Indécision

Benjamin Kunkel

Belfond 356p

 

 

 

 

par Brigit Bontour

 

Dwight, 28 ans souffre d'aboulie. Cette maladie non contagieuse bien que fort répandue chez les jeunes américain  selon l'auteur paralyse le sujet et l'empêche de prendre la moindre décision. Pour la vie sociale, c'est évidemment très handicapant : le « malade »  se traîne de petits boulots en jobs minables où il bénéficie d'une « végétale tranquillité" en vagues aventures pas très excitantes.  Jusqu'au jour où une bonne âme lui propose une pilule miracle l'Abulinix .

A partir de là tout change : sa vie terne se métamorphose, il part en Equateur où en compagnie d'une anthropologue belge, et va avoir enfin l'impression de prendre son destin en main.

Le personnage créé par Benjamin Kunkel ressemble par bien des côtés aux adulescents qui plus qu'abouliques ont peur d'affronter un avenir qui ne leur promet que le pire : chômage, maladie, instabilité affective, ennui. Le roman est carré, les trouvailles parfois très drôles : comme cette "tofurkey", un rôti de tofu en forme de dinde servi lors de Thankgigving ; la mère de Dwight qui se penche sur l'épineuse question du "végétarisme épiscopalien" ou encore le narrateur lui-même dont "la vie entière avait pris le visage d'une série d'erreurs ininterrompue". Sans aller jusqu'à ces extrémités, le héros, bien qu'usant au quotidien est charmant, intéressant, plein de ressources qui ne demandent qu'à être exploitées.

Roman d'apprentissage, Indécision décrit avec pas mal d'autodérision la triste vie des jeunes bobos New Yorkais un peu trop gâtés et peu enclins à prendre leur vie en main. Paru aux Etats-Unis en 2005, ce premier roman a été salué comme "le plus drôle et le plus intelligent des romans sur la crise post adolescente" par Jay Mc Inerney, expert en la matière de questionnements métaphysiques et de recours aux drogues diverses et variées.

 

 

 

Brigit Bontour