Contre la médecine
:
la naissance médicalisée(2)


par Etienne Paguenac

 

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Emmanuel Bing

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Voici le deuxième article de la série d'Etienne Paguenac, intitulée Contre la médecine. Le prochain article de la série s'intitule La vaccination.

La naissance est un évènement naturel qui ne nécessite a priori aucune intervention. Chaque jour, les mammifères mettent au monde des millions de nouveaux individus sans qu'aucune intervention ne soit nécessaire. Dans l'espèce humaine, les pays les plus peuplés du monde ne disposent pas de la médecine occidentale et pourtant, les femmes y accouchent de nombreux enfants.
Cette médecine dite moderne s'est emparée du processus de reproduction de l'espèce humaine en imposant aux femmes des protocoles en examens, traitements et actes divers. L'idée même d'accoucher chez soi est devenue une aberration, une régression sinon une provocation. En d'autres temps, la médecine n'intervenait qu'en cas de difficulté exposant le nouveau-né ou sa mère à un péril majeur.
L'accouchement est désormais un acte thérapeutique pris en charge dans des établissements spécialisés, surmédicalisés. Les statistiques indiquent pourtant que les naissances sont peu nombreuses en Occident alors même que les conditions de mise au monde et de vie sont extraordinairement plus confortables que dans les pays du tiers-monde. La médecine aurait-elle une influence négative sur la reproduction de l'espèce humaine ?
Cette médecine se nourrit des peurs qu'elle suscite auprès des femmes. En les inquiétant outrageusement sur ce qui ne devrait être qu'un acte naturel, en les culpabilisant par l'évocation des problèmes susceptibles de survenir à la naissance et en imposant un modèle médicalisé, la médecine officielle participe à l'éloignement progressif de l'espèce humaine de son milieu naturel.
S'agissant des problèmes gravitant autour de la reproduction, la médecine officielle est responsable de l'effondrement des capacités reproductrices des individus mâles. En France, la mise sur le marché de substances douteuses à la fin des années cinquante a provoqué la stérilité de milliers d'individus nés au début des années soixante.
La recherche médicale a permis la mise au point de substituts alimentaires permettant aux femmes d'éviter l'allaitement. L'allaitement qui constitue un principe fondamental dans le cycle de reproduction des mammifères a été combattu au profit de poudres lactées aux propriétés incertaines. L'idée qu'un lait de provenance animal, en l'occurrence de bovins, fournisse une meilleure défense que le lait produit naturellement par les femmes est non seulement stupide mais dangereux.
Beaucoup d'informations immunitaires sont fournies lors des allaitements qui suivent immédiatement l'accouchement. Bien connu chez les éleveurs, le premier lait contient le colostrum, un ensemble complet de défense permettant au nouveau-né de faire face aux premières agressions. En détournant les femmes de l'allaitement, on expose les nourrissons à un environnement hostile sans qu'ils bénéficient des défenses maternelles naturelles. Un regain d'intérêt pour l'allaitement est d'ailleurs perceptible les médecins après des années d'ignorance, de mépris et de désinformation.
Les industriels de l'alimentation et du médicament ont mis à profit le discours médical pour imposer à de nombreux pays et notamment les plus pauvres, l'utilisation de lait de substitution. En agitant le spectre de maladies transmissibles par le lait maternel, ces fournisseurs de produits de remplacement, enregistrent des profits colossaux sans pour autant participer à l'amélioration des conditions alimentaires des nourrissons. Au contraire, les nouveau-nés ne bénéficient plus du pré-traitement et du filtrage opéré par le corps féminin lors de l'allaitement.
En choisissant de fournir l'aliment des nourrissons plutôt que celui des mères, ces industriels aliènent des régions entières de la planète pour leurs profits et au détriment de l'espèce humaine dans son ensemble.
Un missionnaire me confia un jour que la seule chose que nous n'ayons jamais appris aux africains, ce fut à pleurer. Pleurer la mort des nouveau-nés est l'argument choc permettant de déverser des tonnes de produits lactés issus de nos filières agricoles peu recommandables.



Etienne Paguenac