Dominique Mainard

Le ciel des chevaux

Editions Joelle Losfeld

par Brigit Bontour

De ce roman, tout en clair-obscur naît l’angoisse : l’angoisse du temps qui passe, de l’enfance morte, des lieux détruits.

Il y a aussi les non-dits : sont-ils des mensonges ou le signe d’une non-vie ? Une vie faite de faux-semblants, d’un semblant de bonheur, de normalité avec un enfant, un mari que l’on aime. Par défaut, peut-être. Léna ne formule pas son mal-être, mais elle le crie, très fort, en silence.

Surtout quand arrive dans le parc de sa ville un jeune clochard. Il envoûte les enfants, promène les poneys. Elle reconnaît en lui le jeune frère dont elle a été séparée, mais lui ne la reconnaît pas. C’est ainsi. Le passé n’est plus, donc les liens qui y furent tissés ne sont plus non plus. C’est peut-être le sens du beau roman de Dominique Mainard, ou peut-être pas. L’essentiel comme toujours est ailleurs : dans le climat qui s’instaure dès les premières lignes, la fragilité de Léna qui ne tient que par quelques fils ténus à un passé, peut être imaginé. A rien donc. A un bonheur de lecture, c’est à dire l’essentiel.

 

 

Ce livre est en lice pour le Grand Prix du Jury des lectrices de Elle, décerné en mai 2005.

Brigit Bontour