Sarinagara
Philippe Forest
Gallimard.

par Brigit Bontour

Sarinagara, mot japonais qui signifie « cependant » en français est le journal d’un deuil. Le deuil impossible de la petite fille de l’auteur, morte d’un cancer à quatre ans.
Pour accompagner cette perte, son père évoque au cours d’un voyage au japon, trois artistes qui chacun à leur manière vécurent de graves épreuves à des époques différentes. Le premier est Kobayashi Issama un maître du Haïku ayant vécu au 18 ème. le second, Natsume Soseki est l’inventeur du roman moderne Japonais. Quant au troisième, il s’agit de Yamahata Yosuke, le premier photographe à avoir fixé sur pellicule l’horreur de l’explosion de Nagasaki.
De la vie de chacun d’entre eux, qu’il relie implicitement à la sienne ; il tire une histoire universelle du malheur qui n’a ni limites, ni pays ni frontières, mais une esthétique commune assez troublante.
A la toute fin du livre il note : « possible et impossible, survivre a eu lieu. Telle est l’épreuve et l’énigme ». Et tel est le mystère de ce très beau livre ni roman, ni récit, ni essai sur la souffrance. Poème conviendrait donc mieux.


Ce roman est en lice pour le Grand Prix des Lectrices de ELLE.

Brigit Bontour