Coup
de cur pour ce récit qui raconte, avec beaucoup de candeur,
une quête damour familial mais jamais dans le ton des
victimes qui s'apitoient sur leur sort.
Si
la narratrice se cherche une famille dadoption, un lieu dacceptation
et de chaleur, cest que cette amoureuse des mots est née
dans une maison où les mots font très mal. Là,
on la traite de « grosse torche » et de « ma criss
de folle », on lui répète de « faire de
lair» et on lui reproche son « air de beu ».
Dès
lâge de quatre ans, son cur ny est plus
et au fil du temps, elle en arrive à quitter cette famille,
où elle est constamment bousculée, ignorée
ou négligée. Se déclarant « orpheline
», la mal-aimée ira alors cogner à plusieurs
portes.
Truffée
de perles littéraires, cette chronique, de style «
confession » senracine peut-être dans une dure
réalité mais elle se lit comme une douce fiction.
Jai suivi, avec grand intérêt, cette mendiante
damour dans tous les chapitres de sa croissance.
Dabord,
elle veut bien se faire adopter par le bouleau jaune qui labrite
à quelques pas de l'entrée de la maison. Cest
ce quelle appelle sa famille naturelle
Vient
ensuite son désir de se faire materner par son enseignante
du préscolaire. Qui na pas connu de ces enfants aux
cheveux ébouriffés et aux habits fripés qui
saccrochent à notre coeur et qui, de leur regard triste,
nous supplient pour quelques miettes de bonté? Trouvera-t-elle
sa place dans cette famille maternelle?
Toujours
affamée, lorsquelle fait son primaire en étudiant
chez les religieuses, elle se fait proche de sa famille de Dieu.
Puis
elle vieillit et se cherche une sur de sang ou un frère
siamois
ce sont ses histoires de grande amitié et de
premier amour. Où est sa place dans cette constellation familiale
mal définie?
Sa
recherche didentité et dappartenance lamènera
dans sa « famille délection » où
elle travaillera comme bénévole pendant une période
électorale.
Toujours
en manque de tendresse, ladolescente restera quelques mois
chez une commerçante en Espagne mais encore une fois, elle
ny trouvera pas lamour inconditionnel quelle cherche
tant à trouver sur sa route. Chapitre savoureux que l
écrivaine, au cur candide a intitulé
«
Ladoption internationale ».
Jai
beaucoup aimé la plume imagée de Marie Gaudreau. Si
La fille adoptive est son troisième roman, ce ne sera certes
pas son dernier. Auteure à suivre!
Maintenant,
je vous lance le défi de lire ce livre sans vous y reconnaître?
Nous
sommes toutes et tous, par moments, ces enfants qui errent à
la recherche dune terre daccueil.
Bonne
lecture!
Lysette
Brochu
www.lysettebrochu.com
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