PAR LE SENS DES SENS

par Huguette Bertrand

De la poésie du sens, en passant par les sens, se rend à l'essentiel ou "les sens-ciel" de l'Être. Si Être est un mot qui veut encore dire quelque chose aujourd'hui. Peu importe, on écrit, on offre, et ce n'est certainement pas une histoire d'offre et de demande. Ça n'a rien de mercantile. Ça relève de la passion du cœur, au cœur de l'Être en devenir, en recherche, en doute, en puissance. Ça se rejoint par les fibres de l'invisible. Trêve de discours par trop cérébral, là n'était pas le but de mon propos. En fait, je n'avais aucun but que de partager mes élans du cœur dans l'instant. Cette fois-ci, j'ai eu ce coup d'coeur pour un texte que j'avais déjà lu, que je viens de
relire, et que je relirai encore, car pour moi, c'est un joyau poétique que nous a livré là, Octavio Paz; le fragment d'un long chant sous le titre «Pierre de Soleil», traduction de Benjamin Péret. Pour les intéressés, voici l'URL qui vous conduira à ce texte :http://www.columbia.edu/~gmo9/poetry/paz/paz3.html#Pierre. Ce texte est beau comme la vie dans toute sa sensualité comme seul Paz a su le rendre. Il vient nous montrer de ses images ciselés par le cœur faisant appel au sens les plus aiguisés.
Images tout en secousses rythmées qui nous happent par la peau du cœur. Je termine donc ce petit propos en empruntant les mots fraternels du Poète :

Fraternité

Je suis homme: je dure peu
et la nuit est énorme.
Mais je regarde vers le haut:
les étoiles écrivent.
Sans comprendre je comprends:
je suis aussi écriture
et en ce même instant
quelqu'un m'épelle.


traduction de Frédéric Magne