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par
Mary TELUS |
« seul celui pour qui la vie n’est
pas très dure est en mesure de l’apprécier »
Lao Tseu p.
18

SOMMAIRE
Ø
Choix
de 12 traductions originales par Mary Telus
Tu empêches les gens de dormir,
Tu les réveilles à la vie.
Edward Stachura est né en France
en 1937 dans une famille polonaise. Ses parents décident de revenir en Pologne
en 1948 alors que le jeune Edward avait déjà onze ans.
Cette
France quittée malgré lui va le poursuivre toute sa vie.
Il
étudie la philologie romane et son mémoire de fin d'études est consacré à Henri
Michaux.
Il
traduit : Henri Michaux, Gaston Miron, Jacques Brant et Michel Deguy ainsi que
les inédits de Baudelaire, Lautrémont, Valéry et Rimbaud.
Il
puise son inspiration poétique dans les poèmes de Rimbaud.
Il est chanteur et traducteur de chansons de
Jacques Brel et de Georges Brassens.
Après
sa première tentative de suicide Edward parle en français : "Doucement.
Rien ne vaut la modération. Doucement."
Le
24 juillet 1979 il se pend dans son appartement à Varsovie.
Edward traduit également de
l'espagnol. La Pologne peut le remercier pour les œuvres de : Ocatvio Paz, Ramon
Lopez Velarda, Jorge Luis Borges, Julio Cortazar, Onetti Gabriel, Garcia Marquez.
J'ai tellement couru de par le monde(…) Peut-être parce que je suis
un proscrit.
Ni Français, ni Polonais, ni Mexicain.
Je ne sentait pas la terre sous mes pieds, ma terre natale, comme
on dit" p.41
-
1966- voyage en Yougoslavie
-
1969/70 - un séjour au Mexique
-
1971 - un séjour au Moyen Orient
-
1972/73 - un séjour en Norvège
-
1973 - un voyage en Suisse puis en France
-
1974 - voyage aux Etats-Unis et au Canada
-
1978 - voyage à Paris
J'ai toujours écrit de tout mon cœur
p. 36
1957 - "Rêves retrouvés",
les premiers poèmes
1962 - "Un seul jour",
recueil de nouvelles
1963 -"Beaucoup de feu"
- le premier recueil de poèmes
1966 - "Je m'approche de toi"
- poèmes
1974 - "Soi" - poèmes
1969 - "Toute la clarté"
- roman
1974 - "Tout est poésie"-
essais
1979 - "Me résigner au monde"
- journal rédigé de la main gauche
Je suis prêt à mendier un peu de
paix. Qui pourrait m'offrir un peu de paix,
un peu de goût pour la vie ? "
p. 29

Stachura, Edward, Me résigner au monde, 1991
Le titre peut être traduit
: "Me réconcilier avec le monde",
une petite nuance de traduction qui montre que le poète et écrivain cherche
malgré tout une voie de secours.
Pour
apprécier ce journal il faut d’abord savoir dépasser son douloureux sujet. Comprendre
que tout changement pour chaque individu pose un problème majeur. Accepter le
fait que nous tous sommes en constante lutte intérieure : d’un côté entre
le désir de la vie, de l’harmonie et de l’autre entre la pulsion de la mort,
de la transgression et de la destruction.
Que
la souffrance provoque un fort désir de fuite, ers la mort, si on ne peut pas
faire autrement.
Le
journal de Stachura contient seulement 84 pages. Il est très concentré et décrit
la lutte contre sa maladie.
Edward
Stachura a écrit son journal après sa première tentative de suicide : il s’est
allongé sur les rails et en sorti mutilé. Il n'a pu
écrire son journal que de la main gauche.
C'est
son dernier essai pour
: "enfin trouver
l’apaisement " p. 17
J'ai retenu mes larmes.
Je ne suis ni vraiment vivant, ni
vraiment mort. p.35
On ne peut pas dissocier l'œuvre
de Stachura de sa vie. A quinze ans il rompt avec sa famille et décide "de devenir orphelin"
en coupant tous liens avec celle-ci. Il se cherche, il observe la vie avec du
recul. Elle le suit, reflète ses pensées.
D'abord
c'est une œuvre de jeunesse pleine d'enthousiasme et de confiance.
Edward
fige les instants de la vie. Il s'émerveille devant la nature et son harmonie.
"La nature respire la paix"
Puis,
vient la période de réflexion mystique et religieuse avec un recueil
d'essais.
