Alexandra David-Néel

Le voyage d’une parisienne à Lhassa

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par Mary Telus

 

Le voyage d’une parisienne à Lhassa, à pied en mendiant de la Chine à l’Inde  à travers le Tibet est un récit autobiographique de la première femme qui a réussit en 1924, à entrer à Lhassa, la capitale interdite du Tibet. Elle est accompagnée dans ce périple par son fils adoptif. C’est une description de mois d’errance dans le « Pays de Neiges » et d’une vie dangereuse et rude. Le livre est une exploration de l’intimité des coutumes, de la pensée et de la vie spirituelle du peuple d’Asie.

La narration est rendue vivante grâce aux changements de ton passant de pathétiques émerveillements à sobres méditations ou à des constations pleines d’humour et d’ironie. Une dimension liée à un  suspense bien soutenu aide à échapper à la monotonie. Le vocabulaire est enrichi par des expressions en langues tibétaines.

On y retrouve de véritables tableaux peignant les paysages tibétains. L’auteur s’extasie devant cette nature séductrice, considérée comme un être vivant, qui possède son propre langage et participe activement à la vie de l’homme. Le monde d’ Alexandra David-Néel  est un monde fantastique, avec une ambiance féerique peuplée de démons, de fées, d’elfes, de lutins, de gnomes et de génies. La nature et les objets, tel un simple bonnet, ont une puissance magique.

Le voyage au Tibet est un voyage au centre inaccessible, pour regarder « au-dedans » et « au-delà ». Une aventure à l’intérieur de soi-même. La traversée de la montagne a une valeur initiatique, c’est une épreuve préparatoire et une purification.  Le but étant une progression spirituelle, une élévation et la recherche de la vérité, de l’Essence.

  Le contraste entre l’Orient et l’Occident symbolise l’opposition de la spiritualité et du matérialisme, de la sagesse et de l’agitation, de la vie contemplative et de la vie active, de la métaphysique et de la logique. L’auteur se penche sur le mécanisme de l’éternel recommencement ainsi que sur les mécanismes de la vie. Il réfléchit à la place qu’occupe l’homme dans l’univers, car l’univers lui-même n’est qu’un rêve ».

 

Mary Telus