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Véra
Cabral, psychiatre dans un centre qui gère les urgences
est appelée un samedi soir à Fleury Mérogis
alors qu'elle se rendait à une fête très
guindée chez sa future belle famille.
Une fois sur place, la situation est terrible : une prisonnière,
à huit jours de sa sortie détient en otage une
surveillante et le bébé d'une codétenue.
La surveillante sera sauvagement assassinée, le bébé
sauvé par miracle. Mais là n'est pas le principal,
et tout de suite Véra sent que quelque chose ne va pas
: si Giselle Leguerche qui vient de purger une peine de dix
ans pour le meurtre de sa meilleure et seule amie dix ans plus
tôt, récidive à cette date et dans de telles
conditions, c'est pour une seule raison : elle a peur de sortir
de prison. Quelqu'un l'attend, ou quelque chose l'en empêche.
A Véra d'en découvrir les causes.
Pour cela, elle devra remonter jusqu'à la naissance de
Giselle, rencontrer ses parents sinistres banlieusards aux attitudes
louches. Comprendre la vie de cette fille terne qui n'aura qu'un
seul amant, une seule amie. Le premier terroriste, la seconde
assassinée par ses soins. Peut-être parce qu'elle
seule avait découvert le mystère de Gisèle.
Rencontrer Hakim, un policier algérien trop charmeur
et efficace pour être vraiment inoffensif.
Naturellement la psychiatre tenace résoudra le mystère
en allant très loin dans l'horreur. D'autant plus que
sa vie privée n'est pas non plus de tout repos : Hugo
l'homme idéal dont elle croyait être amoureuse
se révèle sous son vrai jour : pleutre et plaintif,
solidaire de son frêre trop brillant. Frère qui
malgré sa réussite dans un grand groupe pétrolier
tabasse sa femme jusqu'à ce qu'elle se suicide. Véra
qui avait tout compris du calvaire de sa belle-sur déclenche
alors l'ire de sa belle-famille en demandant une autopsie. L'affaire
qu'on aurait voulu taire éclate alors au grand jour en
même temps que son couple vole en éclats.
Riche, vivant, imaginatif, le roman de virginie Brac révèle
les turpitudes humaines de façon aussi plausible que
désespérante. Car le facteur humain est sans cesse
présent dans " Double peine " et l'identification
au personnage de la psy n'est jamais loin, notamment à
travers son attirance pour l'énigmatique Hakim, sa compassion
pour Giselle Leguerche ou son désarroi lorsqu'elle s'aperçoit
que son fiancé n'a plus rien qui puisse l'attirer encore.
Brigit Bontour
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