Chien des os

Bernard Du Boucheron

Gallimard 175p

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par Brigit Bontour

 

Au XVIème siècle, l’Espagne et le Portugal se disputent un archipel, situé en plein Atlantique, et sur lequel les Anglais ont également des visées guerrières.

Sur l’île principale deux populations s’affrontent : les bergers misérables du plateau d’En haut et les habitants du port très riches. Tous sont malgré leur haine ancestrale forcés de cohabiter plus mal que bien car l’eau descend du plateau, permettant à ceux d’en bas de construire palais et jardins merveilleux.

La situation est confuse, les puissants d’une cruauté sans nom à l’image du corregidor ou de l’inquisiteur qui ne savent plus quel supplice inventer pour faire régner leur loi impitoyable.

L’église catholique est plus puissante que jamais et livre une chasse impitoyable aux juifs et aux mores soupçonnés de tous les maux.

Comme dans les deux précédents romans Court Serpent et Coup de fouet de Bernard Du Boucheron, l’âme humaine est noire, l’espoir n’existe pas, l’homme ne se montre capable que des pires intrigues. Les détails des supplices sont relatés avec précision et presque une forme de joliesse. Puisque rien, même pas l’amour n’est possible, ne reste que les atrocités et le mal que les hommes sont capables de s’infliger à eux-mêmes.

L’auteur décrit une fois de plus un monde sombre et frelaté, avec une sorte de jubilation qui est sa marque de fabrique dans une langue élégante, claire, magnifique.

Du Boucheron qui a publié son premier roman à 76 ans, immédiatement couronné par le Grand Prix de l’Académie Française se montre plus que jamais un auteur flamboyant, puissant mais à part avec son obsession de la noirceur humaine.

 

Brigit Bontour