L'Africain
de JM Le Clézio
Gallimard - Folio

La bulle de Tiepolo
de Philippe Delerm
Gallimard,

par Marie B.

 

L'été a été calme et doux, bercé par la mer. J'ai lu deux "petits" livres, rien à voir avec les pavés à la mode aux lourdes épaisseurs, deux petits livres, énormes pourtant.

Le premier c'est L'Africain de JM Le Clézio, aux éditions Mercure de France,qui nous raconte l'Afrique, l'enfance, le père, la mère, un livre aux dimensions du continent, par sa poésie, sa justesse, sa maturité, sa tristesse, son remerciement, sa chanson sensuelle regorgeant de terres immenses et d'amour contenu. C'est comme un carnet d'aventure, un roman de confidences mais c'est aussi un livre d'enfant qu'on lit sous la couette ou sous le parasol et on comprend tout de ces parents qu'on a aimé mais mal aimé, à qui on n'a pas pu dire et qui ne nous ont pas laissé dire ou qui n'ont pas pu entendre. Heureusement, alors, qu'au détour de tout ça,  il y a  pour certains enfants rares une rue en terre,un village perdu, un champs de blé, une montagne vertigineuse ou une forêt pour écouter le son de leur voix et le désir du sang qui bat....

L'autre s'appelle "La bulle de Tiepolo" et il est paru chez Gallimard, écrit par Philippe Delerm. Là, on arpente Venise avec des yeux de nouveau locataire, en plein mystère parce que la peinture est toujours un peu mystérieuse, et on suit deux personnages qui ont tout perdu et peut-être tout retrouvé dans une ville d'habitude déguisée, princière et flamboyante qui est vu cette fois à travers une lumière tendre et quotidienne,la lumière de la vie, ses déchirures, ses révélations. Elle vient d'écrire son premier roman, il aime chiner, sans doute pour revenir sur un passé mortel et ils se rencontrent. C'est un roman qui regarde la vie avec tristesse parce qu'elle est parfois injustement méchante, mais aussi avec la force de vouloir savoir et le bonheur discret de ceux qui continuent quand même le chemin.

Marie B