuse avec un recueil d'essais.

Il en arrive à la conclusion que la religion est le seul moyen pour pouvoir survivre.

 

"J'ai perdu mon TOUT" p.22 La dernière étape c'est le renoncement, c'est le triste constat que jamais il n'apprendra à vivre.

 

 

Edward Stachura est un grand poète des "petites" choses. Ces sujets, il les puise dans la vie quotidienne et dans sa propre expérience. Lors de ses nombreux voyages, il s'immerge à tel point  dans le pays qu'il en adopte la langue pour écrire. Il faut dire que le poète possède une grande ouverture linguistique. Il n'apprend le polonais qu'à douze ans ; il n'en maîtrisera jamais tout à fait la grammaire et l'orthographe. Cela constitue sa grande force créatrice, il transgresse les règles, crée des néologismes, devient un poète inventif.

Il possède au plus haut point l'art de faire monter la tension, tout en utilisant un langage simple, pratiquement dépourvu de métaphores. Son écriture est un mélange de force, de brutalité et de sensibilité exacerbée.

 

Après sa mort Stachura devient une légende.

 

C'est un poète proche, auquel chacun peut facilement s'identifier.

C'est un rebelle en éternelle lutte pour la justice,

un chercheur de vérité,

C'est un homme plein de tendresse pour l'homme

et

sa poésie est un cri …

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Choix de 12 poèmes inédits

 

 

-         Introït (chant d'entrée)

-         Communion

-         N’importe où…

-         C’était qui au juste cette belle dame

      qui cette nuit solitaire m’a rendu visite ?

-         La vie n'est pas un  théâtre

-          Avec lui tu seras plus heureuse

-         Le temps s'écoule et tue les blessures

-         Nuit ou l'attente du petit déjeuner

-         L’Homme pour l’homme

-         La vie est un cheminement d’homme

-         Tango triste

-         Confiteor

-         Anathème sur la mort

-         Lettre à ceux qui restent

 

 

 

Introït (chant d'entrée)

 

Viens, homme, j'ai quelque chose à te dire
Venez, tous, de toutes les conditions :
multicolores, blancs, noirs.
Venez, surtout vous, les plus humbles.
Au travers du portail largement ouvert.  

Il y a la place pour tout le monde
sous le grand toit du ciel.
Installez-vous sur les routes,
sur les prés, sur les étendues,
sur les champs, sur les gagnages, dans les pâturages,
dans la lumière du soleil, dans l'ombre des nuages.  

Installez-vous en haut.
Installez-vous  en bas.

Installez-vous sur le plat .
Dans la lumière du soleil, dans l'ombre des nuages.  

Il y a la place pour tout le monde
sous le grand toit du ciel, sur la terre que moi et toi aussi
on a transformé en mer de larmes

Introit (Pieśń na wejście)

Choć człowieku, coś ci powiem
Chodźcie wszystkie stany
Kolorowi, biali, czarni
Chodźcie zwłaszcza wy, ludkowie
Przez na oścież bramy

Dla wszystkich starczy miejsca
Pod wielkim dachem nieba

 

Rozsiądźcie się na drogach
Na łąkach, na rozłogach
Na polach, błoniach i wygonach
W blasku słońca, w cieniu chmur

Rozsiądźcie się na niżu
Rozsiądźcie się na wyżu
Rozsiądźcie się na płaskowyżu
W blasku słońca, w cieniu chmur

Dla wszystkich starczy miejsca
Pod wielkim dachem nieba
Na ziemi, którą ja i ty też
Zamieniliśmy w morze łez

Communion

 

Si c'est une chose spontanée
Si c'est une chose évidente
Si c'est une chose naturelle  

Prends  

Ce qu'on donne ici
Au nom du soleil
Et de son coursier :
Le rossignol sifflotant, amen

Komunia

I jeżeli spontaniczna to rzecz
I jeżeli oczywista to rzecz
I jeżeli naturalna to rzecz

 

Weź

To co się tu daje
W imię słońca
I jego gońca:
Skowronka gwiżdżącego
, amen

N’importe où…

 

Où que tu sois,
sors devant le portail !
Va dans les champs
Tu entends un appel
C’est moi qui t'appelle !  

