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Quatre
poèmes d'Antoni
Albalat |
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Zen (Les pieds du brouillard)
Ma
mère au dîner me donne, Une
tomate et du jambon, Elle
me dit qu’il n’y a pas de phosphates. Mais
cela m’est complètement égal : J’ai
toujours été un littéraire ! Le
dernier e-mail (La plume en verre) Je
vois les escargots se traînant indolents sur les feuilles si brillantes
et aiguisées que la tempête a rafraîchi. Ces escargots sont poussés
par l’inquiétude, cette toile d’araignée qui s’étend entre le bruissement
des joncs près du ruisseau, qui seront des flûtes quand les enfants
seront en vacances. Les
fichiers informatiques, encodés. Sur l’écran, un petit poisson frétillant
sourit au moment de recevoir ton dernier e-mail.
La
rotondité des fromages (La plume en verre) La
fausseté gagne les arbres qui amassent des chenilles gloutonnes, fades,
des papillons aériens au futur très flou. La rotondité des fromages
débouche sur un assassinat intempestif commis sous le petit bois de
peupliers qui distille la musique du petit ruisseau souriant. Aériens,
suspendus au ciel les corbeaux, cerfs-volants immobiles à l’horizon
et cette obsession solsticiale.
Conte
morphologiquement correct (La plume en verre)
La
sorcière avait un chat très blanc qui, évidemment, était tout noir.
Le pommier du jardin donnait des pommes très alléchantes, mais toutes
empoisonnées. La fille du roi promenait ses pieds nus, très blancs,
sur les galets du ruisseau. Vladimir Propp ne disait rien à propos des
couleurs de la maisonnette de Baba Iaga, pourtant tout portait à croire
qu’on l’avait peinte récemment aux couleurs du midi. Le conte s’achevait
avec la fraîche obscurité humide d’un puits très profond sur lequel
penchaient des buissons de fougères. |