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Le vent s'est levé depuis les sables anciens. Chaque
mot effacé emporte un brin de moi et je me disperse,
me perds dans le vent, aux voiles de mes bras. Je vole dans
l'air de la vie qui s'éteint, respire, étouffe
les naissances et la voix.
Chaque jour vient chargé de nouvelles traces sur
les visages,multiplie les cernes du temps.
Je ne suis qu'une attente sans arrivée, sans quai,
sans fin. Un avion de papier couleur sans piste
d'atterrissage, plié sous un rocher du pays du ciel
qui cherche un phare au Sahara.
Les grains se sont soulevés depuis les âges.
Ils emplissent nos couleurs, les yeux, ma bouche et notre
ventre. Foulée, éparpillée par les
anges et les hommes, la terre que je suis n'a pas de lieu
pour moi. Je garde en mémoire l'odeur de la
poussière des joies.
Enveloppée dans les mots d'une langue qui nous
nie, je vole vers les mirages labyrinthes où j'ai
laissé glisser le ciel, l'air et le soleil.
Chaque seconde parle, ouvre la vie au couteau pour la
vider. Je m'envole, j'écris dans la tempête de
sable et je bois le vent, les grains pour ne pas nous
éteindre, vidés aussi.
Au bout du jour qui enveloppe ma gorge, lorsque l'encre
manquera, la nuit m'aimera vraiment et m'offrira son encre.
Ma noire, ma belle, c'est en elle et par elle que je
continuerai jusqu'à toujours, au-delà de
vivre.
Une écharpe sur mon visage pour oublier le froid,
je continuerai à écrire à l'encre de la
nuit, seule, dans le noir.
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