hb5.jpg (14347 octets)

Editorial du 2 avril 2000

par

Huguette Bertrand

Projecteur sur Huguette Bertrand
par Layla Zhour
Bio-bibliographie
Editorial du 6 juin 1998
Son espace poétique

Treize  poèmes :

[ 1 ]  [ 2 ]  [ 3 ]   [ 4 ]  [ 5]   

[ 6]    [ 7]  [ 8 ]  [ 9 ]  [ 10 ]

                    [ 11 ]  [ 12 ]  [ 13 ]

Bien le Bonjour.

On m'a demandé un édito, sauf que... j'ai du mal à m'adapter à ce style. Bon!... Je peux vous livrer quelques-unes de mes pensées sur un sujet qui me tient à coeur depuis l'automne 1995, moment où je fis mon entrée sur Internet. Il s'agit évidemment de la publication d'oeuvres littéraires sur Internet, en particulier la poésie puisque c'est mon champ d'activités. Certains disent que je suis une pionnière dans mon genre, ce qu'il me faut bien admettre. C'est un fait. J'ai exploré l'avenue poétique sur le web à ses débuts, à la recherche d'autres qui, comme moi à cette époque que je nomme la préhistoire, avaient l'audace de publier sur Internet. Il y en avait très peu si on compare à aujourd'hui. Le web est fleuri de poésie francophone; il est heureux qu'elle puisse être véhiculée généreusement par tous ceux qui expriment des émotions et qu'elle soit accessible au grand public d'un simple clic du bout du doigt. Chose plutôt rare au moyen du livre puisqu'il faut d'abord l'avoir en mains. De plus, Internet amène des échanges enrichissants et stimulants sur le plan de la créativité, favorise très souvent des dialogues entre poètes et lecteurs d'où qu'ils viennent, sans distinction de frontière, permet d'apprendre à nous connaître avec nos mentalités respectives. Cette convivialité apporte beaucoup en autant qu'on lui accorde de l'importance.

Pour en revenir au particulier, j'ai présenté mon premier recueil numérisé le 15 décembre 1995 et en aucune façon je céderai mes droits d'auteur à un quelconque éditeur de livres. Le web est un espace libre pour des êtres libres de toutes contraintes, sauf celle de respecter une éthique égale à la production en livre. De plus en plus de gens parviendront, j'en suis convaincue, à considérer les oeuvres présentées sur le web, aussi valables que celles publiées en format livre. C'est la tâche à laquelle je m'emploie depuis tout ce temps, et m'emploierai aussi longtemps que les auteurs sur Internet ne seront pas perçus comme des écrivains offrant une qualité d'écriture incontestable.

Bien sûr qu'un bon nombre de personnes entretiennent l'espoir que leurs poèmes sur le web soient remarqués par les éditeurs de poésie. Espoir fort légitime quand la chose ne vous est jamais arrivée. Mais quand on sort de la voie traditionnelle, on ne songe plus, je dirais, à y retourner. Quelle dépense d'énergie! Que de déplacements! Pour récolter quoi? Une valorisation de soi, la complaisance entre collègues, de maigres dividendes, si peu, car la poésie ne se vend tout simplement pas, parce que les recueils ne figurent pas dans les vitrines chez les libraires et qu'ils sont retirés des rayons au bout de quelques mois. Comment peut-on vendre la poésie dans ces conditions? Non merci. Je donne gratuitement sur le web en compagnie d'autres poètes et, ma foi, nous en retirons un bénéfice incalculable sur le plan humain. Quand nous parlons poésie, nous nous exprimons en langage amoureux. Et l'amour, l'amitié, ça n'a pas de prix!

Ainsi parlait l'une des poètes du Net. Non pas dans un style très conventionnel, mais plutôt décontracté. À la manière Bertrand!

Huguette Bertrand