Où que je sois,
Je n'y suis pas.
C’est la fièvre

puisque tu n’y es pas
C’est le désert.  

Où que tu sois,
tu n’y es pas.
C’est la fièvre

puisque j'y ne suis pas
C’est le désert.  

Où que je sois,
Tu y es
Oui, nous y sommes
Comme le silence,
Après ce chant,  

Comme deux pommes
Sur un cerisier.

Gdziekolwiek

Gdziekolwiek jesteś,
Wyjdź za bramę!
Idź na pola,
Słysz wołanie!
To ja wołam.

Gdziekolwiek jestem,
To mnie nie ma.
Jest maligna,
Bo cię nie ma.
Jest pustynia

 

Gdziekolwiek jesteś,
Też cię nie ma.
Jest maligna,
Bo mnie nie ma.
Jest pustynia.

Gdziekolwiek jestem,
Tam ty jesteś.
Tak jesteśmy
Jak milczenie
Po tej pieśni.

Jak dwa jabłka
Na czereśni.

 

C’était qui au juste cette belle dame
qui en cette nuit solitairee
m’a rendu visite ?  

Personne ne connaît le chemin des étoiles ;
Quel est l’élu parmi nous ?

Quelqu’un frappe
N'est-ce pas un invité ? !  

J’ai traîné comme une ombre,
J’attendais ce jour là
et tu es devant la porte…
comme un oiseau étrange.  

S’il te plaît, rentre !
A
ssieds-toi ici, fais comme chez toi 
et  révèle-moi, qui tu es 
Madame ? 
Ou non ne me le révèle pas.
Le mieux est de ne rien dire
 

Timidement s’approche l’aurore.
Je voudrais tant arrêter le temps.
C’est autrement …
Le temps doit courir.  

Le coq chante déjà.
Tu remets tes habits démodés.

Déjà tu es à la porte…
comme un oiseau étrange.  

Alors tu dois partir,
Tu m’envoies à travers le seuil

ton sourire éphémère,
Madame …  

Je veux attendre, viens !
Quand tu veux, viens !

On va vivre ensemble !

Je veux attendre, viens !
Quand tu veux -viens !…

Kim właściwie była ta piękna pani

co dzisiejszej nocy w mojej samotni mnie odwiedziła?

Nikt nie zna ścieżek gwiazd;
Wybrańcem kto wśród nas?
Zapukał ktoś...
To do mnie gość?!

Włóczyłem się jak cień,
Czekałem na ten dzień;
I stoisz w drzwiach...
Jak dziwny ptak.

Więc bardzo proszę, wejdź,
Tu siadaj, rozgość się
I zdradź mi, kim tyś jest,
Madame?
Albo nie zdradzaj mi,
Lepiej nie mówmy nic.


Nieśmiało sunie brzask,
Zatrzymać chciałbym czas.
Inaczej jest...
Czas musi biec.

Gdzieś w dali zapiał kur,
Niemodny wdziewasz strój,
Już stoisz w drzwiach...
Jak dziwny ptak.

Więc jednak musisz pójść,
Posyłasz mi przez próg
Ulotny uśmiech swój,
Madame...

Lecz będę czekać, przyjdź!
Gdy tylko zechcesz, przyjdź!
Będziemy razem żyć!
Ja będę czekać, przyjdź!
Gdy tylko zechcesz - przyjdź!...

La vie n'est pas un  théâtre  

La vie n'est pas un  spectacle, tu parles sans cesse et tu contes ;
Tu mets sans arrêt divers masques, trompeurs ;
Tout cela n'est qu'un jeu
Avec la porte ouverte ou fermée.
Qu'un jeu !  

La vie n'est pas un  spectacle, je te réponds ;
la vie n'est pas une mascarade multicolore,
la vie est plus terrifiante et plus grandiose encore ;
devant elle tout devient fade, la mort même est blême !

Toi et moi, deux pièces de théâtre !
Toi et moi !  

A toi, la vraie larme n'échappe pas,
Tu fronces seulement les sourcils
La douleur, tu ne l'avoues pas. 
Qu'un jeu !  

Moi, j'ai une âme qui m'écrase les épaules
Je suis  construit des blessures;
mais la faille est chez toi et non chez moi !

