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En
décembre 1500, une jeune paysanne, Isabeau est violée
au soir de ses noces par un notable auvergnat, le seigneur de
Chazeron exerçant son droit de cuissage. Dans la foulée,
son jeune mari est pendu et son père tué. Roué
de coups pour avoir résisté. C'est dire si les
chances de survie de la jeune femme sont proches de zéro
lorsqu'elle est jetée au bas des murailles du château
où se sont déroulés les crimes. Les loups
nombreux dans la région devant mettre un terme rapide
à ses souffrances.
Pourtant elle survivra et n'aura de cesse de se venger. Il lui
faudra quinze ans pour passer d'une grotte de cette montagne
d'auvergne à la cour de François Ier.
Dans ce lieu hostile, elle vivra avec des loups, allant jusqu'à
s'accoupler avec eux, disséquant les ftus mis au
monde dans le but de retrouver le secret de l'éternelle
jeunesse. Elle y éduquera aussi sa fille, Loraline née
du viol initial qu'elle finira par aimer.
Mais la jeune fille, douée comme sa mère de pouvoirs
mystérieux, acquis de génération en génération
disparaîtra un beau jour : morte, tuée par Chazeron
qui l'aurait prise pour Isabeau ayant gardé sa jeunesse
grâce à la pierre philosophale, ou devenue autre
? mais quelle autre ?
Le
parcours d'Isabeau sera mouvementé, elle n'oubliera jamais
et n'aura de cesse de se venger de son bourreau en associant
les siens marqués à jamais par l'épreuve
qu'elle a subie. Abandonnant Isabeau pour Isabelle, elle se
fera passer pour morte et se rendra à Paris où
elle réussira socialement comme lingère du roi
au-delà tout espoir. Séduisant les plus grands
seigneurs du royaume, prenant ascendant sur le roi lui-même.
Mais sa plus grande victoire sera de réunir à
nouveau sa tribu soudée à la fois par l'amour
mais aussi par la haine vouée au seigneur auvergnat :
Albérie sa sur, Marie sa petite fille et ses arrière-petits-enfants.
Ne manquera à son bonheur que Loraline sa fille.
Il
y a dans ce roman tout le moyen âge tel qu'on se l'imagine
dans ses rêves d'enfants les plus fous : les loups et
les sorcières, les seigneurs terrifiants et les hommes
d'honneur, comme Huc de la Faye, mari d'Albérie, magnifique
personnage de chevalier. Il y a aussi les destins les plus terribles
que la volonté peut faire basculer, la cour des miracles
et François Ier, Esméralda, Nostradamus et Paracelse.
La haine et l'amour les plus purs réunis en un même
sentiment confinant à la folie. Il faut y ajouter les
loups-garous, la transmutation, les trésors enfouis,
les souterrains bourrés d'or laissés par les anglais
durant la guerre de cent ans, une nature merveilleuse et hostile
.
Passent aussi les ombres de la bête du Gévaudan
..
de Gilles de Rais et de tous les illuminés que ce temps
a pu engendrer.
Il y a surtout un monde oublié où une lettre partie
d'un champ de bataille en octobre arrive en juin malgré
le temps qui passe si vite et fait d'une femme de vingt cinq
ans une aïeule.
Tout
concourre à faire du bal des louves un Harry Potter pour
adultes, dévoré en une nuit, attendant avec impatience
le tome II, et se désolant de façon puérile
qu'il n'y en ait pas de troisième.
Le roman joue à plein sur l'affectif et la magie. Qu'importe
si Isabeau, l'héroïne ait ou non existé ;
que le seigneur de Chazeron ait été un criminel,
cousin germain de Gilles de Rais, sacrifiant des enfants pour
trouver le secret de la pierre philosophale ; qu'une femme se
transforme en louve les soirs de pleine lune ; qu'une autre,
sous l'apparence physique d'un animal reste l' amoureuse transie
qu'elle a toujours été pour son homme, fidèle
à jamais.
Le surnaturel, la violence, la sensualité définissent
une alchimie où même les évènements
les plus insensés deviennent de l'ordre d'un possible
fortement teinté d'onirique.
La magie Calmel agit totalement, beaucoup plus efficace encore
que dans le " Lit d'Aliénor ", qui avait remporté
un immense succès l'an dernier avec les mêmes ingrédients
: de l'amour, de la haine, de la magie sur une trame historique
extrêmement précise et travaillée.
Brigit Bontour
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