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Toujours
en avance de quelques années, Michael Crichton semble
aujourd'hui rattrapé par la terrifiante réalité
qu'il met en scène dans son nouveau best seller "
la proie ".
En effet, il y a quelques jours, la presse a annoncé
que des scientifiques avaient réussi à donner
la vie à un virus artificiel à partir de gènes
de synthèse. Virus fonctionnant comme un virus naturel
et comme tel, apte à s'échapper du laboratoire
de ses inventeurs pour semer la terreur dans le monde.
Course contre l'horreur que décrit la Proie.
Jack
Forman, un brillant informaticien de la silicon Valley se retrouve
au chômage bien qu'il soit à l'origine de nombreux
programmes innovants, dont l'un, baptisé Predprey, réunit
une somme de caméras microscopiques non repérables.
Basée sur la dynamique prédateur/proie, cette
invention mêlant biotechnologie et informatique permet
à l'ordinateur d'apprendre par lui-même et de s'améliorer
avec l'expérience sans que le facteur humain ne s'en
mêle. Fruit d'années de recherches, en intelligence
artificielle, cette invention est achetée par le Pentagone
pendant que Jack Forman, devenu père au foyer du jour
au lendemain, s'ennuie à mourir entre couche culottes,
consoles à réparer et devoirs à surveiller.
Sa frustration est d'autant plus grande que Julia sa femme,
elle même spécialiste des nanotechnologies travaille
vingt heures par jour, délaisse sa famille et présente
de sévères troubles de comportement. Naturellement
elle a un amant pense le mari au foyer : par exemple, elle se
précipite sous la douche en rentrant du travail, alors
que jusqu'alors elle la prenait le matin. Pour une preuve, c'est
une preuve
Mais il aurait mieux valu que Julia soit infidèle, car
ce que va découvrir Jack, soudain rappelé en catastrophe
par ses ex employeurs qui sont aussi ceux de sa moitié
le laisse tout aussi épouvanté que le lecteur.
Car son invention " Predprey " devenue folle, a échappé
totalement à toute emprise humaine : les milliers de
caméras longues d'un vingt milliardème de centimètre
forment désormais un nanoessaim doté d'un comportement
émergent et attaquent animaux et humains. En fondant
sur leur proie comme un animal classique ou en se nichant au
plus profond du corps humain. La solution pour la détruire
n'existe visiblement pas puisque que l'essaim se reproduit de
façon exponentielle. Les chercheurs se retrouvent alors
dans la pire situation possible : celle où les robots
intelligents échappent à l'homme, ou les essaims
de plus en plus nombreux d'heure en heure, faisant preuve d'une
extraordinaire faculté d'adaptation menacent les chercheurs
et l'humanité de la fin la plus terrible qui soit.
Michael
Crichton a, dans la Proie, imaginé l'intrigue du XXI
ème siècle : celle où les virus en liberté
sont en mesure de décimer l'humanité. Avec lui,
la fin du monde n'est pas loin, avec la science qui joue aux
apprentis sorciers depuis des dizaines d'années. Les
menaces biologiques et chimiques des groupes d'extrémistes
sont là pour le rappeler au grand public depuis un certain
onze septembre. Toutefois, personne, selon lui, hormis quelques
fous uvrant en secret dans le secret de leurs laboratoires
ou de leurs garages ne sont en mesure de préparer autre
chose que des attaques ciblées mais limitées.
Le nucléaire étant déjà largement
dépassé.
D'après le romancier Americain, extrêmement bien
informé comme toujours, l'apocalypse ne peut venir que
de la jonction explosive entre nanotechnologies, biotechnologies
et informatique, dont les virus informatiques ne sont que les
timides précurseurs.
Basant tous ses romans sur des sujets de nature visionnaire
qui le bouleversent, il est persuadé que la " Swam
intelligence ", l'intelligence de l'essaim est l'un des
paris les plus audacieux et terrifiants des prochaines années.
D'ailleurs son roman jugé très réaliste
a déjà bousculé la communauté des
" nanoscientifiques " de la Silicon Valley et l'auteur,
a visiblement été happé beaucoup plus vite
que prévu par l'actualité la moins réconfortante
qui soit.
A suivre.
Brigit Bontour
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