 

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Aujourd'hui, un banquet d'artistes,
nombreux invités, inaccessible élite.
Flirts et alcools ; une danse.
Puis la porte claquera 
et salut !  

Un moment j'y passerai, avant que cela ne gonfle,
quelques vodkas je boirai puis, je m'éclipserai,
dans la rue je sortirai, ma tête dans la fontaine je tremperai.


Je sortirai dans l'immensité, et un  poème enivrant, je créerai.
Toi et moi, deux pièces de théâtre !
Toi et moi !  

A toi, la vraie larme n'échappe pas
Tu fronces  seulement les sourcils
Ton rire ne passe pas.
Qu'un jeu !  

Moi, j'ai une âme qui m'écrase les épaules
Je suis bâti de blessures
Et mon rire fait s'esclaffer
Tout un monde entier  !

 

Życie to nie teatr

 

Życie to jest teatr, mówisz ciągle, opowiadasz;
Maski coraz inne, coraz mylne się zakłada;
Wszystko to zabawa, wszystko to jest jedna gra
Przy otwartych i zamkniętych drzwiach.
To jest gra!

Życie to nie teatr, ja ci na to odpowiadam;
Życie to nie tylko kolorowa maskarada;
Życie jest straszniejsze i piękniejsze jeszcze jest;
Wszystko przy nim blednie, blednie nawet sama śmierć!
Ty i ja - teatry to są dwa!
Ty i ja!

Ty - ty prawdziwej nie uronisz łzy.
Ty najwyżej w górę wznosisz brwi.
Nawet kiedy źle ci jest, to nie jest źle.
Bo ty grasz!

Ja - duszę na ramieniu wiecznie mam.
Cały jestem zbudowany z ran.
Lecz kaleką nie ja jestem, tylko ty!

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Dzisiaj bankiet u artystów, ty się tam wybierasz;

ści będzie dużo, nieodstępna tyraliera;

Flirt i alkohole, może tańce będą też,
Drzwi otwarte zamkną potem się.
No i cześć!

Wpadnę tam na chwilę, zanim spuchnie atmosfera;
Wódki dwie wypiję, potem cicho się pozbieram;
Wyjdę na ulicę, przy fontannie zmoczę łeb;
Wyjdę na przestworza, przecudowny stworzę wiersz.
Ty i ja - teatry to są dwa.
Ty i ja!

Ty - ty prawdziwej nie uronisz łzy.
Ty najwyżej w górę wznosisz brwi.
I niezaraźliwy wcale jest twój śmiech.
Bo ty grasz!

Ja - duszę na ramieniu wiecznie mam.
Cały jestem zbudowany z ran.
Lecz gdy śmieje się, to wkrąg się śmieje świat!

 

Avec lui tu seras plus heureuse

 

Comprends ce que je veux dire
Essaie de bien le comprendre
Comme les vœux les meilleurs, ceux  d'anniversaire
Ou ceux du nouvel an, peut - être encore les meilleurs
Prononcés à minuit d'une voix tremblante, et véritables  

Avec lui tu seras plus heureuse
Beaucoup plus heureuse tu seras avec lui
Moi, quoi -
Le vagabond, l'âme inquiète
Avec moi on ne peut
qu'aller dans la lande
et tout oublier
quelle époque, quel siècle
quelle année, quel mois, quel jour
et quelle heure
s'arrêtera
et laquelle commencera   

Ne pense pas que je ne t'aime pas
Ou juste un peu

Combien je t'aime, je ne dirai pas

car c'est indicible
Si énormément, et plus encore
Et justement, adieu
Comprends  bien, adieu  

Avec lui tu sera plus heureuse
Beaucoup plus heureuse tu seras avec lui
Moi, quoi -
Le vagabond, l'âme inquiète
Avec moi on ne peut
qu'aller dans la lande
et tout oublier
quelle époque, quel siècle
quelle année, quel mois, quel jour
et quelle heure
s'arrêtera
et laquelle commencera  

Avec moi on ne peut seulement
Que disparaître loin silencieusement
  

Z nim będziesz szczęśliwsza

Zrozum to, co powiem,
Spróbuj to zrozumieć dobrze
Jak życzenia najlepsze, te urodzinowe
Albo noworoczne, jeszcze lepsze może
O północy gdy składane
Drżącym głosem, nieskłamane

