Alfons Navarret Xapa(Alfara, 1974 - País Valencià)(Traduit du catalan par Ricard Ripoll) |
Littérature en |
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Il écrit depuis longtemps, même si ce ne fut qu’à la fin du millenium qu’il a commencé a trouver la clé pour accéder à la lettre imprimée. Ainsi, entre lecture et lecture, et après une période très riche de récitant déambulant dans diverses villes valenciennes, il eut la chance d’être le lauréat de quelques concours de poésie, parmi lesquels il convient de mettre en valeur les plus récents : prix Miquel Àngel Riera pour jeunes, organisé par la Fondation Sa Nostra et publié en 2002 sous le titre : En blanc ; et le prix Ville de Lloseta en 2003 que publieront les éditions Moll. Nous pouvons également le trouver en train de collaborer à un espace de littérature a Ràdio Jove de Palma, en train d’organiser la pagaille d’une publication sur la toile, la revue « Literària », et en train d’imaginer d’autres projets aussi bien nationaux qu’intergalactiques. D’autres œuvres à citer :Com qui contempla la mar ( Comme l’on contemple la mer, Universitat Politècnica de València), Els versos d'Araflà ( Les vers d’Arafla, éditions Setimig), o Genealogies i desencontres ( Généalogies et évitements, Aj. de Catarroja), alors que pour un public plus jeune (ou pas) il y a le livre Les veus del món ( Les voix du monde, éditions Capaltard). Finalement, il ne reste plus qu’à inclure à tout cela l’hommage collectif à l’un des grands poètes de notre siècle, en langue catalane (valencien), Vicent Andrés Estellés, Hommage (éditions Capaltard). Quelques textes
Dans un vers
Dans un vers, J’aurais pu survivre dans un vers. Quand viendra la nuit, Je lui prendrai son parfum – de façon absurde Pour sentir ainsi sa transpiration. Dans un vers – la peau dans un seul Vers – je trouverai la mort de quelques Arbres de ma cour, usés comme des mensonges, Et les murs qui attrapent cette lumière Dans les corolles d’un lierre Qui devra me fournir toujours tant de paix, Avec son écume, grise et blanche, et plus tard dure ; La chambre fuit lentement, à peine Survit-elle avec le souffle, l’obscurité et l’absurdité De devoir dilapider toutes les traces.
Le long hiver Le temps m'effraye : Oiseau de l’air aux pauvres souvenirs , J’échappe à la furie de tant de minutes Que j’ai peu à peu perdues entre les Arbres domestiques de la mort. Tu m’appelles comme s’il s’agissait d’un étrange mirage, Mirage de ces naufrages de sel De tes draps, qui cloisonnent insupportablement Cette usure, Et tu es de nouveau tellement cruel. Le temps recommence Dans les papillons perdus d’un Oubli rancunier ; souci Et, au milieu, de longues promenades Sur la plage stérile de l’armoire, tes Lèvres au rythme de trois par mort ; Et tu écoutes encore le son impossible, L’énigme brisée de ce long hiver.
On te veille à Joan Vinyoli On te veille, malgré ce printemps Aigre, assez insomniaque Sur la peau, On te veille, sans savoir que Tu es parti depuis longtemps, Ayant fermé la porte et laissé Un flocon de fils de coton dans L’armoire, tellement vide Maintenant – on te veille, Debout, trop sérieux – Mais dans le vent allumé Il y a de damnées figures de Fleurs sauvages qu’aucune Femme ne pourra porter à son sein perdu, Et l’on n’a pas plus pensé A aucun moment à elles, Tant d’heures devant Ton absence, et ils ne te Connaissent pas, ils ne devinent pas Qu’ils se trompent, qu’ils ne pourront pas Te trouver dans le minuscule sac de cendre Devant lequel tous défilent pour contempler Celui qui fut un grand poète, Et de tes vers ils construisent la Farce, la plus grande chimère, D’un oubli comme le sommet D’une butte, où le blanc ocre De ton cœur jamais ne termine sa Pulsation limpide, évidente amnésie.
