DERNIERS ECHOS D'UN GENIAL ECRIVAIN

Francis Scott Fitzgerald
Carnets
Fayard 442 p.

par Brigit Bontour

Fabuleux Scott Fitzgerald qui n'était pas et de loin le looser, l'écrivain raté qu'il s'imaginait être. Après les succès trop rapides et les années de gloire, de fête et d'excès, son alcoolisme chronique et le naufrage de Zelda dans la folie, il écrivait encore et toujours et c'est à ce moment là qu'il écrivit même ses plus beaux livres. Son chef d'œuvre absolu Tendre est la nuit date des années noires (1934) où scénariste parmi d'autres à Hollywood, il n'était plus rien aux yeux de l'Amérique et se croyait perdu pour la littérature.
Extraordinaire auteur qui toute sa vie a tenu des carnets aujourd'hui édits en France. Des notes, des idées, des collages, tout ce qui lui passait par la tête à un moment donné est consigné dans ces carnets fabuleusement drôles quelquefois, graves et visionnaires souvent. Toute l'inspiration de Fitzgerald est contenue dans ce livre découpé en différentes parties : descriptions de choses et atmosphères, conversations, choses entendues, personnages, descriptions de l'humanité (physique), épigrammes, vannes et plaisanteries…..
Dans appendice : notes en vrac, cette phrase : " Scottie : discrets comme des sourires ( à propos d'un couple réservé) ". Ou encore dans le même chapitre : " les éclats blancs intermittents sur les jockeys les faisaient ressembler à une nuée d'oiseaux ". Dans descriptions de choses et atmosphères : " le son tintinnabulant des garçons de restaurant " . dans épigrammes, vannes et plaisanteries : " rien d'autre à faire que de les épouser (les Murphy) ". …. Existe-t-il des phrases plus représentatives du talent de l'écrivain ?
Pour les fous de Fitzgerald et ceux qui veulent le connaître un peu mieux, ces carnets sont la surprise de ce début d'année.

Brigit Bontour