TIM WINTON

PAR-DESSUS LE BORD DU MONDE

Roman édité en 2006 chez
Rivages poche. Bibliothèque étrangère.

 

par Noëlle Plenecassagne

Tim Winton est né à Perth sur la côte ouest de l’Australie en 1960 où il vit actuellement après des séjours en France, en Irlande et en Grèce. Il écrit des nouvelles et des romans pour les adultes mais aussi pour les enfants.


Ses romans traduits en français sont édités chez Rivages :

1997 Cet œil, le ciel

1999 La femme égarée

2004 Les ombres de l’hiver

2007 Cloudstreet

Tim Winton nous raconte l’histoire de deux familles, l’une mue de génération en génération par un désir de vengeance envers l’autre, poursuivie par la malchance et la mort. On est sur la côte occidentale de l’Australie, dans une petite ville où activités et loisirs naissent de la pêche avec tous les sentiments qui s’y rattachent. La pêche pour raison de vivre, d’aimer et de mourir. Trois personnages au premier plan : Georgie Jutland qui ne croit plus à son métier d’infirmière et passe son temps à boire et à surfer sur internet aux côtés de Jim Buckridge, pêcheur de langoustes qu’elle ne supporte plus. Jim appartient à la famille la plus puissante et la plus crainte de la ville, célèbre par ses expéditions punitives envers tous ceux qui ne respectent pas les « codes » de la pêche. Et puis on a Luther Fox , musicien et rêveur, environné de morts et braconnier des mers. C’est lui que Georgie Jutland va aimer et cet amour contrarié va être le moteur de la rédemption de tous ces personnages. Révolte contre les pères, contre la mort, contre soi-même. C’est en partie ce qui va sauver le roman lui aussi d’une histoire somme toute très ordinaire, en partie seulement car l’intérêt que j’ai trouvé dans ce livre c’est la façon dont Tim Winton joue avec le rêve et la réalité, et le parti pris de sa narration dont il perturbe les règles pour notre plus grand plaisir. Ici le « je est un autre » qui vous échappe. Le « je » est en osmose avec une nature superbement décrite et dans laquelle il se fond, se perd et renaît.


Avec Tim Burton les dialogues glissent vers les monologues intérieurs, le songe chevauche la réalité, la musique, très présente aussi dans ce roman, emporte l’être. L’auteur n’est pas un autochtone d’Australie mais on peut sûrement voir là l’influence des aborigènes,(évoqués par petites touches dans le texte) où le rêve fait partie de la vie et du réel et ce n’est peut-être pas un hasard si le dernier mot du roman est justement « réelle ». Le rêve rejoint la réalité après une course sauvage pour échapper aux superstitions, à l’emprise familiale et aux morts.

Le roman évolue avec les personnages, on passe de l’histoire d’un trio à un parcours initiatique. Ces personnages, frustes au départ, nous entraînent dans l’univers de leur auteur qui les transforme et m’a passionnée.


Noëlle Plenecassagne

http://www.loygue.com