Le chant Changerait-il, le chant dans l’ombre Sèche si tu l’embrassais, Alors que les salves des draps Voilent encore des oreillers Et de chaudes matinées ? Changerait-elle, la trace sa Trouble poussière si aujourd’hui chaque diamant Etait d’une beauté négligée Et les feuilles nous évitaient de Leur ombre, épilepsie des Cauchemars les plus fragiles ? Entre le récif, froid de mer, Entre le chardon superbe des regards, Tu es partie tellement de fois que là Nous ne saurons plus en quels Endroits te chercher.
Le pardon No juge pas ainsi, aussi vite, Ce que tu ne connais en rien. Son nom est amer à tes oreilles. Non, vous ne pouvez pas l’entendre maintenant. Elle t’a trahi il y a peu, Et tu te souviens encore des longues nuits ensemble De caresses ardentes et de mots désespérés. Mais ne juge pas aussi vite Les raisons que tu n’as jamais connues. Son visage est maintenant perdu, il traverse les Souvenirs et demande – il te demande Un dernier pardon, pour te voler ce jaillissement de rage. Fais-lui plaisir, dis-lui Oui avec la tête, en silence, Tout en un humble et simple hommage A tous ces jours qui te rêvent encore la vie. Alfons Navarret Poèmes tirés du livre En blanc
Trois poèmes C’EST MOI. Je me réveille. Dans un jour gris, comme un nouveau jour Egalement gris, ou comme la plupart Des jours, que l’on amasse Contre les murs, en sac de ciment Et pleins de poussière. Je sais qu’il faut, il le faut sûrement, Déserter de temps en temps De cette vieille biographie, successive, Automatique, comme d’un reportage Très, trop long, mais qui ne dit Rien, véritablement, ou n’apporte Que peu de chose. Je lève les Bras. Du lit, du fond De l’absence, chaque seconde ou chaque Eclair railleur apporte beaucoup et même Un grand vide. De cette absence je parle, Comme de moi-même. Et de nouveau l’on est, l’un Pour l’autre, la vieille rengaine. Un calque. Un Vieux sarcasme.
-------------------------- LE LAIT bout, une étrange sorte D’enfer le trahit; Du blanc corrompu naissent Des bulles qui éclatent Comme venant d’une arme invisible, Avec un silencieux. Avec Quelle neige l’auront-ils teint, Avec quelle envie le camoufleront-ils Dans un brique infâme ? Le réveil arrêté dit qu’il Pourrait être quatre heures, avec La septième minute sur le point de joindre Son destin. Si de lui il en dépendait, la torture Du liquide n’aurait pas de fin, ou alors elle durerait Trop, elle terminerait par s’évaporer, En laissant du noir, comme des bouts De charbon ou de pupille dans la casserole. Je l’éteins. Lui Aussi a le droit de ne pas trop souffrir. Pour lui Je pourrais être presque un dieu, qui marque Son destin. L’immortalité serait-elle Un peu de sucre et de café ?
--------------------------- AU MILIEU du parc, Assis sous un arbre étonnamment Vieux, un de plus, anonyme entre Tous, j’ai lancé des cailloux et des bouts de bois Contre ma biographie, Elle, elle les retire et en fait un petit tas Infime. Je Pourrais ainsi y passer des heures et des songes, Moi me défaisant De la conception éplorée de moi-même Sur le sol, Elle me suçant les chaussures, avec Une fausse noirceur et les yeux dupés A force de compassion. Si elle disparaissait un jour, il est possible Que moi-même je ne la regrette pas. Je continuerais ce jeu perplexe De lanceur frustré De silences, médiocre tel un expert. En agressant mes yeux et se sachant Un de plus, un de plus dans un parc, sur un Banc, comme s’assoient toutes les ombres. |
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