Il
en arrive à la conclusion que la religion est le seul moyen pour pouvoir survivre.
"J'ai perdu mon TOUT" p.22 La dernière étape c'est le
renoncement, c'est le triste constat que jamais il n'apprendra à vivre.
Edward
Stachura est un grand poète des "petites" choses. Ces sujets, il les
puise dans la vie quotidienne et dans sa propre expérience. Lors de ses nombreux
voyages, il s'immerge à tel point dans
le pays qu'il en adopte la langue pour écrire. Il faut dire que le poète possède
une grande ouverture linguistique. Il n'apprend le polonais qu'à douze ans ;
il n'en maîtrisera jamais tout à fait la grammaire et l'orthographe.
Cela constitue sa grande force créatrice, il transgresse les règles, crée des
néologismes, devient un poète inventif.
Après sa mort Stachura devient une légende.
C'est un poète proche, auquel chacun peut facilement s'identifier.
C'est un rebelle en éternelle lutte pour la justice,
un chercheur de vérité,
C'est un homme plein de tendresse pour l'homme
et
sa poésie est un cri …
-
Introït (chant d'entrée)
-
Communion
-
N’importe où…
-
C’était qui au juste cette belle dame
qui cette nuit solitaire
m’a rendu visite ?
-
La vie n'est pas un théâtre
-
Avec lui tu seras plus heureuse
-
Le temps s'écoule et tue les blessures
-
Nuit ou l'attente du petit déjeuner
-
L’Homme pour l’homme
-
La vie est un cheminement d’homme
-
Tango triste
-
Confiteor
-
Anathème sur la mort
-
Lettre à ceux qui restent
Introït
(chant d'entrée)
Viens, homme, j'ai quelque chose à te dire
Il y a la place pour tout le monde
Installez-vous sur les routes,
Installez-vous en haut.
Installez-vous en bas.
Installez-vous sur le plat .
Il y a la place pour tout le monde
sous le grand toit du ciel, sur la terre que moi et toi aussi
Introit (Pieśń
na wejście)
Choć człowieku, coś ci powiem
Chodźcie wszystkie stany
Kolorowi, biali, czarni
Chodźcie zwłaszcza wy, ludkowie
Przez na oścież bramy
Dla wszystkich starczy miejsca
Pod wielkim dachem nieba
Rozsiądźcie
się na drogach
Na łąkach, na rozłogach
Na polach, błoniach i wygonach
W blasku słońca, w cieniu chmur
Rozsiądźcie się na niżu
Rozsiądźcie się na wyżu
Rozsiądźcie się na płaskowyżu
W blasku słońca, w cieniu chmur
Dla wszystkich starczy miejsca
Pod wielkim dachem nieba
Na ziemi, którą ja i ty też
Zamieniliśmy w morze łez
Communion
Si c'est une chose spontanée
Prends
Ce qu'on donne ici
Komunia
I jeżeli spontaniczna to rzecz
I jeżeli oczywista to rzecz
I jeżeli naturalna to rzecz
Weź
To co się tu daje
W imię słońca
I jego gońca:
Skowronka gwiżdżącego, amen
N’importe
où…
Où
que tu sois,
sors devant le portail !
Où que je sois,
C’est la fièvre
puisque tu n’y es pas
Où que tu sois,
C’est la fièvre
puisque j'y ne suis pas
Où que je sois,
Tu y es
Comme le silence,
Comme deux pommes
Gdziekolwiek
Gdziekolwiek jesteś,
Wyjdź za bramę!
Idź na pola,
Słysz wołanie!
To ja wołam.
Gdziekolwiek jestem,
To mnie nie ma.
Jest maligna,
Bo cię nie ma.
Jest pustynia
Gdziekolwiek
jesteś,
Też cię nie ma.
Jest maligna,
Bo mnie nie ma.
Jest pustynia.
Gdziekolwiek jestem,
Tam ty jesteś.
Tak jesteśmy
Jak milczenie
Po tej pieśni.
Jak dwa jabłka
Na czereśni.
C’était
qui au juste cette belle dame
Personne ne connaît le chemin des étoiles ;
Quel est l’élu parmi nous ?
Quelqu’un frappe
J’ai traîné comme une ombre,
J’attendais ce jour là
et tu es devant la porte…
S’il te plaît, rentre !
A
Le mieux est de ne rien dire
Timidement s’approche l’aurore.
Le coq chante déjà.
Tu remets tes habits démodés.
