DOUZE HEURES DE CAUCHEMAR

Maud Tabachnik
Douze heures pour mourir
Albin Michel 322p.

par Brigit Bontour

Un soir de Noël dans un commissariat New-Yorkais. Comme à l'accoutumée, les policiers de permanence s'attendent à voir débarquer leur lot de paumés, de solitaires, d'abandonnés des festivités. Ou personne. La dinde farcie et les jeux de société sont prêts pour meubler une soirée qui peut être longue.
Et longue, la soirée va l'être, comme toute la nuit qui suivra, mais pour d'autres raisons, que personne n'avait imaginées. A quelques rues du commissariat, des terroristes viennent de prendre en otages des enfants d'origine juive ainsi que leurs professeurs et menacent de faire sauter l'école où ils sont retenus, si leurs exigences ne sont pas acceptées.
Or ils veulent en échange de leurs otages, la libération de tous les détenus impliqués dans le massacre du 11 septembre avant le lendemain matin. Ils sont déterminés, et l'issue tragique ne fait à priori aucun doute puisqu'à la première heure de la prise d'otages, ils exécutent le concierge de l'école dans d'épouvantables conditions.
Toute la nuit, maire de New York, président des Etats-Unis, policiers et terroristes vont s'affronter. Le premier veut négocier et offre sa vie en échange de celle des enfants. Georges W. Bush refuse toute discussion tandis que les policiers, à travers Charlie Rozen le narrateur n'ont qu'à obéir à des ordres contradictoires.
Très différent des romans auxquels nous avait habitués Maud Tabachnik, " Douze heures pour mourir " mêle avec efficacité suspens, terreur et un brin de sorcellerie assez inattendue, notamment lors du dénouement.
S'il peut déstabiliser les lecteurs qui rechercheraient toujours la même intrigue et le même climat chez leur auteur, ce nouveau roman original et tendu, témoigne d'un potentiel inattendu et d'une vision nouvelle du roman policier chez Maud Tabachnik.

 

Brigit Bontour