Un cœur coupable
Julie Carsons
Calmann-Lévy

par Brigit Bontour

Owen, un petit garçon de huit ans a disparu, il y a dix ans. Sa mère Susan, avait donné congé à la baby Sitter, pensant que son père Nick s'occuperait de lui. Mais Nick avait prévu de passer l'après-midi avec sa maîtresse.
Owen était de trop dans les préoccupations des adultes, il a disparu. C'est en résumé ce que pensent les protagonistes du drame.
Après la disparition, les parents se séparent. Nick part pour les Etats-Unis pendant que Susan, cancérologue très occupée par son métier habite toujours la maison familiale.
Au bout de dix ans, rongé par le remords, n'ayant pas pu oublier la disparition de son fils outre Atlantique, Nick revient plus que jamais décidé à éclaircir le mystère, trouver les coupables. Il s'installe alors dans le sous-sol de son ancienne maison et reconstitue peu à peu le puzzle qui a conduit à la mort de son fils.
Rien ne lui est épargné : coureur de jupons, instable, il est même considéré un temps comme le responsable de la mort de son fils par la police. Elle trouvera des fichiers pédophiles sur son ordinateur, des objets lui appartenant sur le corps de la baby-sitter de l'époque, assassinée peu après le retour de Nick, la nuit suivant une soirée passée avec lui.
Le sort s'acharne contre le père : il est désormais sur que quelqu'un de son entourage a tué le petit garçon. Reste à le démontrer, ce qu'il parviendra avec l'aide de sa femme hostile à son retour, mais convaincue qu'il ne peut-être le monstre que l'on décrit.

Très surprenant, ce roman au suspens habile et machiavélique a l'intérêt de ne pas dépeindre les parents d'un enfant disparu comme des saints. Ils sont humains, infidèles, travaillent trop, confient leur fils aux soins d'une baby sitter peu équilibrée.
Susan n'avait pas très envie d'avoir un enfant, Nick profitait de son charme pendant que sa femme travaillait. Rien d'exemplaire en fait, mais la vie aussi bête et méchante qu'elle peut être parfois.

Il faut un certain temps au lecteur pour accepter le personnage du père égoïste, ne revenant apparemment que pour sa propre survie mentale ; avant que son avis ne change devant trop de mystères, trop de charges pesant contre un homme comme les autres.

Un cœur coupable est un policier atypique où rien n'est gagné d'avance, rien n'est annoncé. Le chemin est long avant que la lumière se fasse, que la vérité soit dévoilée. Il faut attendre la fin du roman pour que les parents de l'enfant martyrisé apparaissent enfin sympathiques. Ce qu'ils auraient du être d'emblée, puisque victimes d'un des pires crimes existants.

Ce livre est finaliste du Prix des Lectrices de Elle.

Brigit Bontour