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Toile
de Silvaine
Arabo
| L'oiseau
par Silvaine Arabo |
Il déploie les grandes ailes de la Béatitude. Espace est son
parcours A la fois Mercure Simorg, oiseau ka. Navette
entre les couches d'une stratosphère nommée Conscience,
Allégorie de plumes- Ebouriffement. Point géométrique des
grands circuits de l'air Des voies maritimes de l'air.
Perche sur l'arbre des morts, il contemple : Témoin et
distance.
S'il s'envole c'est pour Moindre un jour le soleil. Satellite.
Parcourt d'infinies distances dont le centre est Immobilité
Sait utiliser les vents. A la nage sur les courants. Sait
mesurer l'infime et la brindille.
Ne connaît ni le froid ni la faim. Circule, invisible, au milieu
des conversations oiseuses et des grandes marées qui font
l'amour à la lune.
Il a le col vert - ou bleu - l'irisation -de ce qui mute, de ce qui mue, de ce
qui se meut.
Il est Mouvement, cadran solaire d'un autre espace, d'un
autre temps.
Il est le jumeau des vents antagonistes qui parcourent la
terre : redoutable est son bec.
Se mire dans l'eau des Signes, toujours. Augure est son
vol. Pour qui sait pré-voir.
Densité. Légèreté.
Une seule plume sur la balance de Maât a inverse tous les
Destins. Justice et tragédie. Subtil gardien du seuil.
Il clame à tous vents la Victoire de la Mère, arborant la
Roue, l'éternel va-et-vient de ce qui revient puis repars
et puis revient
Oiseau d'Héra
Et Coq, parfois, donnant l'alerte et sauvant la Ville.
Ce qui n'est pas palpable : ce duvet du peu qui s'incarne.
Du Rien. Du tout
Je t'ai entendu le soir, sur les terrasses blanches, quand la
mer renvoie tous ses Magnificats
Je t'ai reconnu au bas des vignes et sur ma fenêtre, dans le
minuit de l'autrefois,
Quand l'être en allé revient
Pour dire tout son amour
Qu'il était troublant ton Chant !
Seul ici, sel de la terre, métaphore de l'enfance. D'une
Conscience autre.
Visités de ta Grâce : les enfants, les poètes et les fous.
Ceux qui lâchent prise et s'en vont glanant les mots
Vivants du génial Dramaturge.
Harmonisation des chants Suggestions d'ailes, Effleurant à
peine Si fortes cependant !
Tu nettoies les déserts, tu es ce chant du vent dans les
branches, ce peu qui murmure autour des volières du
Coeur Rouge bigarré pour y faire croire.
Tu es Souffle, grandes ailes du Chéroubim veillant sur les
Hespé id es : Epée tournoyante Qui l'ait siffler les vents,
Transformant cri feu la subtilité de l'air qui t'anime,
résorbant toute apparence des contraires.
Et quand tu descends, quand tu meurs - 0 douleur - dans
l'agonie mélancolique de l'analogie, c'est pour mieux
renaître :
sublime cendre
centre du Feu et de l'Air,
Éther !
Impensable Éther - Oiseau - parmi tous les Phnix du
renaître avant l'ultime de la Vraie Vie.
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Extrait de "Regards
corpusculaires"
Editions La Bartavelle,
Collection "modernités", 1998.
Silvaine Arabo |
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