|
Quelques belles images d'un lyrisme sensible comme dans le poème inaugural :
Notre fortune
Cest toutes les innocences
Et tous les océans
Les oiseaux de poèmes
qui flottent sur la surface des pauses
Et des pages immenses comme des terres
Où danser, vadrouiller, gazouiller
Ecalader, s'arroser
Un galop
Un vigoureux appétit de vivre qui prend parfois des accents de défi ou de révolte contre les
immobiles qui planchent salon ou les puritains et aboutit à la formidable sensation de s'être
autocréé.
Le rare est aussi et surtout un phrasé joliment rythmé. Les mots s'attirent par leurs sons plus, peut-être, que par leur(s) sens, si bien que
Guillaume Vivier se préoccupe fort peu qu'ils soient ou non recensés dans le dictionnaire :
Dring dring
réveil ah ! ah ! qui es-tu toi ?
Bassone, bombarde, lézarde, larigote ? ?
La ponctuation est elle-même utilisée à la manière de signaux musicaux-visuels destinés à éveiller l'attention ou à prolonger les accents d'un vers comme points d'orgue. Dans tous les cas, elle réjouit le regard.
ççççç Erection souterraine, gorge sombre. ççççç...
Cet élan vital ne me semble pas encore avoir pleinement identifié tout ce qu'il peut embrasser. Aussi cette lecture, pour agréable qu'elle soit, génère-t-elle une attente d'autant plus sincère quant aux oeuvres ultérieures.
112 pages, 80 F, La Plume Editions, 235 C allée Antoine Millan, 01600 Trévoux.
Béatrice Gaudy
|