Z nim będziesz szczęśliwsza
Dużo szczęśliwsza będziesz z nim.
Ja, cóż -
Włóczęga, niespokojny duch,
Ze mną można tylko
Pójść na wrzosowisko
I zapomnieć wszystko
Jaka epoka, jaki wiek,
Jaki rok, jaki miesiąc, jaki dzień
I jaka godzina
Kończy się,
A jaka zaczyna

 

Nie myśl, że nie kocham
Lub że tylko trochę
Jak cię kocham, nie powiem, no bo nie wypowiem
Tak ogromnie bardzo, jeszcze więcej może
I dlatego właśnie żegnaj,
Zrozum dobrze, żegnaj

Z nim będziesz szczęśliwsza
Dużo szczęśliwsza będziesz z nim.
Ja, cóż -
Włóczęga, niespokojny duch,
Ze mną można tylko
Pójść na wrzosowisko
I zapomnieć wszystko
Jaka epoka, jaki wiek,
Jaki rok, jaki miesiąc, jaki dzień
I jaka godzina
Kończy się,
A jaka zaczyna

Ze mną można tylko
W dali znikać cicho

 

Le temps s'écoule et tue les blessures

 

Ecoute, abandonnée par lui,
L'inconnu ami :
dans ta détresse
sur le balcon, ne sors pas,
ne sors pas !
Sur le pavé élevé ne va  pas,
ne va pas !
Sur le trait de l'ombre ne cours pas !
Attends, seulement attends un peu !  

Ecoute, abandonné par lui
l'inconnue amie :
dans ta détresse
sur le balcon, ne sors pas,
ne sors pas !
Sur le pavé élevé ne va pas,
ne va pas !
Sur le trait de l'ombre ne cours pas !
Attends, seulement attends un peu !  

Je vous jure que le temps coule !
Qu'il s'écoule et tue les blessures !
Je vous jure.
Je vous jure.
Je vous jure qu'il passe !
Qu'il soigne les blessures, je vous jure !  

Donnez le temps au temps,
(Laissez le passage aux noirs nuages :
sur vous, à travers vous et entre vos lèvres
Ils sont déjà loin, derrière les montagnes.
Et voici, le jour arrive, le jour nouveau !)
Seulement laissez-lui le temps.  

Donnez le temps au temps.
Sinon  quel, quel,
Oh ! quel dommage
Ce serait pour nous !

Czas płynie i zabija rany

Posłuchaj, porzucony przez nią,
Nieznany mój przyjacielu:
W rozpaczy swojej
Nie wychodź na balkon, nie wychodź,
Do bruku z góry nie przychodź, nie przychodź,
Na smugę cienia nie wbiegaj,
Zaczekaj, trochę zaczekaj!

Posłuchaj, porzucona przezeń,
Nie znana mi przyjaciółko:
W rozpaczy swojej
Nie wychodź na balkon, nie wychodź,
Do bruku z góry nie przychodź, nie przychodź,
Na smugę cienia nie wbiegaj,
Zaczekaj, trochę zaczekaj!

Przysięgam wam, że płynie czas!
Że płynie czas i zabija rany!
Przysięgam wam, przysięgam wam,
Przysięgam wam, że płynie czas!
Że zabija rany  przysięgam wam!

Dajcie czasowi czas,
(Zwólcie czarnym potoczyć się chmurom
Po was, przez was i między ustami,
I oto dzień przychodzi, nowy dzień,
One już daleko, daleko za górami!)
Tylko dajcie mu czas,

Dajcie czasowi czas,
Bo bardzo, bardzo,
Bardzo szkoda
Byłoby nas!

