| Ce
texte a été écrit en réaction à
une pétition contre l'arrêt de l'accès gratuit
du Louvre aux artistes. On trouve cette pétition à
l'adresse : http://www.fraap.org/
J'aimerais ajouter
un témoignage concernant l'accès de plus en plus réduit
des musées aux artistes.
En voici un exemple. En avril dernier, j'ai fait un voyage à
Berlin. Je suis allée voir à la Nouvelle Galerie nationale
une expo présentant les oeuvres du MOMA. Comme à l'habitude,
je sors un petit carnet de croquis, ici devant l'une des baigneuses
de Picasso. Il m'a été impossible de poursuivre ;
un gardien s'est littéralement jeté sur moi pour m'enjoindre
de stopper net.J'étais estomaquée de la violence de
cette interdiction. J'ai demandé pourquoi. Le gardien n'a
pas jugé bon de répondre. Un peu plus loin, autre
salle , autre gardien, je recommence la scène pour m'assurer
qu'il ne s'agissait pas d'une erreur ; que non !, même cause,
même effet ! Et d'autres gardiens, partout, nous regardant
regarder les tableaux, mon ami et moi, comme de véritables
suspects. On ne peut même plus regarder les tableaux ! Il
faut passer gentiment devant, à un rythme lent mais régulier,
dans un silence religieux, et dans l'ordre!
Devant le manque de réponses, j'en suis venue à supposer
des raisons de sécurité (on pourrait crever un tableau
à l'aide d'un crayon, ou alors le taguer), ou des raisons
de gêne à la circulation (bouchons possibles).
Bref, nous circulons sur les autoroutes d'un art à consommer
qui s'adresse à un public chéri qui paye et fait la
queue, dehors comme dedans.
Quant aux artistes, ils n'ont qu'à se faire transparents.
Il s'agissait de Berlin, du musée d'Art moderne. La visite
d' autres musées de la ville n'a pas posé de problèmes.
Au Louvre, on n'est pas si loin ; depuis quelques années,
déjà, il tient de l'exploit de pouvoir s'arrêter
devant une oeuvre sans être dérangé par un public
qui bouscule, un gardien qui s'approche, un monde fou qui passe
lui, sans s'arrêter.
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