Déjà tu es à la porte…
Alors tu dois partir,
Tu m’envoies à travers le seuil
ton sourire éphémère,
Je veux attendre, viens !
Quand tu veux, viens !
On va vivre ensemble !
Je veux attendre, viens !
Kim właściwie była ta piękna pani
co dzisiejszej nocy w mojej samotni mnie odwiedziła?
Nikt nie zna ścieżek gwiazd;
Wybrańcem kto wśród nas?
Zapukał ktoś...
To do mnie gość?!
Włóczyłem się jak cień,
Czekałem na ten dzień;
I stoisz w drzwiach...
Jak dziwny ptak.
Więc bardzo proszę, wejdź,
Tu siadaj, rozgość się
I zdradź mi, kim tyś jest,
Madame?
Albo nie zdradzaj mi,
Lepiej nie mówmy nic.
Nieśmiało sunie brzask,
Zatrzymać chciałbym czas.
Inaczej jest...
Czas musi biec.
Gdzieś w dali zapiał kur,
Niemodny wdziewasz strój,
Już stoisz w drzwiach...
Jak dziwny ptak.
Więc jednak musisz pójść,
Posyłasz mi przez próg
Ulotny uśmiech swój,
Madame...
Lecz będę czekać, przyjdź!
Gdy tylko zechcesz, przyjdź!
Będziemy razem żyć!
Ja będę czekać, przyjdź!
Gdy tylko zechcesz - przyjdź!...
La vie
n'est pas un théâtre
La vie n'est pas un spectacle,
tu parles sans cesse et tu contes ;
La vie n'est pas un spectacle,
je te réponds ;
Toi et moi, deux pièces de théâtre !
A toi, la vraie larme n'échappe pas,
Tu fronces seulement les sourcils
Moi, j'ai une âme qui m'écrase les épaules
-----------------------------------------
Aujourd'hui, un banquet d'artistes,
Un moment j'y passerai, avant que cela
ne gonfle,
quelques vodkas je boirai puis, je m'éclipserai,
dans la rue je sortirai, ma tête dans la fontaine je tremperai.
Je sortirai dans l'immensité, et un poème
enivrant, je créerai.
A toi, la vraie larme n'échappe pas
Tu fronces seulement les sourcils
Moi, j'ai une âme qui m'écrase les épaules
Je suis bâti de blessures
Życie to nie teatr
Życie
to jest teatr, mówisz ciągle, opowiadasz;
Maski coraz inne, coraz mylne się zakłada;
Wszystko to zabawa, wszystko to jest jedna gra
Przy otwartych i zamkniętych drzwiach.
To jest gra!
Życie to nie teatr, ja ci na to odpowiadam;
Życie to nie tylko kolorowa maskarada;
Życie jest straszniejsze i piękniejsze jeszcze jest;
Wszystko przy nim blednie, blednie nawet sama śmierć!
Ty i ja - teatry to są dwa!
Ty i ja!
Ty - ty prawdziwej nie uronisz łzy.
Ty najwyżej w górę wznosisz brwi.
Nawet kiedy źle ci jest, to nie jest źle.
Bo ty grasz!
Ja - duszę na ramieniu wiecznie mam.
Cały jestem zbudowany z ran.
Lecz kaleką nie ja jestem, tylko ty!
---------------------------------------------------
Dzisiaj bankiet u artystów, ty się tam wybierasz;
ści będzie dużo, nieodstępna tyraliera;
Flirt
i alkohole, może tańce będą też,
Drzwi otwarte zamkną potem się.
No i cześć!
Wpadnę tam na chwilę, zanim spuchnie atmosfera;
Wódki dwie wypiję, potem cicho się pozbieram;
Wyjdę na ulicę, przy fontannie zmoczę łeb;
Wyjdę na przestworza, przecudowny stworzę wiersz.
Ty i ja - teatry to są dwa.
Ty i ja!
Ty - ty prawdziwej nie uronisz łzy.
Ty najwyżej w górę wznosisz brwi.
I niezaraźliwy wcale jest twój śmiech.
Bo ty grasz!
Ja - duszę na ramieniu wiecznie mam.
Cały jestem zbudowany z ran.
Lecz gdy śmieje się, to wkrąg się śmieje świat!
