Contre la médecine
la médecine officielle (1)


par Etienne Paguenac

 

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Responsable de la rubrique :

Emmanuel Bing

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Voici le premier article d'une série d'Etienne Paguenac, intitulée Contre la médecine. Comme vous le verrez, cet article est très polémique, et ne s'embarrasse guère de caresser la science dans le sens du poil. Néanmoins de nombreux points, de nombreuses interrogations, ne laisseront pas de questionner le conformisme ambiant, et il me semble intéressant que cette parole puisse s'exprimer, et peut-être trouver ici du répondant.

Comme beaucoup d'écrits polémiques, celui-ci sera à même de réveiller quelques consciences, et quelques échos pour ou contre seront les bienvenus dans les colonnes de la rubrique Doxa. L'impertinence ici en jeu n'a d'autre but que de relancer un débat bien éteint, alors que les médecins libéraux manifestent et que certains hôpitaux ferment leurs services pour des raisons de rentabilité.
Le prochain article de la série s'intitule La naissance médicalisée.



La médecine officielle



La médecine officielle pratiquée dans les pays occidentaux, et notamment en France, est dangereuse. Elle est dangereuse non seulement par l'inconséquence de la recherche, mais surtout par le détournement des individus de leurs environnements naturels et la négation du caractère animal de l'espèce humaine.

La médecine officielle, loin d'améliorer l'hygiène de vie des individus, accroît leur incapacité à faire face aux discontinuités de l'existence. Elle s'est attribué le mérite de la vieillesse alors qu'elle n'a su créer que le troisième âge : vivre au-delà de soixante-dix ans est présenté comme un progrès résultant de cette médecine. En réalité, des vieillards de quatre-vingts ans jalonnent l'histoire de l'humanité. C'est précisément parce que ces vieillards avaient un mode de vie réfléchi et une compréhension de leur environnement qu'ils vivaient vieux. C'est la sagesse qui permet de vivre vieux et non la vieillesse qui confère la sagesse. Aujourd'hui, la médecine officielle permet à des individus aux comportements irresponsables pour eux-mêmes et souvent pour les autres, d'atteindre des âges avancés. En d'autres circonstances, ils seraient morts. Ils arrivent à l'âge de la retraite en mauvais état après des accidents de voiture, des problèmes liés aux abus d'alcool, de tabac,Š , des régimes alimentaires en tous points excessifs, ou des emplois stressants. Les valides n'ont plus qu'à s'occuper de ces vieillards gâteux. La médecine officielle intervient à nouveau en éliminant en douceur ceux là-même qu'elle a contribué à créer. Cela fournit des clients parfaits dont les familles se débarrassent en les confiant à des structures médicalisées justifiant ainsi le bien-fondé de la médecine officielle. Cette structure auto-alimentée modifie le rapport de l'homme à son milieu, de l'homme à lui-même et de l'homme à sa descendance.
Dénoncée dès le début du XX ème siècle par Jules Romain et son personnage Knock, le succès de la médecine officielle repose sur une double méprise : la première consiste à lui attribuer un fondement moral et altruiste, et la seconde à lui reconnaître une capacité à faire vivre les individus.

Les travaux de Pasteur furent déterminants dans le succès de la médecine officielle. La protection des individus contre des maladies, plus ou moins mortelles, par la vaccination, offrit à la médecine officielle un certificat de naissance moral et scientifique. Cette capacité à faire survivre des individus qui seraient peut-être morts sans la vaccination donna à la médecine officielle une crédibilité jusque là inaccessible. Ayant souffert de l'image de charlatanerie pendant des siècles, la médecine officielle prit enfin sa revanche.

En quelques dizaines d'années, les médecins déployèrent un arsenal thérapeutique mélangeant pèle-mêle des principes actifs, des actes chirurgicaux, des principes d'hygiène à des produits et des méthodes relevant de la pure charlatanerie. L'analyse statistique elle-même fut mise à contribution pour vernir la médecine officielle. Peu importe qu'il y eut des morts par milliers à l'issue d'opérations ou de traitements, dès lors que l'on put sauver une vie. Peu importe que les vaccinations affaiblissent et détruisent l'espèce humaine à moyen et long terme, dès lors que l'on élimine certaines maladies de notre présent. L'obligation de moyens et non de résultats auquel la médecine officielle se soumet est unique dans l'exercice des professions. Alors qu'un médecin touche à l'existence même des individus, il est soumis à une contrainte moindre qu'un plombier ou un commerçant.
Héritière d'une médecine dont il fallait se tenir à l'écart pour survivre, la médecine officielle est devenue omniprésente dans la vie quotidienne des individus, de leur naissance à leur mort.

La reconnaissance de fondements moraux à la médecine officielle fut un principe de diffusion sinon de commercialisation. Les mots dévouement, désintéressement, altruisme, bonté, fraternité sont associés, à tort, à la médecine officielle. Combien sont ceux qui, parmi les médecins généralistes et spécialistes, soignent des individus en difficulté financière ? Très peu ! Dans cette poignée de praticiens, beaucoup ne font jamais qu'un prêt, le client restant toujours débiteur et susceptible d'honorer sa dette dès l'amélioration de sa situation économique. Les organisations humanitaires sont en première ligne de la caution morale nécessaire à l'exercice du commerce de la médecine. Le contre argument est toujours le même : sans une rétribution de ses services, le médecin ne pourrait exercer. Compte tenu de la charge qui pèse sur lui et des études difficiles qui lui permettent d'exercer, le médecin doit nécessairement percevoir un revenu important. La société française s'est organisée pour financer l'accès aux soins médicaux des plus démunis. Dans ces conditions, la médecine officielle ne peut revendiquer une quelconque grandeur morale. En outre, nombreux sont ceux qui ont en tête des médecins et des spécialistes avides d'argent et de pouvoir. L'importance et la qualité des soins dentaires, par exemple, est souvent proportionnelle au taux de remboursement des mutuelles auxquelles nous cotisons.

Le coût exorbitant des actes médicaux a détruit le dispositif de sécurité sociale mis en place au début du XX ème siècle. La revendication permanente d'une augmentation des prix et du nombre d'actes médicaux est justifiée par le bien fondé moral et démocratique de la médecine. Toute tentative de réduction est immédiatement réduite à une volonté de nuire à la santé publique. Ainsi la médecine officielle a-t-elle acquis une autonomie de fonctionnement et une liberté totale sur le traitement des individus.
A l'inverse d'autres professions, la médecine officielle ne supporte jamais le poids de ses erreurs. Trop nombreuses, elles la condamneraient et limiteraient son action aux seuls problèmes traumatiques. C'est en effet dans ce domaine que l'on peut reconnaître à la médecine officielle un intérêt thérapeutique. La capacité d'intervenir et de restaurer les tissus ou les membres affectés compte parmi les rares qualités de la médecine officielle. Certains avanceront que c'est la somme des expérimentations qui a rendu la médecine traumatique plus efficace, mais il ne s'agit là que d'un argument visant à justifier un ensemble de pratiques contestables.

Etienne Paguenac