Eric Holder

Les sentiers délicats.

Le Dilettante

par Brigit Bontour

Les sentiers d’Eric Holder pèsent le poids d’une plume, celui de la rêverie, de la nostalgie.

L’adolescence n’est plus depuis longtemps. Restent les souvenirs, les lectures qui façonneront une vie entière : Kerouac, Miller, Durell ; et puis il y a comme toujours chez l’auteur, cette envie de partir, de prendre la route. Plutôt pour observer, que pour aller très loin.

Dans la Provence de sa jeunesse, la Seine et Marne de l’age adulte avec les silos à blé comme des cathédrales dans un bel hommage à son ami Jean Rolin. A Charleville-Mézières la ville de Rimbaud, juste le temps d’une histoire banale, vaine comme la vie qui court. Et qui se termine par des insultes. Bien sur.

En Italie avec une femme qui « vous écoutait, autant qu’elle prenait soin de vous » et s’appelait Anne de.

Il y a des menus plaisirs chez Eric Holder, mais graves et définitifs. Sans doute parce que sa langue est belle : on n’y sent pas le travail qui mène à cette épure. D’ailleurs on s’en moque : ne reste que le plaisir de lire un livre dense et bref, comme la jeunesse. Trop court.

 

 

Brigit Bontour