Nuit ou l'attente du petit déjeuner

 

Penche-toi rose-dieu
penche-toi sur moi
comme une boucle d'oreille, rose-dieu  

Un vase pareil à mon oreille,
nulle autre ne peut y boire - que toi,

mais ta boucle est prise  

Pour la prière tu m'incites, oh m'incites
jusqu'à  l'éclair du couteau
enfoncé dans le tendre cœur d'une chèvre  

Avec toi, garder l'innocence est rude
Chaque lion aurait brûlé depuis des lustres.
Rien ne subsistera de sa crinière que la forêt de cendres !
Penche-toi rose-dieu
penche-toi sur moi, en moi
 

Nous éclaterons comme le soleil éclatera

 

 

Noc albo oczekiwanie na śniadanie

 


Ty się pochyl róża-bóg

ty się do mnie pochyl

i na ucho jak kolczyk róża-bóg

 

Moje ucho ma dzban

z niego pić tylko tobie nikomu

a twój kolczyk jak ucho ma dzban

 

O modlitwę mnie wabisz o, wabisz

że błysk noża

w najpiękniejsze serce kozy

 

Z tobą czystość zachować to gorzej

Każdy lew by się spalił już dawno

las popiołu z jego grzywy nic więcej

 

Ty się pochyl róża-bóg

ty się do mnie pochyl we mnie

 

Wytryśniemy jak słońce wytryśnie



L’Homme pour l’homme

 

L’homme est un loup pour l’homme
L’homme est une corde pour l’homme
Ne te laisse pas engouffrer
Ne te laisse pas  serrer  

L’homme est une pelle pour l’homme
L’homme est un traître pour l’homme
Ne te laisse pas anéantir
Ne te laisse pas  trahir  

L’homme est un fauve pour l’homme
L’homme est une peste pour l’homme
Ne te laisse pas bouffer
Ne te laisse pas crever  

L’homme est un ravage pour l’homme
L’homme est une foudre pour l’homme
Ne te laisse pas démolir
Ne te laisse pas assourdir  

L’homme est un loup pour l’homme
Ne te laisse pas vampiriser
L’homme est un proche pour l’homme
Auprès d’un proche tu peux cicatriser  

 

                                                                                      Człowiek człowiekowi              


Człowiek człowiekowi wilkiem
Człowiek człowiekowi strykiem
Lecz ty się nie daj zgnębić
Lecz ty się nie daj spętlić

Człowiek człowiekowi szpadą
Człowiek człowiekowi zdradą
Lecz ty się nie daj zgładzić
Lecz ty się nie daj zdradzić

Człowiek człowiekowi pumą
Człowiek człowiekowi dżumą
Lecz ty się nie daj pumie

Lecz ty sie nie daj dzumie

Człowiek człowiekowi łomem
Człowiek człowiekowi gromem
 Lecz ty się nie daj skruszyć
Lecz ty się nie daj zgłuszyć


Człowiek człowiekowi wilkiem
Lecz ty się nie daj zwilczyć
Człowiek człowiekowi bliźnim
Z bliźnim się możesz zabliźnić

La vie est un cheminement d’homme

 

La vie est un cheminement d’homme
Il se dirige là-bas,

Va là,

Il manque de souffle !
 

La vie d’un homme est un spectre fantasmagorique  

L’apparition
Tu veux la toucher,
Elle fuit  

Ce n’est rien !
Tant que dure la force,
Il faut rêver !
Je veux rêver !  

Ce n’est rien !
Tant que dure la force,

Je veux marcher

Je veux courir
Elle ne m'aura pas !

 

Wędrówką jedną życie jest człowieka


Wędrówką jedną życie jest człowieka:
Idzie tam,
Idzie tu,
Brak mu tchu!

Jak zjawa senna życie jest człowieka:
Zjawia się,
Dotknąć chcesz,
Lecz ucieka

 

To nic!
Dopóki sił,
Trzeba śnić!
Będę śnić!

To nic!
Dopóki sił,
Będę szedł,
Będę biegł,
Nie dam się!

 

Tango triste

 

Si c'était ainsi, comme une éclipse de soleil dans le cœur :
Soudain elle cessa de me voir 
Si  c'était ainsi, comme le tremblement de terre au Pérou :
Soudain elle cessa de m'entendre,
Si c'était ainsi,
Tel  un oiseau migrateur qui
se tue contre le phare marin

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Dans la plus profonde obscurité m'a bousculé la plus grande clarté.

