Romain Sardou
L’éclat de dieu
XO editions 423p.

par Brigit Bontour

Après l’immense succès de « Pardonnez nos offenses », vendu à 280 000 exemplaires et traduit en 10 langues, Romain Sardou s’intéresse à nouveau au moyen age. Plus précisément, à la croisade de 1118 allant de Troyes à Jérusalem sous la protection de huit templiers. L’auteur nous emmène en terre promise, selon les moyens traditionnels de l’époque : marche à pied pour les pauvres, chevauchées pour les plus riches, mais également à l’aide de vaisseaux spatiaux du quatrième millénaire. Hyper Nefs dotées de réfectoires, de chapelles, de léproseries. Le tout placé sous la surveillance d’androïdes et de caméras. Le héros Cosimo, neveu d’un neuvième templier assassiné juste avant le départ a retrouvé des lettres de son oncle, évoquant un secret et la charge de retrouver la Borne mystérieuse, but véritable de la croisade. Placé sous l’égide de Borges, Dostoïevski ou Heidegger, pour qui « l’histoire n’est pas une succession d’époques mais une unique proximité du même », l’éclat de dieu est un roman d’aventures avec le secret du temps pour principal protagoniste.

Qu’est ce que le temps, pourquoi se consume-t-il dans un sens et pas dans l’autre ? Telles sont les questions essentielles abordées par Romain Sardou.

Ce pari à priori fou de mêler histoire et science-fiction est réussi, même si les premières pages déroutent quelque peu. Mais très vite, l’action s’emballe et que l’ont soit à bord de l’hypernef ou sur terre, le lecteur se prend au jeu du mystère de la recherche de la borne, celui des templiers et du temps. Il fallait un auteur décomplexé, boosté par son succès précédent pour oser un roman de science-fiction médiéval aussi haletant.

 

Brigit Bontour