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Une photographie de Mari Mahr

Ici je te parle toujours...

par Mathieu Boily

 

ici je te parle toujours
et pas parce que je le veux remarque
le pied de neige a augmenté dans ma vitre depuis
et tu as poussé encore un peu dans mes rêves
tu sais les simples stupides rêves
ceux mettons où on se retrouve à la pharmacie
au bord d’une piscine à qui on sait pas
en train de chercher une prise
pour une rivière sans courant
tu sais ceux qu’on oublie aussitôt
les trop banals les cons les vrais
ceux qui tiennent la route

les plus chiens

mais qu’est-ce que tu fais-là encore
et pourquoi hier encore
mettons

la fenêtre a pris un bleu
ça sert plus à rien d’y jeter un œil maintenant
la chambre est une cataracte grosse comme ça
j’y vois plus bien bien
mais je reste ici
c'est tout ce que je peux faire

à manger de l’hiver
de toutes parts
à manger de l’absence

et ça se mange froid
l’absence

à ce que je vois en tout cas

                                                                       Mathieu Boily