Avec
lui tu seras plus heureuse
Comprends ce que je veux dire
Avec lui tu seras plus heureuse
Beaucoup plus heureuse tu seras avec lui
Ne pense pas que je ne t'aime pas
Ou juste un peu
Combien je t'aime, je ne dirai pas
car c'est indicible
Avec lui tu sera plus heureuse
Avec moi on ne peut seulement
Que disparaître loin silencieusement
Z nim będziesz
szczęśliwsza
Zrozum to, co powiem,
Spróbuj to zrozumieć dobrze
Jak życzenia najlepsze, te urodzinowe
Albo noworoczne, jeszcze lepsze może
O północy gdy składane
Drżącym głosem, nieskłamane
Z nim będziesz szczęśliwsza
Dużo szczęśliwsza będziesz z nim.
Ja, cóż -
Włóczęga, niespokojny duch,
Ze mną można tylko
Pójść na wrzosowisko
I zapomnieć wszystko
Jaka epoka, jaki wiek,
Jaki rok, jaki miesiąc, jaki dzień
I jaka godzina
Kończy się,
A jaka zaczyna
Nie
myśl, że nie kocham
Lub że tylko trochę
Jak cię kocham, nie powiem, no bo nie wypowiem
Tak ogromnie bardzo, jeszcze więcej może
I dlatego właśnie żegnaj,
Zrozum dobrze, żegnaj
Z nim będziesz szczęśliwsza
Dużo szczęśliwsza będziesz z nim.
Ja, cóż -
Włóczęga, niespokojny duch,
Ze mną można tylko
Pójść na wrzosowisko
I zapomnieć wszystko
Jaka epoka, jaki wiek,
Jaki rok, jaki miesiąc, jaki dzień
I jaka godzina
Kończy się,
A jaka zaczyna
Ze mną można tylko
W dali znikać cicho
Le temps
s'écoule et tue les blessures
Ecoute, abandonnée par lui,
L'inconnu ami :
Ecoute, abandonné par lui
Je vous jure que le temps coule !
Donnez le temps au temps,
Donnez le temps au temps.
Czas płynie i
zabija rany
Posłuchaj, porzucony przez nią,
Nieznany mój przyjacielu:
W rozpaczy swojej
Nie wychodź na balkon, nie wychodź,
Do bruku z góry nie przychodź, nie przychodź,
Na smugę cienia nie wbiegaj,
Zaczekaj, trochę zaczekaj!
Posłuchaj, porzucona przezeń,
Nie znana mi przyjaciółko:
W rozpaczy swojej
Nie wychodź na balkon, nie wychodź,
Do bruku z góry nie przychodź, nie przychodź,
Na smugę cienia nie wbiegaj,
Zaczekaj, trochę zaczekaj!
Przysięgam
wam, że płynie czas!
Że płynie czas i zabija rany!
Przysięgam wam, przysięgam wam,
Przysięgam wam, że płynie czas!
Że zabija rany przysięgam
wam!
Dajcie czasowi czas,
(Zwólcie czarnym potoczyć się chmurom
Po was, przez was i między ustami,
I oto dzień przychodzi, nowy dzień,
One już daleko, daleko za górami!)
Tylko dajcie mu czas,
Dajcie czasowi czas,
Bo bardzo, bardzo,
Bardzo szkoda
Byłoby nas!
Nuit
ou l'attente du petit déjeuner
Penche-toi rose-dieu
Un vase pareil à mon oreille,
nulle autre ne peut y boire - que toi,
mais ta boucle est prise
Pour la prière tu m'incites, oh m'incites
Avec toi, garder l'innocence est rude
Chaque lion aurait brûlé depuis des lustres.
penche-toi sur moi, en moi
Nous éclaterons comme le soleil éclatera
Noc albo oczekiwanie
na śniadanie
Ty się pochyl róża-bóg
ty się do mnie pochyl
i na ucho jak kolczyk róża-bóg
Moje ucho ma dzban
z niego pić tylko tobie nikomu
a twój kolczyk jak ucho ma dzban
O modlitwę mnie wabisz o, wabisz
że błysk noża
w najpiękniejsze serce kozy
Z tobą czystość zachować
to gorzej
Każdy lew by się spalił
już dawno
las popiołu z jego grzywy nic
więcej
Ty się pochyl róża-bóg
ty się do mnie pochyl we mnie
Wytryśniemy jak słońce
wytryśnie
L’Homme
pour l’homme
L’homme est un loup pour l’homme
L’homme est une pelle pour l’homme
L’homme est un fauve pour l’homme
L’homme est un ravage pour l’homme
L’homme est un loup pour l’homme