Patricia Macdonald

La fille sans visage

Albin Michel 327 p.

par Brigit Bontour

Dans une petite bourgade paisible, Hoffman, New Jersey, la vie est plutôt douce pour les notables de la ville. Certains sont infidèles, d’autres ont des enfants un peu accro à des substances illicites, mais rien de grave. Jusqu’au jour où la femme du docteur Avery est retrouvée assassinée. Le médecin est condamné à quinze ans de prison. Ses trois enfants sont séparés et n’ont plus rien en commun quand il sort au bout de quinze ans. Le premier, Patrick est devenu un brillant banquier marié à une jeune femme bien sous tous rapports, le second, Jim a réussi à surmonter son addiction à l’alcool et à la drogue grâce à la famille qui l’a accueilli, tandis que la troisième Nina est actrice à New York. Des trois, elle est la seule à être persuadée que son père a été injustement condamné et à l’aider à trouver le vrai coupable du meurtre.

Naturellement le docteur Avery est très mal reçu, lorsqu’il revient à Hoffman, et bien sûr, le meurtrier est aux aguets, terriblement proche, tout aussi dangereux qu’à l’époque du crime initial.

Dans ce roman de Patricia Macdonald, le suspens ne faiblit pas un instant, la famille est le lieu de tous les dangers, de toutes les disputes. Les meurtres qui s’accumulent désormais sont dus à une ancienne histoire affreuse, à peine évoquée. A tel point qu’il faut reprendre le début du roman, après le dénouement pour se dire qu’en effet le meurtrier avait quelques raisons d’en vouloir à un des membres de la famille. Ce livre est un roman à tiroir : chaque piste évoquée est aussitôt refermée pour en ouvrir une autre plus glauque encore jusqu’à la fin où l’incrédulité le partage au malaise : on ne se méfie jamais assez de ses proches.

 

 

Brigit Bontour