Tango - le chant du deuil de la mauvaise engeance 
Tango - la pensée triste qui danse.
Avec au pied le boulet de la maudite mémoire
Avec dans le dos le couteau enfoncé jusqu'à la garde
Avec la démence qui des yeux déborde  

Qu'il en soit ainsi, une éclipse pour toujours :
Que le soleil ne se lève plus pour moi ;
Que le tremblement de terre soit partout
Qu'on me perde de vue
Qu'il en soit ainsi
Car je ne vis plus
Car spectre d'oiseau, l'oiseau est devenu

-------------------

Dans la nuit la plus profonde je danse jusqu'à l'aube noire  

Tango - le chant du deuil de la mauvaise engeance 
Tango - la pensée triste qui danse.
Avec au pied le boulet de la maudite mémoire
Avec dans le dos le couteau enfoncé jusqu'à la garde
Avec la démence qui des yeux déborde

Tango triste

To było tak, jak zaćmienie słońca w sercu:
Przestała naraz widzieć mnie;
To było tak, jak trzęsienie ziemi w Peru:
Przestała naraz słyszeć mnie;
To było tak,
Jak o latarnię morską
Rozbija się wędrowny ptak.
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W najgłębszą ciemność strącił mnie największy blask.

Tango - żałobny śpiew jak po szarańczy.
Tango - to smutna myśl, którą się tańczy.
Z kulą u nogi przeklętej pamięci,
Z nożem, co w plecach aż do rękojeści,
Z obłędem, co w oczach się nie mieści.

 

 

Niech będzie tak, że zaćmienie zawsze będzie:
Nie wyjdzie słońce dla mnie już;
Niech będzie tak, że trzęsienie ziemi wszędzie:
Zaginął wszędzie po mnie słuch;
Niech będzie tak,
Bo ja nie żyję wcale,
Bo duchem ptaka stał się ptak.
-----------------------------------------
W najgłębszej nocy tańczę do czarnego dnia.

Tango - żałobny śpiew jak po szarańczy.
Tango - to smutna myśl, którą się tańczy.
Z kulą u nogi przeklętej pamięci,
Z nożem, co w plecach aż do rękojeści,
Z obłędem, co w oczach się nie mieści.

Confiteor

 

Pieds nus  dans les rues du monde
Nus dans les rues du monde
Affamés dans les rues du monde
Mea culpa
Mea culpa
Mea maxima culpa !
La frayeur  mais imperceptible
Le crime mais invisible
La guerre mais sans fin

Mea culpa
Mea culpa
Mea maxima culpa !  

Perdu dans la jungle de la ville – mea culpa
Terrible mon indifférence – mea culpa 
Sans amour ni tendresse – mea culpa
Sans scrupule sans doute - mea culpa
Sans pardon dans le béton - mea culpa
Sur la pierre pousse la pierre - mea culpa
Manne manne narcomanie – mea culpa 
Où vas–tu à tâtons –mea culpa
Ne vient pas la fin des pleurs– mea culpa
Certains finissent clandestins – mea culpa
D’autres se lavent les mains – mea culpa
Autour de plus en plus d’êtres – mea culpa
Surhumain de trouver un humain – mea culpa
-         mea culpa mea maxima culpa

Confiteor

Bosi na ulicach świata
Nadzy na ulicach świata
Głodni na ulicach świata
Moja wina
Moja wina
Moja bardzo wielka wina!

Zgroza i nie widać końca zgrozy
Zbrodnia i nie widać końca zbrodni
Wojna i nie widać końca wojny
Moja wina
Moja wina
Moja bardzo wielka wina!

Zagubieni w dżungli miasta
- moja wina
Obojętność objęć straszna
- moja wina
Bez miłości bez czułości
- moja wina
Bez sumienia i bez drżenia
- moja wina
Bez pardonu wśród betonu
- moja wina
Na kamieniu rośnie kamień
- moja wina
Manna manna narkomanna
- moja wina
Dokąd idziesz po omacku
- moja wina
I nie słychać końca płaczu
- moja wina
Jedni cicho upadają
- moja wina
Drzudzy ręce umywają
- moja wina
Coraz więcej wkoło ludzi
- moja wina
O człowieka coraz trudniej
- moja wina
- moja wina!
- moja bardzo wielka wina!

