Lizarazu

Avec la collaboration de Arnaud Ramsay

et Jacques Bungert

Editions Grasset 252p.

 

 

 

 

 

.

par Brigit Bontour

Discret, talentueux, charismatique, Bixente Lizarazu a longtemps enchanté les terrains de foot en compagnie de Zidane. Il a eu l’intuition qui lui a permis de ne pas jouer le match de trop, la finale désastreuse contre l’Italie en 2006

Aujourd’hui jeune retraité, il se livre en compagnie de deux journalistes dans un livre biographique. Ecrit pour ses fans (nombreux), il est régulièrement cité comme l’un des hommes les plus sexys, il parle de ses passions pour le surf, la voile, l’écologie, de son enracinement au Pays basque « qui s’apprivoise avec patience ».

Il raconte sans s’appesantir la coupe du monde de 1998, le choc après le calme de Clairefontaine où les joueurs n’avaient rien vu de  » la folie qui régnait dans le pays » et son amusement après la victoire « d’être invité dans des émissions où jamais un joueur de foot n’avait été convié ».

Plus grave, il évoque aussi les menaces de l’ETA à son encontre, un peu comme si le ciel lui était tombé sur la tête : comment peut-on lui reprocher « d’avoir défendu les couleurs d’un Etat ennemi » ; lui qui s’est battu pour que son prénom Bixente qui avait tété transformé en Vincent soit légal, lui qui a nommé son fils Tximista ?

Plus que la peur c’est la totale incompréhension qui le submerge. Durant un an, il ne sort qu’avec deux gardes du corps qui chaque matin inspectent sa voiture et l’obligent à se déplacer dans une berline blindée, un fusil mitrailleur au dessus de sa tête, un fusil à pompe à son côté. Etrange ambiance dont il s’accommode contraint mais ne perdant jamais le fil de sa vie : le foot.

Ce livre se lit comme un témoignage d’un homme sincère profondément amoureux de la nature, du sport, curieux de vivre, d’essayer tous les sports qui font monter l’adrénaline et de participer à la sauvegarde de la nature. Certains vont sourire  : Lizarazu en saint Basque ?

Pas vraiment, on sent que derrière l’homme calme et terrien se cache quelqu’un qui ne méprise pas l’humour : il voulait appeler son livre 69, son éditeur a refusé.


Brigit Bontour