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Stupéfaction
qu'un si jeune homme ait eu sitôt à la fois tant
de fraîcheur de peintre, de musicien et tant d'âge..
Chaque
accompagnement de ses lignes est une fraternité.
Bien
sûr il y a la mélodie, et elle est souvent sublime...
Bien sûr il y a l’enchantement de la prosodie.
Mais
il y a aussi ceci d'extraordinaire : Nicolas Bouvier ne "joue"
jamais la musique du langage ! Le sens est là où
l'archet est !
C'est
la première fois que je rencontre pareille authenticité.
Celle d’un curieux qui semble pourtant tout savoir.. Alors
qu’il découvre chaque lueur, fraîcheur, amorce
de vérité !!
Combien
les lecteurs de Nicolas, les covoituriers de sa générosité,
les déambulateurs de sa pudeur, les émerveillés
par sa tendresse si lucide, combien il est important pour eux
de penser qu’une onde l'a accompagné, raccompagné
puis le prolonge... perfection humble de son artisanat de la
clairvoyance..
Quelle
harmonie ! Quelle tziganerie de l'archet, avec l'envie, le chagrin,
la pitié, l'émerveillement de la vie, sa transe,
son respect, et l'abandon au fond de cela de l'enfant trouvé..
Qui aura parcouru sa terre, la nôtre !
Quand
on a lu Nicolas Bouvier, on ne peut plus regarder comme avant,
ni pays, ni gens. Il est un de ces si rares hommes à
réaliser nos métamorphoses, l'avènement
de ce que nous n'osions espérer : que l'homme fût
bon pour l'homme, dans le regard qu’il y pose. Et que
la longue route soit aussi celle des contrebandiers d'aimer
la paix.
Jean
Sébastien Loygue
http://www.loygue.com
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