Anathème sur la mort  

Il y a ceux qui naissent.
Il y a ceux qui meurent. 
Il y a ceux qui n'ont pas assez.
Oh ! féodale propriétaire de nos jours et de nos nuits
la belette des champs de morts, dévoreuse des derniers sueurs,
princesse des Tartares, fiancée éternellement jalouse,
troubleuse de l'eau, luxurieuse tentatrice,
moisissure des caves, mythique venin, empoisonneuse précoce,
fondatrice de lignage des Borgia,  muse du ghetto,
tour en os, arche en os, portail en os, rose en os,
rouille destructrice,  palmier d'impatience
caché dans la queue du paon, sombre machinerie,
drapeau assurément  mi - baissé,
étouffeuse d'étincelles, bruit dans la tête,
toi, qui permets de dévorer les blés
et les frêles céréales d'automne
Qui t'a donné cette arme perçante, grossière folle ?

 

Anatema na śmierć


Byli tacy co rodzili się

byli tacy co umierali

byli też i tacy, którym to było mało

o feudalna właścicielko naszych dni i nocy

łasico cmentarna, zjadaczko ostatniego potu

panno tatarskich, zazdrosna wszystkich narzeczono

mącicielko wody, lubieżna kusicielko

grzybie piwniczny, jadzie mityczny, wczesna trucicielko

założycielko rodu borgia, muzo getta, wieżo z kości

arko z kości, bramo z kości, różo z kości

rdzo trawestująca, palmo niecierpliwości

w ogonie pawia ukryta ciemna maszynerio

do pół masztu opuszczona niechybna bandero

iskry i morskich latarni gasicielko, szumie głuchy

ty, co zboże pozwalasz źrałe

i oziminy wiotkiej piękną niewiadomą

kto ci dał do ręki ostrą broń, zwyczajna ty wariatko!



Lettre à ceux qui restent
 

Je meurs

pour mes fautes et pour mon innocence

pour le manque, que je ressens avec chaque particule de mon corps

                   et chaque particule de mon âme

pour le manque qui me déchire en lambeau

comme un journal rempli de mots tapageurs

sans signification,

pour la possibilité de s'unir

avec l'Innommable, l'Anonymat, l'Ineffable 

                           et avec L'Inconnu

pour le jour nouveau

pour les magnifiques apparitions

pour les paysages inouïs

pour les réels mirages

pour le point au-dessus de l'epsilon

pour le mystère de la mort,

dans la crainte, dans la frayeur et dans la sueur

pour les évidences perdues,

pour la perte des clefs de la compréhension,

pour la minuscule étincelle de confiance ;

puisque la mort d'une graine 

       fait naître un fruit,

pour la solitude de l'agonie,

car chaque corps est un cadavre

car  c'est terriblement difficile et insupportable,

pour la possibilité de la transformation,

pour les malheurs des autres et pour le mien,

     que je porte sur moi et dans moi,

car il semble que tout est seulement un rêve,

un cauchemar

car il semble que tout est mensonge

car il semble que tout est absurde

car ici tout se détruit, pourrit

et tu n’as rien de durable hors la soif

                                d’immuabilité

car je ne suis plus de ce monde et peut-être

                     je ne l'ai jamais été

car il semble que pour moi il n'y a                    

plus de salut,

car je ne sais plus aimer d'amour terrestre                           

(…)

car je suis fatigué,

                      indescriptiblement épuisé

car j’ai assez souffert

car je suis déjà resté longtemps

dans la démence, littéralement

et corporellement crucifié ô combien

 

                   très réellement j’avais mal

car je voulais sauver du mal

tous les gens et le monde entier

et si cela n’est pas arrivé, je ne sais pas y trouver ma faute

car il semble, que je ne sers plus à rien ici

car je ne me sens pas trahi,

cela m’aurai permis plutôt de  vivre que de mourir ;

poursuivre et chercher le coupable, peut-être dans moi–même ;       

mais je ne me sens pas trahi

car si quelqu'un peut rester dans ce monde -

qu’il y reste et je lui souhaite beaucoup de santé,

et quand il lui faudra mourir -

                      que sa mort  lui soit légère,

car s’il s’agit de moi, je vais vers toi, le Père

                                                                berger                                   

pour retrouver enfin, peut-être

la quiétude méritée, je suppose,

               méritée, je suppose,

car même la démence ne m'était pas

                                                 épargnée,

car tout m'inflige de terribles souffrances

(…)

car je m'étouffe dans cette cage,

car solitaire est mon âme jusqu'à

                              la mort,

car finit à temps ma dernière feuille

et encore un pas et que Vive la Vie

car je me suis placé dans les origines,

car je suis attiré

par mon père

et je me placerai et je me placerai à la fin

                                je ne goûterai pas la mort

 

