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En
1537, alors que l'influence de Cromwell est plus forte que jamais
auprès du roi Henri VIII ; l'Angleterre comme d'autres
pays d'Europe s'embrase autour de la réforme imposée
par son monarque. Celui-ci veut dissoudre les monastères
catholiques afin d'imposer la religion anglicane et accessoirement
faire main basse sur les richesses amassées par les représentants
de l'église romaine.
Pour arriver à ses fins, rien ne l'arrête : les
moines sont désignés à la vindicte publique
comme les responsables de la pauvreté du royaume, leurs
pratiques sont jugées hérétiques. Les monastères,
parfois des joyaux d'architecture doivent être impitoyablement
détruits, leurs terres et leurs trésors remis
au roi pour qu'il récompense ses fidèles partisans.
Naturellement de telles velléités rencontrent
de fortes résistances dans le clergé et le peuple.
Ainsi au monastère de Scarnsea, l'un des commissaires
envoyés par Cromwell pour obtenir la reddition de l'abbé
qui signerait l'arrêt de mort de l'abbaye est lui même
assassiné, alors que des pratiques sataniques sont constatées
dans la chapelle.
Matthew Shardlake, un nouvel émissaire est donc envoyé
sur place afin d'élucider les mystères de cette
abbaye. Mais, plus le juriste accompagné de Mark son
assistant s'efforceront de comprendre, plus les morts étranges
s'accumuleront. Il lui faudra alors remonter au cur d'un
secret d'Etat : l'exécution de la reine Anne Boleyn pour
un prétendu adultère afin de résoudre l'énigme.
C'est
dans ce cadre austère, que C.J. Samson construit une
intrigue habile autour du commissaire Shardlake, un honnête
homme, qui au fil de sa mission découvrira le doute,
le double jeu de ceux en qui il croyait, Cromwell au premier
plan. Il s'apercevra également que le bien n'est pas
seulement du coté de la légalité, et que
certains " papistes " peuvent se révéler
plein d'humanité, tel le frère Guy infirmier,
soupçonné un moment, comme tous les habitants
du monastère.
L'auteur décrit des personnages tous habités,
soumis à une passion : l'amour, l'argent, plus rarement
Dieu ou la loi, dans un premier roman au rythme soutenu.
L'humanité du commissaire Shardlake, homme profondément
malheureux, de surcroît bossu, irradie ce roman à
l'ambiance glaciale, angoissante et se révèle
tout particulièment dans un dénouement inattendu,
presque réconfortant, bien que terrible.
Brigit Bontour
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