Hugo Hamilton
Sang impur
Editions Phébus .

par Brigit Bontour

Entre un père violent qui empêche ses enfants de parler anglais dans le Dublin des années cinquante et une mère allemande ; la douceur incarnée mais considérée par le voisinage par une nazie, il y a largement de quoi se perdre pour un enfant.
Le narrateur, Hugo, est l’enfant « tacheté », c’est à dire étranger, lui-même traité de nazi par ses camarades de classe ou cogné par son père lorsqu’il prononce un mot de trop. Son enfance est dure mais heureusement sa mère est là. Cette mère qui explique que quand on fait un gâteau, il faut » glisser l’œuf battu dans le mélange comme une lettre d’amour dans une enveloppe ».
Et c’est ainsi que grandit le jeune homme entre racisme et déracinement. Entre les colères monstres d’un père qui rate tout ce qu’il entreprend et l’amour infini d’une mère qui tard le soir écrit son journal intime. Ses regrets d’avoir du quitter l’Allemagne, de n’avoir pas lutté plus fort contre le nazisme.
De ce journal, Hugo Hamilton se servira pour écrire le beau, tendre et dur roman de son enfance où être allemand était « comme une tache sur la peau qu’on a de naissance » disait sa mère. « où parler la langue tueuse » était impossible disait son père.
Par chance, avec une telle enfance, Hugo Hamilton n’est pas devenu schizophrène, mais romancier. Un de ceux avec qui il va falloir désormais compter.



Ce roman est en lice pour le Grand Prix des Lectrices de ELLE.

Brigit Bontour