(…)

car celui qui dort ne fait de mal à personne

car je comprends la non – existence et la non – action

car j’aime mes frères Lao – Tse,

Bouddha et Jésus et j’aime tout le monde

et je ne condamne pour … 

 (…)

List do Pozostałych

Umieram
za winy moje i niewinność moją
za brak, który czuję każdą cząstką ciała
i każdą cząstką duszy,
za brak rozdzierający mnie na strzępy
jak gazetę zapisaną hałaśliwymi nic nie
mówiącymi słowami
za możliwość zjednoczenia się
z Bezimiennym, z Pozasłownym,
z Nieznanym
za nowy dzień
za cudne manowce
za widoki nad widoki
za zjawę realną
za kropkę nad ypsylonem
za tajemnicę śmierci
w lęku, w grozie i w pocie czoła
za zagubione oczywistości
za zagubione klucze rozumienia
z malutką iskierką ufności, że jeżeli
ziarno obumrze, to wyda owoc
za samotność umierania
bo trupem jest wszelkie ciało
bo ciężko, strasznie i nie do zniesienia
za możliwość przemienienia
za nieszczęście ludzi i moje własne,
które dźwigam na sobie i w sobie
bo to wszystko wygląda, że snem jest tylko,
koszmarem
bo to wszystko wygląda, że nieprawdą jest
bo to wszystko wygląda, że absurdem jest
bo wszystko tu niszczeje, gnije i nie masz tu
nic trwałego poza tęsknotą za trwałością
bo już nie jestem a tego świata i może
nigdy z niego nie byłem
bo wygląda, że nie ma tu dla mnie
żadnego ratunku
bo już nie potrafię kochać ziemską miłością
bo noli me tangere
bo jestem bardzo zmęczony,
nieopisanie wycieńczony
bo już wycierpiałem

 

bo już zostałem, choć to się działo
w obłędzie, najdosłowniej

i najcieleśniej ukrzyżowany i jakże
bardzo realnie mnie to bolało
bo chciałem zbawić od wszelkiego złego
ludzi wszystkich i świat cały i jeżeli tak
się nie stało, to winy mojej w tym
nie umiem znaleźć
bo wygląda, że już nic tu po mnie
bo nie czuję się oszukany, co by mi
pozwoliło raczej trwać niż umierać;
trwać i szukać winnego, może w sobie;
ale nie czuję się oszukany
bo kto może trwać w tym świecie -
niechaj trwa i ja mu życzę zdrowia,
a kiedy przyjdzie mu umierać -
niechaj śmierć ma lekką
bo co do mnie, to idę do ciebie Ojcze pastewny
żeby może wreszcie znaleźć
uspokojenie, zasłużone jak mniemam,
zasłużone, jak mniemam,
bo nawet obłęd nie został mi zaoszczędzony
bo wszystko mnie boli straszliwie
(tekst nieczytelny)

bo duszę się w tej klatce
bo samotna jest dusza moja aż do śmierci
bo kończy się w porę ostatni papier
i już tylko krok i niech Żyje Życie
bo stanąłem na początku, bo pociągnął
mnie Ojciec i stanę na końcu i nie
skosztuję śmierci
( . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . )


bo kto śpi nikomu krzywdy nie czyni
bo rozumiem nie-bycie i nie-czynienie
bo kocham braci moich: Lao-tse,
Buddę i Jezusa i kocham wszystkich ludzi
i nie potępiam za (tekst nieczytelny)
bo w szpitalu

 

Edward Stachura : poèmes

Alexandre et Katia Luchkin : peintures

http://www.geocities.com/lugannn/rea/index.htm

bleistift@rambler.ru

 

 

Traductions & présentation Mary Telus

marytelus@yahoo.fr

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