Truman Capote

La traversée de l’été

Editions Grasset 203p

 

 

 

par Brigit Bontour

Agée de 17 ans, Grady Mc Neill est une jeune fille riche qui s’ennuie prodigieusement entre un père magnat des affaires, une mère assez superficielle et une sœur qui a réussi le rêve de toute jeune fille bien née dans les années d’après guerre : un beau mariage, des enfants parfaits.

Mais Grady ne l’entend pas de cette oreille : elle n’a nulle envie de choisir sa robe pour le bal des débutantes, nulle envie d’accompagner ses parents en Europe. Elle est amoureuse d’un beau garçon gardien du parking dans lequel elle laisse parfois sa Buick. Bien sur Clyde, son amoureux n’est pas de son milieu, ses amis lui déplaisent et son comportement est bien souvent énigmatique, mais en sa compagnie le temps d’un été brûlant à New York, elle va tirer un trait définit sur son enfance et sa vie tout court.

La Traversée de l’été est le tout premier roman de Truman Capote. Ecrit alors qu’il avait 19 ans, il avait jeté le manuscrit qui fut récupéré, vendu chez Sotheby’s en 2004 et publié cet automne chez Grasset.

Il serait vain de comparer ce court et brillant roman aux œuvres plus abouties de l’auteur comme De sang froid. Pourtant Summer crossing, son titre original est un petit bijou d’élégance du début à la fin, tragique et annoncée. Le ton est Fitzgeraldien avec ses jeunes filles délurées, que le passage du temps guette impitoyablement et qui n’ont pas le temps d’apprendre que le bonheur est fugitif. Si Les phrases sont légères : «  Grady n’aspirait plus qu’à se plier au désir du maître comme une fleur tombée sous la patte du léopard » ; l’atmosphère est lourde : « Enfin arrive un moment où l’on se demande : qu’ai je fait « Et dans ce New york chauffé à blanc, de caves de jazz en ébats torrides, une jeune fille découvre, mais trop tard que la liberté est à un prix exorbitant et que « les miroirs sont traîtres et finissent toujours par révéler l’envers du décor ».

 

 

Brigit Bontour