Voici le deuxième article de la série d'Etienne Paguenac, intitulée
Contre la médecine. Le prochain article de la série
s'intitule La vaccination.
La naissance est un évènement naturel qui ne nécessite
a priori aucune intervention. Chaque jour, les mammifères
mettent au monde des millions de nouveaux individus sans qu'aucune
intervention ne soit nécessaire. Dans l'espèce humaine,
les pays les plus peuplés du monde ne disposent pas de la médecine
occidentale et pourtant, les femmes y accouchent de nombreux enfants.
Cette médecine dite moderne s'est emparée du processus
de reproduction de l'espèce humaine en imposant aux femmes
des protocoles en examens, traitements et actes divers. L'idée
même d'accoucher chez soi est devenue une aberration, une régression
sinon une provocation. En d'autres temps, la médecine n'intervenait
qu'en cas de difficulté exposant le nouveau-né ou sa
mère à un péril majeur.
L'accouchement est désormais un acte thérapeutique pris
en charge dans des établissements spécialisés,
surmédicalisés. Les statistiques indiquent pourtant
que les naissances sont peu nombreuses en Occident alors même
que les conditions de mise au monde et de vie sont extraordinairement
plus confortables que dans les pays du tiers-monde. La médecine
aurait-elle une influence négative sur la reproduction de l'espèce
humaine ?
Cette médecine se nourrit des peurs qu'elle suscite auprès
des femmes. En les inquiétant outrageusement sur ce qui ne
devrait être qu'un acte naturel, en les culpabilisant par l'évocation
des problèmes susceptibles de survenir à la naissance
et en imposant un modèle médicalisé, la médecine
officielle participe à l'éloignement progressif de l'espèce
humaine de son milieu naturel.
S'agissant des problèmes gravitant autour de la reproduction,
la médecine officielle est responsable de l'effondrement des
capacités reproductrices des individus mâles. En France,
la mise sur le marché de substances douteuses à la fin
des années cinquante a provoqué la stérilité
de milliers d'individus nés au début des années
soixante.
La recherche médicale a permis la mise au point de substituts
alimentaires permettant aux femmes d'éviter l'allaitement.
L'allaitement qui constitue un principe fondamental dans le cycle
de reproduction des mammifères a été combattu
au profit de poudres lactées aux propriétés incertaines.
L'idée qu'un lait de provenance animal, en l'occurrence de
bovins, fournisse une meilleure défense que le lait produit
naturellement par les femmes est non seulement stupide mais dangereux.
Beaucoup d'informations immunitaires sont fournies lors des allaitements
qui suivent immédiatement l'accouchement. Bien connu chez les
éleveurs, le premier lait contient le colostrum, un ensemble
complet de défense permettant au nouveau-né de faire
face aux premières agressions. En détournant les femmes
de l'allaitement, on expose les nourrissons à un environnement
hostile sans qu'ils bénéficient des défenses
maternelles naturelles. Un regain d'intérêt pour l'allaitement
est d'ailleurs perceptible les médecins après des années
d'ignorance, de mépris et de désinformation.
Les industriels de l'alimentation et du médicament ont mis
à profit le discours médical pour imposer à de
nombreux pays et notamment les plus pauvres, l'utilisation de lait
de substitution. En agitant le spectre de maladies transmissibles
par le lait maternel, ces fournisseurs de produits de remplacement,
enregistrent des profits colossaux sans pour autant participer à
l'amélioration des conditions alimentaires des nourrissons.
Au contraire, les nouveau-nés ne bénéficient
plus du pré-traitement et du filtrage opéré par
le corps féminin lors de l'allaitement.
En choisissant de fournir l'aliment des nourrissons plutôt que
celui des mères, ces industriels aliènent des régions
entières de la planète pour leurs profits et au détriment
de l'espèce humaine dans son ensemble.
Un missionnaire me confia un jour que la seule chose que nous n'ayons
jamais appris aux africains, ce fut à pleurer. Pleurer la mort
des nouveau-nés est l'argument choc permettant de déverser
des tonnes de produits lactés issus de nos filières
agricoles peu recommandables.
Etienne Paguenac
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